Carglass dope le moteur de D'Ieteren mais le cash limite sa puissance

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Grâce à Belron, D’Ieteren a relevé ses prévisions pour 2019. Mais, le risque de réinvestissement portant sur le milliard d’euros en caisse pèse sur le titre.

Une quarantaine de jours après le départ surprise de son CEO Axel Miller pour divergences de vue stratégiques, D’Ieteren prend à nouveau les marchés de court. Mais positivement, cette fois.

Dans un "trading update", publié jeudi après Bourse, le groupe de distribution automobile, qui entend se profiler davantage comme société d’investissement, a relevé ses prévisions de résultats pour l’ensemble de l’exercice en cours. Il table désormais sur une croissance d’au moins 25% de son résultat consolidé ajusté brut contre "une amélioration à deux chiffres" prévue initialement. C’est grâce à la performance de Belron (Carglass), surtout aux Etats-Unis, que D’Ieteren a revu ses perspectives à la hausse.

La Bourse a salué cet optimisme, l’action D’Ieteren grimpant de plus de 7% en matinée. Depuis le début de l’année, le titre est toutefois à la traîne avec un gain limité à 11% alors que le marché s’adjugeait 16% sur le même temps.

Lourde décote

"D’Ieteren se négocie avec une décote bien en dessous de 30%, constate David Vagman d’ING ("conserver"; 43 euros), le marché appliquant une décote de 100% sur le cash du groupe." L’analyste trouve cela sévère, mais il s’agit là du reflet de l’aversion des investisseurs face aux risques liés aux réinvestissements et face au "track record" mitigé des investissements, explique-t-il. "Mais c’est plus que compensé par de solides résultats opérationnels."


Nathalie Debruyne de Degroof Petercam constate que Belron (détenue à 54%) fonctionne désormais à pleine vitesse, l’Amérique du Nord étant un moteur de croissance solide qui dégage environ 50% des revenus. Suivant la méthode de la somme des parties pour la valorisation de la société, l’analyste applique une décote de 20% qui reflète l’aspect de conglomérat et le risque de réinvestissement lié aux liquidités en caisse (un milliard d’euros).

Elle a également adapté son modèle et mis à jour ses estimations ce qui a abouti à une valeur de 43 euros qui est désormais son nouvel objectif de cours (contre 38 euros avant). Elle reste à "accumuler" sur la valeur.

Quid du nouveau CEO?

Cédric Duinslaeger de KBC Securities ("acheter"; 50 euros), constate, pour sa part, que le "trading update" offre une vue variée avec Belron qui surperforme clairement, D’Ieteren Auto qui progresse comme prévu et Moleskine qui est à la remorque. Et pointe ce que l’on ne trouve pas dans le communiqué de D’Ieteren, à savoir des informations sur le remplacement d’Axel Miller et sur ses investissements potentiels.

De son côté, Kepler Cheuvreux salue également la forte performance de Belron qui confirme son opinion positive sur D’Ieteren. Il maintient son conseil à "acheter" et son objectif de cours à 50 euros.

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