reportage

Vineaste, pour démystifier le monde opaque du vin

Ludovic Chevalier (à gauche) et Maxime Grell ont décidé d'unir leurs destinées par amour du vin. ©Tim Dirven

Deux jeunes trentenaires ont lancé Vineaste, une plateforme virtuelle censée rendre le vin plus accessible et "plus simple à comprendre".

Les bienfaits du confinement. Sans cette satanée pandémie, Ludovic Chevalier et Maxime Grell, deux jeunes trentenaires passionnés de vin, ne se seraient probablement jamais rencontrés. Ils se connaissaient, mais "de loin", comme on dit. Et il a fallu que chacun soit obligé de rester chez soi pour que les deux compères décident de s'unir autour d'une plateforme de vente de vin en ligne.

"En 2018-2019, j'ai développé Vineaste, une plateforme de vente de vin en ligne", explique Ludovic Chevalier. Après avoir développée et revendu Speaky, une application d'échange linguistique qui compte aujourd'hui 8 millions d'utilisateurs, Ludovic Chevalier a suivi la formation Wine & Spirit Education Trust (WSET) avec, en tête, déjà cette volonté de simplifier l'univers du vin, de le rendre plus accessible. De son propre aveu, sa plateforme vivotait et le projet de sommelier digital qu'il prévoyait de développer dormait encore dans les cartons.

En mars 2020, au début du premier confinement, l'univers de Maxime Grell a basculé. À la tête de deux bistros-bars (Djo et Voisin), le Coronavirus aurait pu avoir raison de son énergie. Pourtant, à ce moment-là, en deux jours, en s'appuyant sur le stock de l'importateur de vin avec qui il travaille pour ses établissements, il compose une liste de vins à commander, qu'il envoie à tout son carnet d'adresses. "Cette crise m'a offert ce dont je manquais le plus: du temps. Ma première idée était de créer un nouveau business", nous a expliqué Maxime Grell.

"Cette crise m'a offert ce dont je manquais le plus: du temps. Ma première idée était de créer un nouveau business."
Maxime Grell
Co-fondateur de Vineaste

Sa liste circule, elle suit son bonhomme de chemin et lorsqu'un magazine fait un article sur lui, le petit business explose littéralement. "Les gens étaient cloîtrés chez eux, je répondais à tous les mails et je livrais partout", précise-t-il encore. La liste en question n'a pas échappé à Ludovic Chevalier. On l'a dit, les deux compères se connaissent de loin, la prise de contact n'est pas compliquée. Et quand Ludovic Chevalier présente et explique Vineaste à Maxime Grell, les deux hommes ne tardent pas à comprendre qu'ils se sont trouvés.

©Tim Dirven

"Vineaste, c'est l'aspect technologique qui manquait à mon projet", ajoute Maxime Grell. Durant le premier confinement, les deux compères prennent donc le taureau par les cornes et développent une première plateforme. "On se met à développer en mode start-up, on a un projet ambitieux, on veut de la croissance", précisent les deux associés.

Repartir de zéro

Lorsque les restaurants ouvrent à nouveau leurs portes après le premier confinement, Maxime Grell est aspiré par le fonctionnement de ses deux établissements, Ludovic Chevalier par son propre boulot, et le projet Vineaste connaît son premier coup de frein. Cette période est également mise à profit pour faire le point et les deux associés se rendent compte qu'ils sont à côté de la plaque. "Notre objectif est d'amener les gens à la découverte du vin démystifié. Dans cet univers qui reste opaque, nous voulons donner aux gens les outils nécessaires, nous voulons qu'ils se laissent guider par leur goût", explique Ludovic Chevalier. Les deux associés repartent alors de zéro et créent une nouvelle plateforme.

C'est également à ce moment que Maxime Grell et Ludovic Chevalier comprennent que l'expérience digitale ne suffira pas. Bien entendu, la plateforme est un excellent outil de commande qui permet également au client de consulter son historique d'achat, mais pour pousser les consommateurs à découvrir de nouveaux vins, il va falloir trouver autre chose, il va falloir amener les produits vers les consommateurs dans des points de vente ou de consommation physiques. Depuis ce moment, Vineaste entend développer ses activités autour de trois axes: la plateforme virtuelle (historique, commandes...), des partenaires horeca et le secteur de l'événementiel.

Concernant le secteur horeca, l'idée est de proposer à des restaurants partenaires de développer leur propre carte de vins et de former le personnel en fonction des produits proposés. Dans cette optique, les deux établissements de Maxime Grell serviront en quelque sorte de "base d'essai".

"On veut que le client sente qu'il entre dans une communuaté avec un conseil personnalisé".
Ludovic Chevalier
Co-fondateur de Vineaste

Les deux associés comptent également profiter du redémarrage de l'événementiel (quand ce sera autorisé) pour être présents et aussi visibles que possible. "Nous voulons proposer à nos clients une expérience à 360 degrés, avec des restaurants partenaires, l'événementiel et des commandes en ligne", précise Maxime Grell. "On veut que le client sente qu'il entre dans une communauté avec un conseil personnalisé", ajoute pour sa part Ludovic Chevalier.

Nouveau stock

Dans le courant du mois de décembre 2020, les deux associés, qui sont à la recherche d'un lieu d'entreposage, entendent qu'une société de vente de vin au secteur horeca est à remettre. Les discussions ne durent pas longtemps. "Le stock correspondait à nos valeurs, notre prédécesseur travaillait avec des vignerons à taille humaine, des vins bios ou naturels n'ayant pas de représentation dans les supermarchés", expliquent les deux hommes qui, soutenus par leur banque, n'hésitent pas longtemps et rachètent la société.

Aujourd'hui, malgré les effets de la pandémie, la société semble mise sur de bons rails. Et le projet de sommelier virtuel est abouti. En quelques coups de clics, le consommateur répondra à une série de questions simples afin de cerner au mieux son goût. Ce profil permettra à Vineaste de proposer au consommateur une box découverte avec, en arrière-plan, toujours cette idée de rendre le vin accessible à tous. Quelque 300 membres actifs font déjà confiance aux deux jeunes entrepreneurs.

Enfin, d'ici au début du mois de mai, ils seront rejoints par l'ex-sommelier de La cave du lac, un bar à vin situé à Rixensart. Celui-ci, âgé de 25 ans, prendra en charge les volets opérationnel et commercial de Vineaste.

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