Un emploi sur huit menacé chez Lunch Garden

Les nuages s'accumulent au-dessus de Lunch Garden, qui cherche à économiser 7 millions d'euros. ©BELGA

Durement touchée par la crise du Covid-19, la chaîne de restauration Lunch Garden cherche à réduire ses coûts. La suppression de 138 postes est sur la table.

La nouvelle était dans l'air: la chaîne de restauration Lunch Garden, qui avait déjà alourdi son endettement avant le confinement, a subi depuis lors, comme tout le secteur, l'impact de la crise du Covid-19. Elément déclencheur (ou prétexte, disent les syndicats) d'une restructuration visant à économiser 7 millions d'euros.

7
millions d'euros
La direction de Lunch garden mise sur une économie de 7 millions d'euros par le biais de ce plan de transformation.

Le "plan de transformation global" présenté mardi par la direction prévoit une série de mesures parmi lesquelles la suppression de 138 emplois maximum, sur un total de 1.067 travailleurs (409 ouvriers et 658 employés) dans les 63 restaurants et les services centraux. Les 17 franchisés ne sont en principe pas concernés.

A priori, 74 suppressions de postes pourraient se traduire par des départs à la prépension. Reste à trouver une solution la moins douloureuse possible pour les 64 autres emplois appelés à disparaître.

Efforts

La direction de la chaîne affirme avoir consenti des efforts considérables pour surmonter la crise sanitaire après le confinement et la réouverture progressive de ses restaurants. Une analyse jugée un peu courte par le banc syndical.

"Sur le plan structurel et sans tenir compte de la crise sanitaire, Lunch Garden fonctionne bien. Et la direction affirme que le chômage temporaire ne sera pas prolongé par le gouvernement. Mais je le vois mal couper les aides alors que les entreprises sont toujours en difficulté", souligne Stéphane Piron, permanent SETCa (FGTB).

Lunch Garden sort pourtant d'un exercice 2019 positif, avec un chiffre d’affaires et un bénéfice en croissance. Mais l'enseigne, détenue par le fonds Freshstream et le management, a entamé la crise du coronavirus avec un taux d’endettement accru. En cause: un refinancement de 77 millions d'euros intervenu en novembre 2019, après l’échec de la vente de la chaîne. L’entreprise a également contracté un nouveau crédit d’un montant supérieur à la dette existante, et versé une partie de la somme (37 millions) à ses actionnaires.

Entre-temps, des projets tels que le concept de Bistro Garden, des cafés logés dans des musées, ont été gelés. La situation sanitaire ne devant pas revenir à la normale avant 2022, la direction a décidé de restructurer.

Chute de revenus

Cette annonce pourrait n'être que la prémice d'autres nouvelles douloureuses dans un secteur secoué par la crise sanitaire. "Le secteur de la restauration perd globalement 30 à 40% de chiffre d'affaires par rapport à 2019. Et l'horeca est un des secteurs qui recourent le plus au chômage temporaire", souligne Dominique Michel, administrateur délégué de Comeos, la fédération du commerce et de l'horeca.

"Le secteur de la restauration perd globalement 30 à 40% de chiffre d'affaires par rapport à 2019."
Dominique Michel
Administrateur délégué de Comeos

Un acteur comme l'italien Autogrill (4.000 points de vente, dont une centaine de restaurants de gares, aéroports, autoroutes ou stations de métro en Belgique) a déjà pris une série de mesures (suppressions de dépenses, renégociation des loyers et de remboursements d'emprunts...) pour limiter l'impact financier de la crise sanitaire.

Contrairement au secteur de la mode, où l'on répertorie quelques "canards boiteux", les chaînes de restauration sortent pourtant de quelques très bonnes années. Selon le CEO de Comeos, ce sont les restaurants implantés dans les centres-villes et les gares qui souffrent le plus. "Les restaurants installés en périphérie s'en sortent un peu mieux en limitant leurs pertes de revenus à 20%", dit-il.

Selon lui, la situation justifie pleinement que le gouvernement maintienne les mesures de soutien mises en place, à savoir la TVA à 6% et le chômage temporaire. "L'idéal, c'est que les chaînes puissent avoir une visibilité à moyen terme. Pour cela, le gouvernement devrait prolonger rapidement ces mesures", ajoute Dominique Michel.

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