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Unibra a vécu une année contrastée

La société à portefeuille cotée à Bruxelles est satisfaite des performances de ses divisions immobilières et financières, mais déplore des retards dans l’accomplissement de ses projets brassicoles en Afrique. Son assemblée générale, mercredi, a en outre été troublée par la frustration exprimée par l’un des sept actionnaires présents.

Bruxelles (L'Echo) - L’année 2009 a été une année de consolidation pour la société à portefeuille Unibra, active dans l’immobilier, le secteur financier, et la production et la commercialisation de la bière Skol en Afrique. C’est ce qu’affirmait mercredi le baron Baudouin Michiels, président d’Unibra, lors de l’assemblée générale des actionnaires, qui a réuni 7 actionnaires, soit 40.083 parts sociales sur 801.900 actions.

Le bilan consolidé a fait apparaître un résultat net de 91.489 euros, contre 21,5 millions d’euros en 2008. "Le résultat de 2008 reflétait des profits résultant de plusieurs cessions d’actifs. Hors cessions, le résultat affichait une perte de plus de 9 millions", explique Baudouin Michiels.

Les performances ont été contrastées entre les trois pôles d’activités.

Le secteur immobilier a enregistré des performances satisfaisantes dans un environnement difficile, avec un taux d’occupation de 97,5% au 31 décembre.

Deux acquisitions ont été concrétisées: 100% de Terre à Terre et plus récemment 40% de la société immobilière Uni-Invest, bâtiment mixte à Anderlecht nécessitant quelques rénovations avant sa mise en location.

" Notre promotion immobilière à Tubize se poursuit également favorablement et s’achèvera en fin d’année. Elle concerne la construction de 27 appartements. Nous restons par ailleurs attentifs à toute opportunité offerte actuellement sur le marché ", ajoute Baudouin Michiels.

Côté bière, en revanche, c’est la déception: la Nouvelle Brasserie de Madagascar, pourtant opérationnelle depuis septembre 2009, n’a pas pu entamer ses activités faute de permis d’exploitation. "De multiples démarches sont toujours en cours mais l’environnement politique actuel, d’une extraordinaire complexité, ne nous favorise pas", regrette Baudouin Michiels.

Autre facteur négatif : les accords de partenariat signés en mars 2008 avec le groupe Castel n’ont pas encore tenu leurs promesses, plusieurs programmes ayant été annulés ou postposés.

En revanche, Unibra a acquis en décembre 51% de Zubisko Trading Limited, actionnaire unique de la Brasserie des Mille Collines au Rwanda. Elle a entamé le 26 février 2010 la production et la commercialisation de la bière Skol au Rwanda, un marché de 8 millions de consommateurs, en espérant l’étendre également aux pays voisins.

A Madagascar comme au Rwanda, Unibra n’a qu’un concurrent monopolistique, respectivement le groupe Star et le groupe Heineken, avec la Primus.

"Le marché malgache est d’un million d’hectolitres, explique Patrice Dierick, chief operating officer d’Unibra. Notre usine a une capacité modulaire de 250.000 hectolitres. Nous cherchons donc à obtenir une part de marché de 15 à 20%. Au Rwanda, nous avons lancé la Skol il y a deux mois. Il existe deux grands segments : le luxe, que nous occupons avec la Skol ; et le cœur de marché, occupé par Heineken avec la Primus, et sur lequel nous allons lancer une bière prochainement. A Kigali, capitale du Rwanda, nous avons déjà 15% de part de marché. Or Kigali représente 40% du marché rwandais."

Unibra vend également la Skol au Congo, via un partenariat avec Castel. A Kinshasa, 450.000 hectolitres ont été vendus. "Et à Lubumbashi, où nous avons lancé la Skol mi-2009, nous tablons déjà sur 100.000 hectolitres pour l’année 2010, vu l’activité des 4 premiers mois", poursuit Patrice Dierick.

En Guinée, enfin, la Skol détient 50% d’un petit marché de 180.000 à 200.000 hectolitres.

Troisième pan d’activité d’Unibra, le secteur financier contribue quant à lui à hauteur de 4 millions d’euros à l’exercice de 2009, alors que sa contribution était négative en 2008 à concurrence de 4,8 millions d’euros.

Aucune cession significative d’actifs n’est intervenue en 2009, assure Baudouin Michiels.

La valeur estimée de l’action Unibra s’élevait au 31 décembre à 184,64 euros, contre 181,98 un an plus tôt. Pour 2010, le président de la société espère la concrétisation des objectifs, notamment "la résolution du problème malgache et un très beau développement au Rwanda. L’évolution de notre secteur financier dépendra de l’évolution des marchés financiers. Et nous ne nous risquons pas à des prévisions, tant la volatilité est importante."

"Dans la situation actuelle, nous privilégions la sécurité au rendement, précise Jean-Louis Henkens, administrateur-délégué d’Unibra. Nous ne sommes pas exposés aux risques en monnaie, pays ou produits. Nous avons une gestion très conservatrice de la trésorerie de la société."

Mercredi, un incident a émaillé l’assemblée générale d’Unibra.

Première manifestation : un actionnaire, détenteur de 22 actions, demande que l’on scinde la proposition d’approuver les comptes annuels de celle de la distribution du dividende, repris dans un même point à l’ordre du jour. Demande acceptée par le baron Michiels.

Ainsi, l’affectation du résultat et la distribution d’un dividende net inchangé de 1,20 euro par action - tout comme, plus tard, les émoluments aux administrateurs, la décharge au Commissaire et la nomination en tant qu’administrateur de Bérangère Relecom, fille du fondateur Michel Relecom - sont approuvés à l’unanimité.

En revanche, les comptes annuels sont approuvés à 40.061 voix contre 22.

L’actionnaire s’explique : il se dit frustré de ne pas avoir été averti de la cession en 2009 de VAB, biscuiterie congolaise, filiale à 59 % de SIDLux (filiale luxembourgeoise d’Unibra), et dont il se trouve être coactionnaire à 20 %. Il se dit attristé de cet oubli de Jean-Louis Henkens, administrateur-délégué d’Unibra, qui s’explique :

" Cette filiale, qui n’était pas consolidée dans le groupe, est en difficulté économique depuis plus de vingt ans, avec des fonds propres négatifs et un résultat négatif. Elle n’a jamais retrouvé sa rentabilité après les pillages de 1991 à 1993, lors desquels une partie de l’usine a été démolie et incendiée. L’usine est aux mains de personnes qui ne respectent pas les règles de déontologie que l’on s’impose. Nous avons eu l’opportunité de céder nos parts à une valeur de convenance, qui est loin de compenser les pertes de l’entreprise. Cela a été décidé par le conseil d’administration de SIDLux. Il est vrai que nous nous sommes préoccupés avant tout de régler notre situation."

L’actionnaire malheureux, qui était administrateur de VAB et en est le second actionnaire depuis 1971, aurait souhaité être appelé à l’opération. Les administrateurs d’Unibra lui ont assuré de leur ouverture et de leur concours, notamment pour le mettre en contact avec l’acheteur.

Poursuivant malgré tout dans la même logique, l’actionnaire rétif demande ensuite que l’approbation de la décharge aux administrateurs pour leur gestion en 2009 soit faite nominativement. Baudouin Michiels et Thibault Relecom, président du comité de direction, s’insurgent d’abord au motif que "le conseil d’administration est un organe solidaire" : l’actionnaire se doit de donner décharge à tous - "ce qui a toujours eu lieu ces 50 dernières années" - ou à aucun. Finalement, Baudouin Michiels note tout de même que l’actionnaire s’abstient pour la décharge à Jean-Louis Henskens, à concurrence de sa part.

La réélection des administrateurs – Maïté Relecom, Jean-Louis Henkens, la société MDIN Consultant représentée par Jean-Louis Homé, la société Raoul-Duval, représentée par Patrice Dierick – se déroule également de manière nominative, à la demande du même, qui s’est abstenu sans surprise pour Jean-Louis Henkens, reconduit dans son mandat à 40.061 voix contre 22.

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