D'Ieteren plus optimiste que les analystes grâce à Belron

Francis Deprez, le CEO de D'Ieteren, peut se réjouir de la bonne forme de Belron. ©Saskia Vanderstichele

Grâce à ses pare-brises, l'année 2019 de D'Ieteren s'est avérée être un très bon cru. Pour 2020, D'Ieteren s'attend à 25% de hausse de son profit avant impôts.

2019 fut une très bon cru pour D’Ieteren. Le profit ajusté de la société avant impôts est en hausse de 39,8% à 300,7 millions d’euros. Le consensus des analystes tablait sur une progression de 39%. Cela permet au management de D’Ieteren d’augmenter le dividende de 15% à 1,15 euro par action.

15%
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D’Ieteren va augmenter son dividende de 15%, à 1,15 euro par action.

D'Ieteren est aussi très optimiste pour 2020. Le consensus envisage une croissance de 19% pour D'Ieteren et de 24% chez Belron. Francis Deprez et Arnaud Laviolette, les CEO et CFO du groupe actif dans la distribution automobile, anticipent une progression du profit ajusté de la société avant impôts de 25% en 2020 et de 35 à 40% chez Belron.

Et n’allez pas trop parler de coronavirus aux dirigeants qui n’y voient visiblement pas un risque majeur pour leurs affaires. "Nous avons pris des mesures au niveau de l’approvisionnement. Un quart de nos pare-brises viennent de Chine nous avons donc réajusté nos stocks afin d'en avoir suffisamment pour passer l’été", dit Deprez. La société a également pris des mesures pour protéger ses équipes, mais "il n’y a pas d’impact significatif pour le moment sur les affaires", ajoute Laviolette.

Pare-brise recalibré

"Tout est au vert chez Belron qui a vu ses ventes augmenter de 10,1% et les bénéfices de 86%, une progression 4 fois plus grande qu’en 2018", sourit Francis Deprez. C’est d’autant plus remarquable qu’un hiver plus doux a pesé sur les volumes. Mais Belron profite de la très bonne forme de ses activités aux États-Unis".

"Il y a encore une marge de progression pour Belron. Pas mal de programmes dans « Fit for grow » n’ont pas encore délivrés leur effets."
Francis Deprez
CEO de D'Ieteren

La croissance organique de Belron est de 7,5%. La société profite d'un "mix produits" plus favorable avec des pare-brises en moyenne plus chers. "Le recalibrage a amené à lui seul 2% de croissance", indique M. Laviolette. Le recalibrage des pare-brises a augmenté de 112% d’une année à l’autre. Il ne faut néanmoins pas s’attendre à ce que cette activité double chaque année. La spectaculaire hausse de 2019 est aussi due au fait que l’essentiel du réseau Belron est désormais équipé pour ce type d’opération aux marges intéressantes...

La marge opérationnelle de Belron est passée de 5,9% en 2018 à 9,5% en 2019. "Il y a encore une marge de progression. Pas mal de programmes n’ont pas encore délivré leurs effets", nous répond Francis Deprez.

La progression de D’Ieteren Auto est plus raisonnable avec un profit avant impôts en hausse de 5,3%. "Le marché de l’auto était en baisse de 2,5% contre 5% attendu en début d’année. Le marché va encore baisser d’un nombre à un chiffre en 2020, selon nos prévisions, mais on veut augmenter notre part de marché", détaille Francis Deprez. Déjà en 2019, presque toutes les marques importées par D’Ieteren avaient gagné des parts de marché, mis à part Porsche. La marge opérationnelle est de 3,3% dans ce secteur.

Le carnet dans la chaussure

Seule ombre au tableau pour D'Ieteren: sa plus petite filiale, Moleskine. Les résultats sont en dessous des attentes que ce soit en termes de ventes (-5,9%) et de profit opérationnel (-35%). D'Ieteren, qui table timidement sur une stabilisation des ventes de Moleskine en 2020, a donc remercié discrètement le CEO Lorenzo Viglione en novembre. 

Le nouveau CEO prendra ses fonctions en avril. "Il sera important de redéfinir une croissance à ce moment-là", dit le management. Sur les entre-faits, D'Ieteren a décidé que la valeur de Moleskine n'était pas juste dans ses comptes (plus de 500 millions) et a donc acté une réduction de valeur de 103 millions d'euros sur cette filiale. 

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