portrait

Zhong Shanshan, le "loup solitaire" s'enrichit à l'or bleu

Zhong Shanshan, qui possède 84% du géant chinois de l'eau Nongfu Spring, profite de son IPO pour coiffer Pony Ma (Tencent) et devenir la 2e fortune chinoise.

En Chine, on le surnomme "le loup solitaire". C'est aussi un touche-à-tout. Zhong Shanshan a travaillé dans la construction et a été journaliste avant de se lancer dans l'industrie pharmaceutique, puis dans l'eau en bouteille.

CV express

  • Age : 65 ans
  • Quitte l’école à 12 ans, ses parents étant pris dans le cyclone de la Révolution culturelle
  • Début des années 1990 : se lance dans la vente de pilules traitant les dysfonctions érectiles
  • 1996 : création de Nongfu Spring
  • 2001 : acquiert la majorité des parts de la société pharmaceutique Wantai Biological Pharmacy Enterprise
  • Participations : 84% dans Nongfu Spring, 75% dans Wantai Biological Pharmacy Enterprise
  • 22e au classement mondial des plus grosses fortunes de Bloomberg

Ces deux dernières activités lui ont permis de porter sa fortune au pinacle. Il se retrouve aujourd'hui au 22e rang des plus grosses fortunes mondiales, devant l'empereur mexicain des télécoms Carlos Slim, et devient le Chinois le plus riche derrière l'indéboulonnable Jack Ma, propriétaire d'Alibaba, le géant de l'e-commerce. Il coiffe ainsi sur le poteau Pony Ma, le fondateur du groupe internet Tencent.

Zhong Shanshan est en effet le principal bénéficiaire du démarrage foudroyant en bourse du géant des eaux Nongfu Spring, la société qu'il a créée en 1996 et dont il possède 84%.

A peine entrée à la Bourse de Hong Kong, celle-ci s'est envolée de 54% dès le premier jour de cotation. De quoi porter la fortune personnelle de Zhong à plus de 51 milliards de dollars. Selon Bloomberg, sa participation dans Nongfu représente à elle seule 40,3 milliards de dollars.

Discrétion

Cette effervescence ne perturbe guère Zhong Shanshan, connu pour son extrême discrétion. Cet industriel âgé de 65 ans est rarement cité dans la presse. Il ne s'occupe pas de politique et ses activités ont très peu de connexions avec d'autres familles fortunées chinoises.

Cette ascension sociale n'avait rien d'évident. La scolarité de Zhong Shanshan s'est interrompue alors qu'il n'avait que 12 ans. Ses parents étaient la cible des épurations opérées durant la révolution culturelle de la fin des années 60. Le futur milliardaire chinois a donc dû se tourner vers toute une panoplie de petits boulots avant d'aboutir dans l'eau en bouteille.

Au début des années 90, Zhong Shanshan se lance même dans la vente de pilules traitant les dysfonctions érectiles. "Je suis un homme seul. Je ne m'intéresse pas à ce que font et pensent mes confrères", a-t-il un jour dit à la presse locale. L'efficacité de ses traitements, issus de cellules prélevées sur des tortues, étant mise en cause par les autorités régulatoires, il s'est alors tourné vers l'eau en bouteille.

"Je suis un homme seul. Je ne m'intéresse pas à ce que font et pensent mes confrères."
Zhong Shanshan
Fndateur et CEO de Nongfu Spring

C'est en 1997 que sa société Nongfu Spring vend ses premières bouteilles d'eau de source, recueillie dans la province de Zhejiang qui jouxte Shanghai. L'entreprise s'est depuis lors étendue à 10 sources réparties dans le pays. De quoi permettre à Nongfu de s'arroger une position de leader sur le gigantesque marché chinois de l'eau en bouteille, avec une part de 21%. L'an dernier, les ventes ont rapporté 24 milliards de yuans, soit 37% de plus qu'en 2017.

Diversification

Il est vrai que Nongfu ne vend pas que de l'eau. L'entreprise s'est diversifiée en devenant un gros producteur de soft drinks (thé, boissons vitaminées, jus), un créneau qui lui rapporte environ 40% de ses revenus.

S'ajoute à cela l'activité de Zhong Shanshan dans la pharmacie. Avec l'eau, elle lui a permis de gonfler sa fortune de plus de... 670% depuis le début de l'année. Pas mal pour un self mademan.

Tout profit pour la famille

L’IPO de Nongfu Spring ne profite pas qu’à son CEO. Sa famille en est aussi un des grands bénéficiaires. Lu Xiaowei, une sœur aînée de son épouse, dispose ainsi d’une participation de 1,4% valorisée à 432 millions de dollars. La participation de deux autres de ses frères et sœurs leur rapporte 428 millions de dollars chacun.

D’autres cordes à son arc

La fortune de Zhong Shanshan ne s’appuie pas que sur l’or bleu. Il est aussi l’actionnaire majoritaire (75%) de la société pharmaceutique Wantai Biological, qui produit notamment des tests du Covid-19. L’action a bondi de plus de… 2.000% depuis son entrée en Bourse de  Shanghai en avril. De quoi gonfler sa fortune de 9,4 milliards de dollars.

Touche-à-tout

Zhong Shanshan est un adepte des stratégies ciblées. C’est aussi un touche-à-tout: il aime être impliqué dans l’intégralité des processus de production, de la conception du produit au choix du nom. Et il est du genre maniaque : selon la presse chinoise, il a par exemple passé huit ans à étudier la meilleure manière de planter un oranger pour obtenir le meilleur jus de fruit.

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