Les bébés iraniens bientôt nourris aux céréales belges

Vincent Crahay a signé un beau contrat au nom de Belourthe en Iran. ©BELGA

La société Belourthe, qui produits des céréales infantiles sous la marque Ninolac, a signé un contrat en Iran avec la société Vitana. La PME wallonne exportera vers l’Iran un produit semi-fini. Elle espère réaliser, d’ici 3 ans, un chiffre d’affaire de 1 million d’euros sur ce marché.

C’est un véritable pied de nez à au géant Nestlé que Vincent Crahay, patron de la société Belourthe, réalise. Le producteur belge de céréales pour bébé a signé, lors de la soirée de clôture de la mission économique conjointe des trois régions à Téhéran, un contrat avec la société iranienne Vitana pour vendre son produit en Iran. Là même ou Nestlé, il y a dix ans, a délocalisé son usine de production de Hamoir…

L’histoire a un petit parfum de revanche. Car Vincent Crahay était directeur d’usine chez Nestlé à Hamoir. A la fermeture, l’homme s’est lancé dans une opération de managing buyout pour relancer le site, reprenant 27 personnes sur les 140 travailleurs licenciés par Nestlé et créant la société Belourthe. Dix ans plus tard, il rejoint son concurrent, un sourire ironique aux lèvres…

Belourthe a commencé à commercialiser sa marque Ninolac, ou ses céréales en produit semi-fini, dans les pays d’Asie, d’Afrique, au Moyen-Orient et en Europe il y a sept ans. En Belgique, Belourthe ne commercialise ses céréales quand dans la niche du marché bio. Nestlé et Danone sont trop durs à concurrencer… L’Iran est le 66ème pays qu’il conquiert.

Le contrat signé avec Vitana, leader du marché iranien des biscuits pour bébé, porte sur l’exportation des céréales Belourthe en produit semi-fini. Vitana, qui souhaitait étendre sa gamme, se chargera de finaliser le produit au goût du marché iranien, le conditionner et le commercialiser. On ne verra donc pas la marque belge Ninolac en Iran? " Si. Notre objectif est de faire du co-branding. Sur les étiquettes, on verra quelque chose comme ‘Vitana with the power of Ninolac’", dit Vincent Crahay.

Pas de risques

Etablir des relations commerciales avec l’Iran n’est néanmoins pas (encore) une chose simple. Pourquoi alors s’y lancer? Vincent Crahay pointe le potentiel de croissance du marché, dynamisé par une population jeune (et donc une démographie en croissance). Les sanctions et l’embargo économique et financier imposé pendant dix ans à l’Iran (et levé au début de l’année) n’a pas frappé les produits agroalimentaire. Résultat, Belourthe essaye depuis 7 ans de mettre le pied en Iran. "Nous avons essayé par deux fois, puis nous avons abandonné. En février 2015, nous avons rencontré Vitana lors d’une foire agroalimentaire à Dubaï. Nous les avons revu cette année, nous avons visité leur usine. Ce sont des gens fiables et sûrs, ils fabriquent 50 tonnes de biscuits par jour."

1 million d’euros
C’est le chiffre d’affaire que Belourthe espère réaliser sur le marché iranien d’ici 3 ans.

Belourthe reste néanmoins prudent. D’ici la fin de l’année, l’entreprise belge va démarrer avec une première commande de 12.000 boites de céréales, qui seront commercialisées en Iran encore sous la marque belge Ninolac, à un prix de 10% inférieur à Nestlé. " C’est une commande d’essai, qui nous permettra de vérifier que tout est ok sur le plan administratif ". Dans une deuxième phase, Belourthe se lancera dans l’envoi de commandes de 50.000 unités. Son partenaire iranien espère lancer la production sur base du produit semi-fini de Belourthe dans un an. A terme, Belourthe espère pouvoir réaliser sur le marché iranien un chiffre d’affaire de plus d’un million d’euros en exportant 600 tonnes de céréales par an Ses prochaines cibles : le Pakistan et l’Ukraine. Des contrats pourraient se finaliser dans ces deux pays dans les mois qui viennent.

Actuellement, le chiffre d’affaire de Belourthe représente 25 millions d’euros. Si tout se passe bien, Belourthe espère continuer à engager, pour faire passer son équipe de 80 travailleurs à une centaine d’ici trois ans.

©BELGA

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