Délifrance supprime 83 emplois à Nivelles

Les jours de l’usine de Délifrance à Nivelles sont comptés. En cause: la faible rentabilité du site belge, frappé durement par le chômage économique.

Un conseil d’entreprise extraordinaire s'est tenu ce mardi matin sur le site de Délifrance à Nivelles. Il s’agit du seul site belge du groupe français spécialisé dans la boulangerie industrielle. La direction de Délifrance Belgium a communiqué son intention de fermer son unité de production à Nivelles.

L'usine emploie 83 personnes, produit des baguettes précuites sous vide qui sont ensuite revendues, une fois réchauffées, dans les réseaux de la grande distribution.

Les 43 personnes qui assurent des activités administratives et commerciales ne sont pas concernées, affirme Délifrance.

 

Délifrance parle d'un marché de plus en plus tendu en Europe, conjugué à un manque de compétitivité de l'usine de Nivelles.

La société pointe une hausse de prix de plus de 45% de la farine de blé, impossible à répercuter totalement chez ses clients, la crise économique qui a entraîné une baisse des ventes de pain précuit, et la concurrence qui a concentré ses outils de production et bénéficie ainsi de prix industriels très compétitifs.

L'usine de Nivelles, elle, est sur un site enclavé, qui rend impossible tout agrandissement des bâtiments. Et, toujours selon l'entreprise, elle ne peut s'aligner sur les prix en baisse du marché, en raison de son manque de compétitivité. Elle ne tourne dès lors plus qu'à 33% de sa capacité. D'où la décision de fermer l'unité de production et de procéder à un licenciement collectif des salariés qui y travaillent, conclut Délifrance Belgium.

Faible rentabilité

Les syndicats s'attendaient à cette annonce. "Nous nous attendons à de mauvaises nouvelles", expliquait hier Michèle Duray, en charge du secteur Alimentation à la FGTB. Et de continuer dans la même veine, en assurant que si les nouvelles ne sont pas mauvaises, elles pourraient être très mauvaises. "Nous avons peur que la direction annonce une fermeture de l’usine". 

La syndicaliste, qui expliquait que la "situation n’est pas rose", précisait que l’usine, enclavée dans le zoning de Nivelles, est frappée durement par le chômage économique. Cette mesure est appliquée à raison d’une semaine par mois.

Usine vieillissante

Du côté de la CSC, on ne se montrait pas plus rassurant que dans les rangs socialistes. "La société a été rachetée par des investisseurs qui, pendant deux mois, ont étudié la rentabilité du site de Nivelles. Ce sont ces résultats qu’ils vont nous présenter en conseil d’entreprise extraordinaire", expliquait hier Matthieu Dubuisson, délégué CSC. Ce dernier précisait également que l'usine vieillissante n'était pas la plus rentable du groupe.

 

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