Viande de Liège en réorganisation judiciaire

L'entreprise de découpe de viande liégeoise s'est allégée d'une partie de ses activités fin 2019. ©BELGA

Viande de Liège (ex-Derwa) passe par la case PRJ. Les ambitions initiales de ses nouveaux actionnaires sont revues à la baisse.

Bien connue dans la Cité ardente, la société de découpe de viande de bœuf et de porc Viande de Liège (anciennement firme Derwa) a demandé et obtenu, le 9 juillet dernier, le bénéfice de la réorganisation judiciaire (PRJ) auprès du tribunal de l’entreprise de Liège. Le sursis courra jusque début janvier 2021.

70 millions
d'euros
Alors que les nouveaux actionnaires de Viande de Liège misaient sur 80 millions d'euros de chiffre d'affaires dès 2018, la société n'aura pas fait mieux que 70 millions d'euros cette année-là.

C’est une petite surprise car il y a deux ans, quand l’entreprise avait été rachetée par un consortium de cinq investisseurs, elle avait fait l’objet d’investissements ambitieux. Réunis sous l’enseigne de "Belgian Meat Partners", les nouveaux actionnaires avaient injecté 4 millions d’euros dans Viande de Liège pour moderniser son outil et renforcer ses équipes.

Les cinq membres du consortium sont l’abattoir Euro Meat Group, le négociant de carcasses de porc Groep De Brauwer, le grossiste en viande Piron-Gotta, le groupe alimentaire Q-Group et le grossiste en bovins Sobemax.

Activité porc revendue

Depuis son rachat, Viande de Liège n’a pas réussi à réaliser la croissance espérée. Alors que ses nouveaux actionnaires tablaient sur un chiffre d’affaires de 80 millions d'euros en 2018, en hausse de 6 % par rapport à 2017, la société n’a finalement enregistré que 70 millions d'euros de revenus cette année-là, en recul de 5 millions. Elle a bouclé cet exercice en perte nette de 2,2 millions.

Puis, l’an dernier, elle s’est résolue à revendre son activité de découpe de viande de porc, faute de dégager une rentabilité suffisante, nous dit-on. L'acquéreur est la société liégeoise Franthymon. Il semble que Viande de Liège ait également revendu son siège de l’avenue de Jupille, à Wandre. Ses comptes annuels 2019 n’ont pas encore été publiés, mais l’entreprise a réduit son capital de 2 millions d'euros l'année dernière afin d’apurer ses pertes.

"La société était déjà en difficulté au moment de sa reprise, explique Pascal François, porte-parole pour le consortium. Les nouveaux actionnaires avaient placé la barre assez haut. Le pari était de la redresser, mais cela s'est avéré plus compliqué que prévu car l'outil était en mauvais état." Et l'investissement de 4 millions n'a pas suffi, ajoute-t-il.

Au moment de sa reprise, en juin 2018, Viande de Liège employait 120 personnes et possédait une flotte de 15 camions. Elle venait de dégager un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros l'année comptable précédente. Aujourd’hui, sur son site internet, elle ne mentionne plus que 70 travailleurs.

Les deux nouveaux dirigeants "ont une vision, des perspectives, un plan d'investissement et une très bonne connaissance du terrain local et sub-local".
Pascal François
porte-parole, Belgian Meat Partners

Un nouveau CEO

Voici quelques semaines, les cinq actionnaires ont nommé un nouveau CEO à la tête de l'entreprise. Il s'agit de Bernard Gotta, de la société Piron-Gotta. Avec Louis Mailleux (Sobemax), l'autre "régional" du consortium d'actionnaires, il doit piloter la relance.

"Ils y vont avec un niveau de conviction certaine, souligne Pascal François. La dimension du projet doit être revue, ils le savent. Ils ont une vision, des perspectives, un plan d'investissement et une très bonne connaissance du terrain local et sub-local." Autant de raisons, selon, lui de tabler sur une amélioration du business dans les mois à venir.

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