Unilever va scinder ses activités dans le thé

Unilever, bientôt 100% britannique, abandonnera son QG de Rotterdam pour occuper un siège unique au coeur de Londres. ©REUTERS

Unilever va se séparer de la majeure partie de ses activités dans le thé, dont la marque Lipton. Une révision stratégique alors que le groupe reste très rentable.

Après plusieurs mois de réflexion, Unilever a fait son choix: le géant anglo-néerlandais de l'agroalimentaire et des cosmétiques a décidé de se séparer de la majeure partie de ses activités dans le thé, en ce compris la marque emblématique Lipton.

Il conservera toutefois ses actifs dans le thé en Inde et en Indonésie, ainsi que sa participation dans le partenariat avec PepsiCo pour la production des thés glacés Lipton.

Les actifs appelés à quitter le giron d'Unilever pèsent 2 milliards d'euros, soit environ les deux tiers des revenus de la division thé. Le processus de scission, qui doit démarrer incessamment, doit être achevé d'ici la fin 2021.

2 milliards
d'euros
Les actifs appelés à quitter le giron d'Unilever pèsent 2 milliards d'euros, soit environ les deux tiers des revenus de la division thé.

"L'équilibre entre les marques de thé et les zones géographiques d'Unilever et toutes les plantations de thé ont un avenir passionnant, et ce potentiel peut être réalisé au mieux en tant qu'entité distincte", affirme le groupe dans un communiqué.

Moins de thé noir dans les tasses

C'est en janvier dernier que le groupe avait amorcé une révision stratégique de ses activités dans le thé, dans un contexte de marché caractérisé par une baisse de la consommation de thé noir en Europe et aux États-Unis.

Une série d'options ont été étudiées, en ce compris une vente pure et simple. Plusieurs candidats racheteurs - essentiellement des fonds d'investissement comme KKR, Cinven et Bain Capital, mais aussi le Suisse Jacob Holdings, propriétaire des chocolats Barry Callebaut - auraient exprimé des marques d'intérêt.

Recul marginal des ventes

Cette annonce intervient alors qu'Unilever boucle un deuxième trimestre meilleur qu'attendu. Le chiffre d'affaires, boosté par la croissance en Amérique du Nord (+9,5%), s'élève à 13,3 milliards d'euros. À taux de change constant, le recul par rapport à l'an dernier est marginal: il se limite à 0,3%, une nouvelle qui a agréablement surpris les marchés: les analystes tablaient sur un recul de 3,9%.

La fermeture de l'horeca causée par la crise du Covid-19 a impacté très négativement les activités de foodservice (près de 40% de baisse) et les ventes de glaces (-30%). La consommation à domicile n'a que partiellement compensé cette évolution. Résultat: les ventes de produits alimentaires et de boissons rafraîchissantes ont baissé de 1,8%. Par contre, les produits de nettoyage ont bénéficié du confinement, les ventes progressant de 4%.

Mais le groupe Unilever reste très rentable. Son bénéfice opérationnel a atteint 5,1 milliards d'euros au 2e trimestre (+3,8% hors fluctuations de changes), alors que les analystes tablaient sur un résultat de 4,7 milliards.

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