UberEats s'associe à AB InBev pour la livraison de bières belges

©Hollandse Hoogte

La filiale d'Uber teste un nouveau concept de livraison à domicile à Bruxelles.

Lancé fin octobre à Bruxelles, le service de livraison de repas d’Uber se développe petit à petit. Dénommé UberEats, il comprend aujourd’hui 400 restaurants, emploie une dizaine de personnes et traite déjà plusieurs milliers de commandes par semaine. Pourquoi passer du transport de personnes à celui des aliments? "Cela colle avec l’idée qu’Uber est une plateforme qui doit être capable de livrer un peu de tout à tout le monde", explique Stéphane Ficaja, general manager d’UberEats à Bruxelles.

"Pour la livraison de repas à domicile, nous mettrons à profit notre expérience dans le transport de personnes."
Stéphane Ficaja
General manager Ubereats Bruxelles

Dans cette optique, l’offre de la firme américaine s’agrandit aujourd’hui avec l’arrivée des bières désormais aussi proposées à la livraison à domicile. D’où vient cette nouveauté? De bonne source, L’Echo avait récemment appris l’existence d’un possible accord à ce sujet entre la société américaine et le géant brassicole AB InBev . C’est désormais officiel. "Nous avons conclu un partenariat entre nos deux sociétés", annonce Stéphane Ficaja. D’après lui, "il y avait une réelle appétence dans le deal de la part d’AB InBev".

Dans la pratique, comment est-ce que cela va se passer? C’est la chaîne de night-shops White Night qui distribuera à Bruxelles les bières du poids lourd belgo-brésilien. Des livreurs indépendants se chargeront ensuite de les amener à destination pour le compte d’UberEats. En l’état, cinq magasins nocturnes de la capitale assureront l’approvisionnement des clients qui souhaitent s’abreuver (en plus de se sustenter) via l’application du petit nouveau de la livraison à domicile.

Bataille sanglante

Les cendres sont encore fumantes… six mois à peine après la chute de Take Eat Easy, premier acteur de la livraison de repas à domicile en Belgique qui avait dû fermer ses portes en juillet faute de liquidités, UberEats se lance donc pleinement dans la lutte avec cette nouvelle offre. En face, les sociétés britannique Deliveroo et belge Pizza.be (actif depuis peu sur le marché) doivent déjà se mettre en ordre de bataille.

47.000
En Belgique, UberEats parle de 47.000 utilisateurs actifs de son application phare.

Pour affronter ses adversaires, Uber pourra compter sur l’expérience de deux de ses employés issus de feu Take Eat Easy et qui y restent, en quelque sorte, étant donné que la boîte américaine a choisi les locaux de la défunte start-up belge comme QG. Ces anciens disposent de la connaissance du secteur et de l’expérience pratique qui pourrait manquer à un acteur étranger comme Uber.

Cependant, comment réussir là où d’autres ont échoué? En tentant de faire les choses différemment. Si les livreurs d’UberEats roulent en vélo comme chez Deliveroo, ils peuvent aussi utiliser des scooters. "C’est plus facile pour la conservation de la nourriture", indique Stéphane Ficaja. "Nos coursiers pourront se rendre plus loin parce que les plats resteront chauds plus longtemps". En effet, les scooters se déplacent plus vite que les vélos… et que les voitures, souvent bloquées dans la circulation. Une solution moins écologique, mais une livraison plus rapide. Et c’est là-dessus qu’Uber veut (et parviendra peut-être) faire la différence. "Nous disposons d’une grande expérience dans le transport des personnes que nous pouvons aujourd’hui mettre à profit dans la livraison à domicile."

Marché à point

Pourquoi se développer dans la capitale du plat pays? "C’est un marché assez mature. Les Bruxellois connaissaient déjà le système, notamment grâce à leur expérience avec Take Eat Easy ou Deliveroo", analyse le patron d’UberEats Brussels. De plus, "les Belges sont très friands de produits locaux livrés rapidement". Mais l’appétit des Belges pure souche n’est pas la seule convoitise de la boîte américaine. Elle compte aussi cibler les expats, présents en nombre dans la ville. D’ailleurs, beaucoup de ces étrangers utilisent déjà régulièrement son service de transport. Concernant ce point, Uber pourra s’appuyer sur cette base existante pour grandir.

La livraison de repas pourrait donc ne pas se limiter à Bruxelles. Dans le futur, la firme pourrait étudier une arrivée à Anvers, Gand ou Liège, évoque Stéphane Ficaja.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés