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Upignac investit 22 millions d'euros avec un coup de pouce de la SRIW

Le fondateur et CEO Michel Petit se réjouit de l'évolution de la filiale Jus de fruit d'Upigny, qui a fait +30% en année covid. ©Anthony Dehez

Upignac, le champion wallon du foie gras, a gardé tout son punch malgré la crise. Il réinvestit dans ses activités, avec un prêt de la SRIW pour 14% du total.

Le groupe Upignac a bien résisté à la crise covid l'an dernier. Preuve en est qu'il continue à investir dans ses différentes entreprises. Le plan d'investissement, qu'il a mis en œuvre l'an dernier et qui va s'étendre sur quelque trois ans, porte sur pas moins de 22 millions d'euros. Dont 3,1 millions apportés par la Société régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW) sous forme de prêt subordonné.

Vingt-deux millions: le montant impressionne alors, que le producteur de foie gras wallon ne pesait encore que 11 millions de chiffre d'affaires et 40 emplois en 2015. Il faut reconnaître que, depuis lors, l'entreprise établie à Upigny a grandi à grande vitesse: à fin mars dernier (Upignac boucle ses comptes au 31 mars), le groupe qu'elle forme désormais avec ses quatre entités affichait un chiffre d'affaires consolidé de 48 millions d'euros, avec 180 équivalents temps plein à bord. "Et toutes nos activités ont terminé l'exercice dans le bleu", souligne le fondateur et CEO Michel Petit.

Travail normal malgré la crise

Durant le gros de la crise, Upignac Group a certes recouru au chômage temporaire pour une petite partie de son personnel, "une aide bienvenue et sans doute la plus utile des aides covid", souligne son patron. Mais pour l'essentiel et en dehors de l'activité de restauration, ses troupes ont pu continuer à travailler normalement.

"La plus grosse part du plan d'investissement, soit 16 millions d'euros, ira à Ardenne Volaille."
Michel Petit
Fondateur et CEO, Upignac

Le groupe exploite quatre activités: la production et la commercialisation de foie gras, celle des jus de fruit naturel sous le nom de Jus d'Upigny, la production et la commercialisation de poulets élevés en plein air sous l'enseigne Ardenne Volaille, la vente directe à la ferme de produits alimentaires locaux (belges) sous l'égide de la Table d'Upignac. Deux de ces activités ont même réussi à enregistrer de belles croissances en revenus en 2020-21: +30% pour les jus de fruits et +10 à 12% pour les poulets.

Nouvel abattoir en vue

"Notre plan d'investissement concerne nos quatre activités, explique Michel Petit. La plus grosse part, soit 16 millions d'euros, ira à Ardenne Volaille. L'abattoir que nous exploitons à Bertrix devient trop exigu, nous allons donc en construire un nouveau, qui sera érigé à Libramont. La demande de permis de bâtir a été déposée. Alors qu'aujourd'hui, nous tournons à quelque 50.000 poulets par semaine, la capacité du futur abattoir sera de 150.000 poulets. C'est trois fois plus, mais cela reste modeste en regard du plus grand abattoir wallon et de nombre d'abattoirs flamands qui font entre 1 et 2 millions de poulets par semaine."

3,1 millions
d'euros
La SRIW apportera 3,1 millions, soit la moitié du prêt subordonné de 6,2 millions.

Le deuxième investissement par ordre décroissant permettra à l'activité de jus de fruits d'Upigny de se déployer plus largement. Il en ira d'environ 3 millions.

Le foie gras, qui constitue le métier d'origine du groupe, a déjà bénéficié l'an dernier d'une injection de 2 millions d'euros, qui a permis la modernisation des lignes et la robotisation des préparations de commandes. Cet investissement-là est déjà réalisé.

Le dernier million ira à la Table d'Upignac, qui a transformé l'ancien marché de Noël qu'elle organisait chaque fin d'année à la ferme en une activité commerçante permanente.

Prêt subordonné

Le financement du plan contient plusieurs composantes, dont 6,2 millions d'euros sous la forme d'un prêt subordonné. La SRIW apporte la moitié de cette somme, soit 3,1 millions, tandis que les actionnaires familiaux d'Upignac fournissent l'autre moitié. Si la SRIW est actionnaire minoritaire (à hauteur de 13%) du groupe depuis 2015 et son rachat par la famille Petit au trio composé à l'époque du comte Paul Cornet de Ways-Ruart, d'Alexandre et d'Arnoud de Pret Roose Calesberg (trois actionnaires d'AB InBev), le prêt consenti par le holding public wallon s'inscrit dans un autre contexte.

Comme le fabricant wallon d'ingrédients naturels issus de pois et de chicorée Cosucra la semaine dernière, Upignac bénéficie, en effet, du nouveau dispositif de crédit mis en place par la SRIW avec le concours de la Banque européenne d'investissement (BEI).

"Nous tablons sur une croissance de 10 à 15% par an."
Michel Petit
Fondateur et CEO, Upignac

Cette ligne de 100 millions, qui pourra être portée ultérieurement à 200 millions, permet au holding wallon d'octroyer des prêts à des conditions favorables à des PME manifestant un besoin de croissance et ce, dans un contexte de sortie de crise covid. Concrètement, cela signifie que, pour autant qu'elle remplisse une série de critères, Upignac verra son taux d'intérêt sur ce prêt réduit de 0,25% (25 points de base).

Michel Petit, qui détient aujourd'hui avec son épouse et ses enfants 87% du groupe qu'il a fondé en 1985 et qu'il avait revendu un peu vite en 2012, reste serein face aux montants investis. "Nous tablons sur une croissance de 10 à 15% par an", conclut l'entrepreneur qui a gardé de sa première carrière agricole un solide bon sens paysan.

Le résumé

  • Upignac Group a bien résisté à la crise l'an dernier, ses quatre activités ayant terminé l'exercice en bénéfice.
  • Le groupe spécialisé à l'origine dans le foie gras a lancé un plan d'investissement de 22 millions d'euros, qui concerne toutes ses filiales.
  • Une partie du financement provient d'un prêt subordonné de 6,2 millions, dont la moitié apportée par la SRIW.
  • Le soutien du holding public wallon s'inscrit dans le cadre du nouveau dispositif de crédit aux PME qu'elle a lancé avec le concours de la BEI.

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