interview

"Un brasseur artisanal accepte l'influence de la nature"

Depuis qu’il est arrivé à la tête de la brasserie, Vincent Caulier a fait passer sa capacité de 3.500 à 15.000 hectolitres. ©Saskia Vanderstichele

Nichée à Péruwelz, à l’ouest du Hainaut, la Brasserie Caulier a redécouvert le profit et la croissance après une passe difficile au début de la décennie. Son CEO, Vincent Caulier, nous donne la recette...

En 2013, vous avez relancé la brasserie en la recentrant sur ses produits phares et en stimulant ses ventes en France. Quels résultats cette stratégie a-t-elle donnés?

Ces trois dernières années, nous avons enregistré une croissance de 50%. Et nous sommes dans les clous pour y arriver en 2016 également. Nous avons investi chaque année dans l’augmentation de notre capacité de production, passée de 3.500 hectolitres fin 2012 à 9.000 hl aujourd’hui. Nous avons décidé d’investir un plus gros montant à présent pour monter en une fois à 15.000 hl. Cet investissement sera opérationnel l’an prochain.

Comment expliquer un tel taux de croissance?

Nous nous sommes recentrés sur nos bières de haute fermentation et sur la France, mais nous avons aussi progressé en Flandre. Alors qu’auparavant, on réalisait 95% de nos ventes en Wallonie, on n’y fait plus que 25%, pour 25% à la Région flamande, 40% en France et les dix autres pour-cent à l’export dans le reste du monde.

La brasserie Caulier est-elle redevenue bénéficiaire?

Elle a atteint le break-even en 2013 et depuis 2014, elle dégage du profit.

Comment a évolué l’emploi?

La brasserie emploie onze personnes, donc cinq membres de la famille Caulier: mes parents, deux de mes frères et moi. Nous allons engager deux personnes supplémentaires cette année, puis deux autres l’an prochain qui renforceront notre équipe commerciale.

Comment avez-vous fait pour engranger si rapidement une telle progression?

Ce qui nous a beaucoup aidés, c’est la création d’un réseau d’ambassadeurs pour notre Paix Dieu, la bière qu’on ne brasse que lors des nuits de pleine lune. Comme elle est brassée en quantités limitées, on ne la vend pas partout mais uniquement dans des établissements horeca sélectionnés. Ceux-ci nous aident à développer la marque en débitant la bière au fût et en servant son histoire aux consommateurs. On dédie la plus grande part de notre budget marketing à ces établissements qui constituent nos ambassadeurs de la marque. Cela nous permet de rivaliser, au niveau d’un nombre de cafés certes limité, avec les grands brasseurs du marché.

Combien d’ambassadeurs compte la Paix Dieu aujourd’hui?

"Plus il y a de transparence sur nos processus, plus nous sommes contents."
vincent caulier
CEO de la brasserie caulier

Ils sont quelque trois cents, répartis sur les marchés belge, néerlandais et français. Ils croient au projet et au produit et, en échange des efforts qu’ils leur consacrent, nous leur garantissons que notre production leur est destinée en priorité. Nous millésimons aussi chaque bouteille. Cela permet au consommateur de savoir durant quelle pleine lune elle a été brassée. L’idée sous-jacente, c’est que nous sommes des brasseurs artisanaux, ce qui, selon nous, signifie que nous acceptons que la nature ait une influence sur notre processus de fabrication. Et nous nous faisons fort de communiquer ce message aux consommateurs. Plus il y a de transparence sur nos processus, plus nous sommes contents. Nous sommes toujours heureux d’organiser des journées portes ouvertes, car on est trop rarement en contact direct avec le consommateur: c’est l’occasion de leur montrer nos installations. Et c’est la raison pour laquelle nous participerons à la Journée Découverte Entreprises ce dimanche.

Dans la même optique artisanale, vous pourriez privilégier les circuits courts en ce qui concerne vos matières premières…

Mais nous le faisons! Notre orge provient de nord de la France et de la Malterie du Château à Belœil, notre houblon de Poperingue et notre eau, de notre brasserie à Péruwelz.

Comment se comporte Bon Secours, votre autre marque?

Elle a également connu une belle progression ces dernières années. On y est arrivé grâce au développement des fûts de Bon Secours dans l’horeca, à la modification de nos recettes et aussi aux deux prix gagnés par la Bon Secours Brune aux Etats-Unis et au Brussels Beer Challenge.

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