Avant la 5G, les voitures commenceront à se parler entre elles

©Seat

Tout le secteur automobile se prépare à la 5G, mais certaines de ses fonctionnalités peuvent déjà être utilisées sans le réseau. La connectivité automobile se développe pas à pas et sera indispensable pour rouler sans chauffeur.

Alors que le Mobile World Congress vient de fermer ses portes, c’est au tour du salon automobile de Genève d’ouvrir les siennes à la presse ce mardi. Deux salons très proches en date, mais aussi en thème alors que connectivité est l’un des quatre termes les plus à la mode dans le secteur automobile, à côté d’électrique, de voitures autonomes et de mobilité partagée.

L’automobile et les télécoms sont deux mondes qui se rapprochent de plus en plus. Un petit tour au Mobile World Congress de Barcelone suffit à vous convaincre. "Il y a 5 ans, on était l’un des premiers constructeurs automobiles ici. On est rejoint par beaucoup d’autres aujourd’hui, mais on a un coup d’avance et on joue à domicile", sourit Christian Stein, directeur communication de Seat.

La connectivité est moins sexy que la voiture autonome, elle sera néanmoins essentielle pour que cette voiture autonome devienne une réalité.

Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz, Ford ou Toyota sont tous de la partie à Barcelone. Et pour cause, alors que l’inscription 5G est inscrite un peu près tous les deux mètres sur les stands à Barcelone, la voiture a beaucoup à gagner avec l’émergence de cette technologie.

La connectivité est moins sexy que la voiture autonome, elle sera néanmoins essentielle pour que cette voiture autonome devienne une réalité. "L’industrie travaille sur tout ce qui concerne les senseurs, les manœuvres des voitures, etc., mais la connectivité est un très gros bloc technologique qu’il faudra mettre dans la voiture", explique Maxime Flament CTO chez 5GAA, une association de 110 membres qui travaille à concevoir la connectivité de demain dans l’automobile.

"Nous y arriverons à la conduite autonome, mais ce sera pas à pas. Ça commence par connecter le véhicule au réseau et puis de mettre en place la communication d’appareil à appareil."
Maxime Flament
CTO chez 5GAA

L’association a déjà pas mal de succès à son actif. Elle a, par exemple, entièrement standardisé la communication des voitures qu’elle aille de voiture à voiture, de l’infrastructure aux voitures, etc.

Mais d’ici à la voiture autonome, le chemin sera long. "Nous y arriverons à la conduite autonome, mais ce sera pas à pas. Ça commence par connecter le véhicule au réseau et puis de mettre en place la communication d’appareil à appareil", explique encore Flament.

Averti au bon endroit au bon moment

Les premiers bénéfices viendront avec des meilleurs avertissements qui vont diront au bon endroit, au bon moment quand il y a un danger. Cela se fera en combinaison avec les senseurs sur les véhicules. Grâce à la technologie de voiture à voiture, vous allez recevoir des messages hyper précis de ce qui va arriver. Cette technologie de communication de véhicule à tout le reste porte un nom, le C-V2X. Pour la 5GAA, c’est la première révolution "5G" qui va émerger.

"Une voiture autonome est beaucoup plus sure, mais elle ne prendra pas la décision de passer devant quelqu’un comme un humain le ferait une fois que l’autre conducteur l’a vu, avec le C-V2X, tout ceci est révolu."
Maged Zaki
Directeur du marketing produit et technologie chez Qualcom

Chez Qualcomm, on présente le C-V2X comme une technologie "utilisant la technologie de la 5G, mais sans besoin d’infrastructure", les voitures peuvent communiquer entre elles sur le modèle du Peer 2 Peer. Avec ce genre de technologie, même en rase campagne, les voitures communiquent entre elles. D’un point de vue sécurité, les gains sont énormes.

Imaginez qu’une voiture arrive inopinément dans votre trajectoire, les deux voitures seront connectées et éviteront l’accident. Si vous devez freiner bloc, la voiture derrière vous sera directement prévenue pour réagir de manière quasi simultanée.

"Une voiture autonome est beaucoup plus sure, mais elle ne prendra pas la décision de passer devant quelqu’un comme un humain le ferait une fois que l’autre conducteur l’a vu, avec le C-V2X, tout ceci est révolu", nous détaille Maged Zaki, directeur du marketing produit et technologie chez Qualcom. La question du contact visuel est en effet réglée avec des voitures autonomes qui communiquent entre elles. À un carrefour américain typique avec 4 stops américains, les voitures décideront elles-mêmes qui passe en premier.

"C’est maintenant qu’il faut faire du développement sur la 5G, la technologie est là, mais il manque encore le développement réseau."
Arantxa Alonso
Managing director de Xmoba

Maxime Flament explique que très rapidement cette technologie pourrait permettre à deux véhicules de rouler en train en communiquant entre eux. Une belle évolution du cruise control adaptatif. "La seule chose que vous avez besoin, c’est que le véhicule devant soit connecté", dit Flament.

Les constructeurs sont en tout cas dans les startings blocs. Chez Seat, on travaille ainsi d’arrache pied à trouver les scénarios d’usage de cette connectivité 5G. "C’est maintenant qu’il faut faire du développement sur la 5G, la technologie est là, mais il manque encore le développement réseau", dit Arantxa Alonso managing director de Xmoba, la filiale d’incubation de Seat, toujours à la recherche de bonnes idées à acheter ou à développer.

Seat a eu une expérience pilote avec la 5G de Telefónica à Ségovie en conditions réelles. En utilisant le peu de latence de la technologie, des caméras intelligentes récoltaient les informations sur les piétons qui étaient en train de traverser et avertissaient les voitures qui tournaient s’il y a des piétons. "La voiture avec tous ces senseurs voit déjà tout ce qui se passe autour d’elle, mais elle n’est pas capable d’anticiper ce qui se passe dans deux kilomètres, où derrière un bâtiment après le tournant", abonde Leyre Olavarrìa, manager des voitures connectées chez Seat.

"Nous sommes la première compagnie en Europe à réaliser un test en conditions réelles de la 5G dans le trafic. C’est une façon d’être prêts pour le futur quand le réseau sera prêt. C’est aussi une manière d’apprendre comment amener toutes ces informations au conducteur", ajoute-t-elle.

Elle prévient que certes le C-V2X est une belle technologie, mais qu’il ne s’agit pas encore de 5G à proprement parler qui demandera des investissements colossaux.

Indispensable ? 

Mais la 5G est-elle vraiment indispensable pour ces nouvelles technologies? Vous pouvez toujours utiliser le LTE tant que l’on parle de 1% voire de 10% de la flotte, mais quand on parle de 50% de la flotte et qu’il faut délivrer tous ces messages aux voitures sur la route, là ça devient compliqué pour les opérateurs mobiles.

Surtout que si l’on parle de sécurité, un autre besoin se fera de plus en plus présent dans des voitures autonomes, celle du divertissement à bord. Et la diffusion très haute définition de programmes va elle aussi être très gourmande en bande passante.

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