analyse

2020, année de la voiture électrique

©BELGA

L’offre électrique, la vraie, arrive. Reste maintenant aux constructeurs automobiles à déployer leurs stratégies pour vendre des voitures à valeur faciale plus élevée.

De mémoire de journaliste, on n’avait jamais vu cela. Certes, quelques voitures électriques arpentaient les salons ces dernières années, mais jamais autant que lors de cette 98e édition du salon de l’auto de Bruxelles qui ouvre ses portes ce vendredi.

Les constructeurs n’ont d’abord pas le choix, car leurs moyennes européennes se doivent d’être à 95 grammes par kilomètre en moyenne pour les voitures neuves. Les voitures électriques affichent zéro gramme légalement et sont surpondérées dans les moyennes. La moyenne CO2 de Renault "dépendra du succès de la Zoé", souligne Jérôme Pannaud, CEO de Renault Benelux.

2020, le vrai départ de la voiture électrique?

Mais la question qui nous taraude est de savoir comment les constructeurs vont arriver à vendre ces véhicules. "Nous connaissons un super succès pour les commandes de la nouvelle Zoé", assure Pannaud.

Compétitives mensuellement

Les voitures électriques et hybrides rechargeables affichent des prix catalogue plus élevés que leurs équivalents essence ou diesel. Mais les constructeurs ont sorti leurs arguments. On nous explique chez plusieurs d’entre eux que le coût mensuel total des véhicules électriques n’est finalement pas plus cher que le coût mensuel des véhicules thermiques. L’électricité coûte bien moins cher et les véhicules électriques demandent très peu d’entretien, sans compter les taxes favorables aux véhicules zéro émission.

6.000 autos
Denis Gorteman, CEO de D’Ieteren Auto, pense pouvoir vendre entre 5.000 et 6.000 voitures électriques en 2020.

Dans le B2B, on appelle cela le coût total de possession ("total cost of ownership", ou TCO). Il prend tout en compte, le prix mensualisé, l’entretien, le carburant, etc. "Le client professionnel est plus habitué au TCO. Chez les clients particuliers, on va devoir leur expliquer ce que cela représente, explique William Meerschaut, directeur communication d’Alcomotive (Moorkens). On voit quand même une autre mentalité chez les sociétés que chez le client particulier. La fiscalité et l’avantage de toute nature sont très intéressants."

Sa société vient de relancer la marque MG en Belgique. Celle-ci appartient désormais aux Chinois de SAIC et commercialise des SUV entièrement électriques. Le SUV de catégorie B commence à 30.985 euros, bien équipé pour 263 kilomètres d’autonomie WLTP (proche de la réalité). Un Suzuki Vitara similaire se situe entre 25.000 et 27.000 euros. "On a fait nos calculs avec un autre SUV thermique d’une marque généraliste de la même taille. Après 5 ans, on gagne 2.000 euros avec notre MG électrique", note Catherine Free, country manager de MG Belux.

10 modèles chez D’Ieteren

D’Ieteren Auto aborde le salon avec pas moins de 10 modèles électriques, parmi lesquels la fameuse Volkswagen I.D.3, le véhicule électrique des masses de la marque. Le CEO de D’Ieteren Auto, Denis Gorteman, pense qu’il pourra vendre entre 5.000 et 6.000 voitures électriques en 2020. Ce serait une belle progression car le marché de la voiture électrique belge dans son entièreté n’a pas atteint les 9.000 unités en 2019. "C’est un chiffre significatif, car nous avons vendu 129.000 voitures en tout l’année passée et pas mal de ces nouveaux véhicules électriques ont encore des délais de livraison importants", souligne Gorteman. Il nous précise qu’"une écrasante majorité" de ces véhicules seront achetés par des clients professionnels bien plus habitués à calculer le coût réel de ces véhicules. "On oublie de dire que les voitures des particuliers ont plus de 9 ans (en moyenne, NDLR). Si on voulait vraiment faire diminuer le CO2 en Belgique, chaque travailleur belge devrait avoir droit à une voiture de société, car elles sont bien plus propres, ose Gorteman. Tout le monde y gagnerait, l’État, le collaborateur, l’entreprise et le climat. On parle du CO2 des voitures neuves qui augmente, mais les vraies voitures polluantes sont ces vieilles voitures qui émettent 190 grammes (de C02 par kilomètre, NDLR)! Nous avons tout ce qu’il faut ici pour les remplacer."

Le Top 10 des voitures les plus vendues en Belgique en 2019


Une chose est sûre, les voitures électriques sont légion sur le salon. Nous en comptons plus de 15 nouvelles, en plus de toute une série de modèles déjà commercialisés. Citons de façon non exhaustive et dans le désordre, la e-208 et la e-2008 de Peugeot, l’Opel Corsa-e, la Seat Mii électrique, l’Audi e-tron Sportback produite à Bruxelles, la nouvelle Renault Zoé, la première Mini electric, les DS3 et DS 7 E-Tense, la Nissan Leaf dans sa version à plus grande autonomie, etc.

Pour la plupart des véhicules, les clients auront souvent le choix entre différentes motorisations. La part belle est d’ailleurs faite aux hybrides en tout genre, qu’ils soient mild hybrid, full hybrid ou plug-in. Renault, Citroën ou Ford présentent ainsi leurs nouveaux hybrides. "Notre focus en 2020 est le plug-in hybrid, pas le full electric", dit Niels Kowollik, CEO de Mercedes-Benz Benelux.

D’autres veulent encore se différencier avec des véhicules très différents. La palme revient peut-être à Honda avec sa voiture électrique retro-futuriste, l’Honda-e. "Franchement, on a fait un tour des concessionnaires en Flandre en fin d’année et très peu de clients nous ont parlé du prix", nous dit Georges Dewulf, porte-parole de Honda. Reste maintenant à supprimer tous les freins non tarifaires pour ces véhicules (bornes de recharge, installation à domicile, split billing, etc.). Là aussi, les constructeurs automobiles ont tous leur parade, reste à voir si elle suffira!

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