2013 pire que 2012 sur le front de l'emploi

Restructurations, licenciements, faillites, pertes d’emploi: les dernières semaines ont été émaillées de nombreuses mauvaises nouvelles pour l’emploi en Belgique. Duferco, ArcelorMittal ou Ford Genk en ont été les exemples les plus emblématiques. Hélas, aucune embellie n’est en vue. Bien au contraire.

2013 s’annonce en effet comme une année très sombre. Pire que 2012… "Les branches d’activité sensibles à la conjoncture accuseront de très lourdes pertes en termes de postes de travail", craint la Banque nationale. L’enseignement ou la fonction publique ne compenseront pas puisque l’emploi est aussi annoncé en baisse dans ces secteurs. Du coup, le nombre total d’emplois salariés devrait diminuer de 17.100 unités l’an prochain. Cumulées sur 2012 et 2013, les pertes nettes d’emplois dans le secteur privé seraient de 20.000 unités.

Les créations d’emplois indépendants seront aussi les plus faibles des dernières années (2.200 seulement contre 5.500 e 2012, et près de 10.000 en 2008 et 2011).

Conséquence: le taux de chômage, en hausse depuis la deuxième moitié de 2011, va grimper à 8,1%, alors qu’il est actuellement de 7,4%. La BNB prévoit une augmentation de 45.400 demandeurs d’emploi l’an prochain (+ 16.600 en 2012). Selon les dernières statistiques régionales (novembre 2012), le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse partout dans le pays mais l’augmentation est nettement plus préoccupante en Flandre (+ 11,2% sur un an), durement touchée par la crise, alors qu’elle est plus modérée en Wallonie (+ 0,9%) et à Bruxelles (+ 1,4%).

Selon le baromètre Manpower, publié ce mardi, les intentions de recrutement des entreprises restent aussi moroses: 6% des sociétés comptent embaucher du personnel au cours du premier trimestre 2013 mais une proportion identique envisage de licencier et 86% s’attendent à une stabilité de leurs effectifs. "Le gel des embauches va rester la norme au cours des prochains mois et la route vers l’emploi s’annonce encore difficile pour les personnes à la recherche d’un (nouveau) travail", indique Manpower.

Bien entendu, la situation économique difficile explique en grande partie ces prévisions. Sans croissance, il est bien difficile de créer de l’emploi…

Mais l’austérité budgétaire fait aussi sentir ses effets. La BNB pointe notamment des titres-services plus chers et mieux contrôlés, ce qui devrait freiner le secteur dans son élan. La fin du plan "win win", fin 2011, est aussi négative. Il s’agissait de réductions de cotisations sociales accordées pour l’embauche de certains groupes cibles, en particulier les jeunes peu qualifiés. "Pour une partie de ces travailleurs, cela signifie un retour au chômage", épingle la BNB. Le chômage économique est également devenu plus onéreux pour les employeurs, ce qui peut dissuader le recours à cet "amortisseur" en cas de ressac de l’activité.

Selon la Banque nationale, les pertes d’emploi alimentent l’incertitude, ce qui pénalise la consommation des ménages. Et donc la croissance. Un cercle vicieux.

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