5 à 6 milliards d'euros seront investis dans un "Airbus des batteries"

Bruno Le Maire, le ministre français des Finances et Peter Altmaier, le ministre allemand de l'Economie et de l'Energie. ©REUTERS

L'alliance européenne de construction de batteries automobiles, dite "Airbus des batteries", va recevoir un coup de boost. Soit 5 à 6 milliards d'euros vont être investis afin de construire les premières lignes de production.

Dans le marché des batteries automobile dominé par la Chine, l'Europe a pour ambition de mettre sur pied un "Airbus des batteries".  Préoccupés, Paris et Berlin ont signé fin décembre un accord "stratégique" pour développer une filière européenne de batteries.

Ce jeudi, les ministres français et allemand de l'Economie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier ont annoncé qu’entre 5 et 6 milliards d'euros seront investis dans le projet. 

"Pour ce seul projet, ce seront 5 à 6 milliards d'euros qui seront investis pour construire des premières lignes de production", a déclaré Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand et le Commissaire européen à l'Energie Maros Sefcovic.

"Pour ce seul projet, ce seront 5 à 6 milliards d'euros qui seront investis pour construire des premières lignes de production."
Bruno Le Maire
Ministre français des Finances

Cette somme totale sera constituée à hauteur de "1,2 milliard d'euros au maximum" de subventions publiques, auxquelles la Commission européenne a donné son accord de principe, et de "4 milliards d'euros environ d'argent privé", a-t-il ajouté.

Selon les ministres, ce projet - lancé voilà 18 mois par la France et par l'Allemagne en référence au géant européen de l'aéronautique - va déboucher sur le lancement en France d'une usine pilote comptant 200 emplois au cours des prochains mois, puis de deux usines de production, en France et en Allemagne, susceptibles de créer 1.500 emplois chacune.

Plusieurs entreprises européennes ont d'ores et déjà fait part de leur souhait d'intégrer le futur consortium, indique Peter Altmaier, dont le groupe automobile PSA et sa filiale Opel et le fabricant français de batteries Saft, appartenant au groupe Total. "Aujourd'hui, nous avons un intérêt plus élevé que jamais", a déclaré Altmaier, en assurant disposer de "35 réponses positives, y compris de grands producteurs automobiles".  

Plusieurs Etats membres intéressés

Bruno Le Maire indique que "d'autres Etats membres" de l'Union européenne ont par ailleurs "déjà manifesté leur souhait de rejoindre le projet". "Je pense à l'Italie, à la Belgique, à la Pologne, à l'Autriche, à la Finlande", a-t-il détaillé. Cette alliance européenne de batteries doit permettre à l'Europe de combler son retard abyssal face à la Chine. "Le temps presse", a souligné jeudi le commissaire européen à l'Energie Maros Sefcovic, voyant dans ce projet un "enjeu stratégique pour accélérer la transition écologique" et la "compétitivité globale" de l'Union européenne. 

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