AB InBev a sauvé son trimestre grâce à un super mois de juin

Le brasseur de Leuven a perdu moins de volume que prévu sur les trois derniers mois. ©Bloomberg

Le brasseur belgo-brésilien a souffert en avril, puis redressé la barre en juin. Sur le semestre, ses volumes ne reculent que de 13,4%. La bourse apprécie.

Le premier brasseur mondial a vu son chiffre d'affaires se contracter de 17,7% au deuxième trimestre et de 12% sur le semestre en raison de l'impact de la pandémie sur son business. Ses volumes ont diminué de 17,1% sur les trois mois et de 13,4% sur le semestre. La réduction est moins prononcée qu'attendu, ce que la bourse a salué en poussant le cours ce jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) d'AB InBev s'est établi à 3,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, en recul de 34,1%, et à 7,3 milliards sur les six mois, en baisse de 24,7%. Le groupe belgo-brésilien a pris une charge de 2,5 milliards de dollars au titre de dépréciation pour ses activités en Afrique du Sud et en Afrique, calculée en fonction du plus défavorable des trois scénarios d'évolution des marchés retenus par ses dirigeants. Additionné à des coûts financiers nets en forte hausse, tout cela s'est traduit par la fonte du bénéfice net. Le bénéfice normalisé attribuable aux porteurs de capitaux propres s'est élevé à 921 millions de dollars sur le trimestre et à un maigre 76 millions sur le semestre: soit des plongeons de 60 et 98% respectivement.

Trimestre à trois entrées

Le deuxième trimestre s'est découpé en trois périodes très différenciées pour le brasseur, reflétant l'évolution de la pandémie et des mesures prises par les autorités dans les différents pays. En avril, ses volumes ont fondu de 32,4%, en mai ils ont diminué de 21,4%. Mais en juin, ils ont progressé de 0,7%. Avril a été marqué par l'arrêt total du brassage sur des marchés importants comme le Mexique, l'Afrique du Sud et le Pérou et la fermeture de la plupart des établissements horeca un peu partout dans le monde. Mai a vu le retour à une croissance des volumes en Chine, une reprise de l'activité au Brésil et la réouverture de l'horeca dans certains marchés, notamment en Europe. Juin a permis d'enregistrer des progrès importants au Mexique et en Afrique du Sud (avec la réouverture des usines), ainsi que des croissances au Brésil, aux États-Unis et en Chine.

2,5 milliards de dollars
dépréciation
AB InBev a pris une charge de 2,5 milliards sur ses activités africaines en fonction du scénario de reprise le plus pessimiste.

Une reprise qui réjouit le brasseur, qui embraie toutefois en affirmant rester prudent, "puisque nous assistons aujourd'hui à une nouvelle vague de restrictions pour les établissements horeca sur certains marchés". Prudence justifiée aussi par une nouvelle interdiction des ventes d'alcool à la mi-juillet en Afrique du Sud.

Trois scénarios de reprise

Compte tenu de ces incertitudes, AB InBev a élaboré trois scénarios de reprise des ventes, un scénario de référence, un plus favorable et un plus pessimiste. C'est ce dernier qui l'a poussé à comptabiliser une charge de 2,5 milliards de dollars au titre de dépréciation du goodwill sur ses activités africaines. Compensée à hauteur de 1,9 milliard par les gains dégagés sur la vente de ses activités australiennes (Carlton United) au groupe japonais Asahi.

Autre conséquence de l'impact pandémique, les efforts du groupe pour réduire son endettement n'ont pas réellement porté leurs fruits sur la période. Son ratio d'endettement net sur Ebitda normalisé est resté à 4,86 à fin juin dernier, alors que le brasseur conserve pour objectif de le rabaisser à 2. En dollars, au 30 juin, son endettement pesait 87,4 milliards.

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