1.600 camions électriques pour AB InBev au Brésil

©Volkswagen Truck & Bus

Au Brésil, Ambev annonce que sa flotte de livraison comportera 1.600 camions électriques Volkswagen d’ici 2023. "C’est la plus grande annonce de ce type au monde", se félicitent les deux groupes.

Ambev, la filiale brésilienne à 66% d’AB InBev, a annoncé la constitution de la plus grande flotte au monde de camions électriques Volkswagen. Ambev va s’équiper de 1.600 camions électriques d’ici 2023, soit 35% de sa flotte de camions. Il s’agit en fait de remplacer les camions d’une vingtaine de compagnies qui transportent les produits d’Ambev au Brésil.

Évidemment, cela se fera par étapes alors que les constructeurs de camions commencent à peine à sortir leurs premiers camions en version 100% électrique. Ambev va ainsi d’abord s’équiper du VW e-Delivery, développé par Volkswagen Caminhoes e Ônibus, filiale du groupe Volkswagen. Il s’agit de petits camions de distribution urbaine qui roulent sur batterie. Des camions qui seront d’ailleurs produits au Brésil-même.

Dès 2020

Les premiers e-Delivery sont attendus pour 2020 sur les routes et auront une autonomie de 200 kilomètres. "Le modèle sera rechargé à 100% avec de l’énergie électrique provenant de sources propres, comme le vent et l’énergie solaire", explique VW.

32.000 tonnes de CO2
Ambev promet d’économiser 32.000 tonnes de CO2 par an grâce à ces camions électriques en 2023

Le groupe Volkswagen sortira ensuite un 26 tonnes en 2021, le MAN eTGM, avec également une autonomie de 200 kilomètres, prouvant que la bataille pour les camions électriques est clairement lancée.

Du côté des compagnies qui transportent de gros volumes de marchandises, c’est l’occasion de verdir ses activités de transport. À partir de 2023, Ambev promet d’économiser 30.400 tonnes de CO2 par an.

Il est d’ailleurs intéressant de souligner qu’Anheuser-Busch, une autre filiale d’AB InBev, a également décidé de rouler en partie à l’énergie propre aux Etats-Unis. Le groupe a commandé à la jeune entreprise Nikola Motor Company 800 semi-remorques électriques qui fonctionnent avec une pile à combustible à l’hydrogène. Les 800 camions seront livrés d’ici 2025. La société a aussi précommandé 40 semi-remorques 100% électriques à Tesla.

Tous sur la balle

Volkswagen n’est pas le seul constructeur sur la balle. Volvo AB, une société séparée de Volvo Cars, a dévoilé deux camions électriques en l’espace de trois semaines en avril et en mai. Il s’agit d’un 16 tonnes et d’un 27 tonnes, respectivement nommés Volvo FL Electric et Volvo FE Electric. Prévus pour des usages urbains, ils auront respectivement jusqu’à 300 et 200 kilomètres d’autonomie. Ils seront commercialisés dès l’année prochaine, mais en nombre restreint.

Daimler Trucks (Mercedes-Benz et Mitsubishi Fuso) a de son côté dévoilé un semi-remorque entièrement électrique promis à la production en 2021.

Le prix du diesel et conflit social

Au Brésil, le secteur des transports a été affecté par d’importantes grèves en mai dernier. Les transporteurs indépendants ont bloqué les autoroutes principales du pays pendant près de deux semaines en raison des prix du diesel, qu’ils estiment trop élevés, et de tarifs trop bas pratiqués dans le transport de marchandises.

En réponse au mouvement de protestation, le gouvernement brésilien a promis d’établir des prix du diesel plus prévisibles et d’instaurer des tarifs minimums pour le transport de marchandises.

Depuis lors, de nombreuses grandes compagnies ont donc sorti leurs calculettes. Elles essayent de voir s’il ne serait pas plus judicieux et économique de détenir ses propres flottes de camions.

Les grands constructeurs de camions actifs au Brésil, que ce soit Volvo AB, Mercedes-Benz ou Volkswagen, ont d’ailleurs indiqué être approchés par les grands groupes pour établir de nouvelles stratégies.La constitutionnalité de cette loi sur les tarifs minimums sera discutée le 27 août prochain lors d’une audition à la Haute cour de justice brésilienne. La décision finale des entreprises dépendra donc de la décision de la Justice brésilienne. Des sociétés comme Ambev ou Cargill ont déjà déclaré étudier la possibilité de privatiser une partie de leur flotte.

 

Ceci alors que Fuso (que Daimler a conservé après s’être séparé de ses parts dans Mitsubishi) a déjà commercialisé l’eCanter auprès de clients triés sur le volet aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Daimler aura dès cette année un 26 tonnes (eActros) en portefeuille. Mercedes-Benz va créer une division dédiée aux camions électriques baptisée E-Mobility Group (EMG).

Le constructeur DAF s’est aussi allié au néerlandais VDL pour produire des camions électriques qui seront dans un premier temps livrés à des "clients représentatifs". On parle ici de camions fabriqués par DAF et dont la totalité de l’installation électrique sera complétée par le groupe VDL. "Le CF Electric a une autonomie d’environ 100 kilomètres, ce qui est suffisant pour les applications de distribution. Une charge rapide des batteries peut être effectuée en 30 minutes et une charge complète peut être accomplie en aussi peu de temps que 90 minutes", ont communiqué les deux entreprises en mai dernier.

Enfin, la société la plus emblématique de la mobilité électrique, Tesla, promet ses "Semi" électriques en production en 2019. Des camions qui promettent des grandes autonomies allant de 480 à 800 kilomètres selon les versions. Tesla promet de pouvoir recharger 80% de la batterie en 30 minutes à ses "Megachargers". Plusieurs grosses précommandes ont été enregistrées par la compagnie d’Elon Musk en plus de la commande d’Anheuser-Bush. Pepsico a par exemple commandé 100 "Semi", le distributeur alimentaire Sysco 50 et UPS 125.

Des chiffres à relativiser alors que Pepsico compte par exemple 10.000 semi-remorques aux Etats-Unis.

Reste maintenant à voir dans quelle mesure ces camions pourront s’imposer et ne pas rester l’exception dans un paysage de la logistique où le coût du transport est prépondérant…

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