35% des Belges optent désormais pour un SUV

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Avec 34,3% des immatriculations sur trois mois, il semble que l’appétit des clients belges pour les SUV ne connaisse pas de limite. 2018 devrait marquer un nouveau record.

Homme d’affaires confirmé, jeunes parents ou personne retraitée, il semble que tous les Belges ne jurent plus que par le SUV. Les immatriculations du Sport Utility Vehicle, ou Crossover comme on l’appelle aussi, prennent des proportions hors normes. Selon les chiffres d’immatriculations que nous avons pu consulter, la folie des SUV est loin d’avoir dit son dernier mot en Belgique.

Sur les trois premiers mois de l’année, 56.829 SUV ont été immatriculés. C’est à peine 16.000 SUV de moins que l’ensemble des immatriculations pour ce type de véhicule sur l’année 2012. La progression est fulgurante, étonnante même. Sur 5 ans, la progression était déjà de 124% et les chiffres du premier trimestre combinés au calendrier de sortie des nouveaux modèles promettent à nouveau une année de progression pour le SUV en 2018.

"Le véhicule est plus haut, on y place les enfants plus facilement, le coffre est à une hauteur normale, etc."
Jean-Marc Ponteville
porte-parole de Volkswagen en Belgique

Plus aucun autre type de voiture ne se vend mieux que le SUV en Belgique. Les marques automobiles qui tirent aujourd’hui leur épingle du jeu sont celles qui offrent le plus de Crossover récents dans leur gamme. A quoi est dû le redressement impressionnant de Peugeot , à nouveau troisième marque du royaume au premier trimestre? A sa gamme élargie de SUV. Pourquoi la marque Volkswagen progresse-t-elle de plus de 5% en ce début d’année? En raison notamment de la sortie de nouveaux modèles SUV. Pourquoi BMW estime-t-elle que cette année va être intéressante pour la marque? Parce qu’elle va sortir de nouveaux SUV, comme la X2.

Ce type de véhicule fait la pluie et le beau temps sur le marché belge et au-delà. Pourquoi cet engouement du Belge pour ce type de véhicule? "Pour moi, c’est surtout l’aspect pratique du SUV qui est le premier critère. Le véhicule est plus haut, on y place les enfants plus facilement, le coffre est à une hauteur normale, etc.", répond Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen en Belgique.

VW a lancé un tout nouveau SUV, le T-Roc, au Salon de Bruxelles, de quoi lui promettre des bons mois dans les immatriculations. Beaucoup des ventes aux "conditions salon" seront livrées en avril et en mai. Ces véhicules ont "clairement pris la place des monovolumes", dit Wim Doms, de chez Peugeot. "Il y a toujours autant de gens qui ont besoin de voitures familiales. Le SUV leur a permis de combiner le volume à un côté sexy", estime le porte-parole. "Le succès des SUV se fait sur le dos des monovolumes et des breaks. Chez nous, ils sont revenus au niveau d’il y a 5 ou 6 ans", abonde Ponteville.

"Le SUV leur a permis de combiner le volume d'une familiale à un côté sexy."
Wim Doms
porte-parole de Peugeot

Volkswagen, qui compte pourtant pas mal de blockbusters dans sa gamme, comme la Golf, s’attend à ce que les SUV représentent 30% de ses commandes.

Le look d’un 4X4

Jadis réputé pour ses qualités de franchissement, ce n’est clairement plus cette qualité qui fait le succès des SUV. Bien peu des clients du SUV ou Crossover ne l’achètent finalement en version 4x4. On entend ça chez presque toutes les marques. Peugeot, premier vendeur de SUV, ne propose même pas de version 4x4 sur ses 2008, 3008 ou 5008. "Nous proposons le ‘grip control’, qui est un bon compromis. Les gens n’ont pas vraiment besoin de grosses capacités de franchissement", dit Doms.

Chez Peugeot, les SUV ont totalisé 6.476 unités au premier trimestre, sur un total de 13.469 immatriculations pour la marque sur la même période, soit près d’un véhicule sur deux. Des chiffres qui permettent à Peugeot de réintégrer le top 3 des marques sur le marché belge et de ne se situer qu’à 200 unités de Renault, qui occupe la deuxième marche du podium. Les SUV de Peugeot ont fait mouche et lui offrent une belle avance sur ses concurrents. Peugeot espère donc pouvoir garder cette première place dans le SUV en 2018, même si elle ne sortira pas de nouveaux modèles dans le segment cette année.

Paradoxe du SUV

Le succès du SUV peut paraître paradoxal à l’heure où l’on essaye de rendre les flottes plus propres. Ce sont des véhicules plus lourds et de nature à consommer davantage. Une réalité que les constructeurs contrent avec des moteurs essences plus petits. "Ce qu’on arrive à faire aujourd’hui avec les moteurs essence est extraordinaire. Un trois cylindres 1.000 cm³ développe la même puissance et le même couple qu’un 1.500 cm³ à l’époque", dit Ponteville.

"C’est clairement le SUV qui nous permet d’être la 3e marque sur le marché."
Wim Doms
porte-Parole de Peugeot

Les SUV suivent de très près la tendance du marché et se vendent énormément en essence au détriment du diesel. "Il y a 5 ans, je suis persuadé que 85% de nos ventes auraient été des diesels pour ces modèles", explique Doms. "À mon avis, l’essence est surreprésentée et D’Ieteren s’attend à une correction. On est dans un moment émotionnel", pense Jean-Marc Ponteville.

Le boom des SUV et un besoin d’écologisation, voilà deux facteurs qu’on aime sûrement entendre chez Audi Brussels, où l’on va produire des SUV électriques dès l’automne…

©Mediafin

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