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interview

Deux deals en quatre jours et D’Ieteren Group a encore faim

C'est l'heure des bonnes nouvelles pour Francis Deprez deux ans après sa nomination comme CEO de D'Ieteren Group. ©Saskia Vanderstichele

La mégavalorisation de Belron et l'achat de 40% de TVH Parts ont mis D'Ieteren Group au centre de l'actualité. Le CEO Francis Deprez, reste à la recherche de nouveaux investissements.

Depuis deux semaines, les choses s’emballent pour le groupe D’Ieteren. Depuis la vente d'Avis Europe en 2011 et la vente de 40% de Belron à Clayton Dubilier & Rice (CD&R) en 2017, les caisses du groupe de la rue du Mail à Ixelles débordaient.

Après des années à avoir épluché des centaines de dossiers, c’est finalement TVH Parts qui deviendra la cinquième jambe de la société familiale, à côté de l’Auto, Moleskine, l’Immobilier et Belron.

Quelques jours après ce deal. C'était à Belron, maison mère de Carglass de faire l'actualité. Elle vient de se trouver trois nouveaux actionnaires. Des noms ronflants comme Blackrock, Hellman & Friedman ou GIC ont racheté 13% de la société. CD&R reste actionnaire à 24% de Belron. D’Ieteren garde le contrôle de la société valorisée à un impressionnant 17,2 milliards d’euros. De quoi faire flamber l’action D’Ieteren Group en séance ce mercredi.

À la manœuvre depuis deux ans du groupe familial, Francis Deprez, le CEO originaire de Flandre-Occidentale est en train de façonner le groupe bicentenaire pour les prochaines décennies. Il est appuyé par la famille et le président Nicolas D’Ieteren de la septième génération en particulier.

"Nous n’avions pas prévu deux annonces pareilles à quelques jours d’intervalles. Ce sont les circonstances."
Francis Deprez
CEO de D'Ieteren Group

"Jolly July"

Francis Deprez nous reçoit dans les bureaux qui semblent figés dans le temps à deux pas du Châtelain. Les sourires sont de mises. Les deux dernières semaines ont été fastes. "Vous ne pouvez pas prévoir le timing. Ce sont les circonstances. Nous n’avions pas prévu deux annonces pareilles à quelques jours d’intervalle et de vivre une sorte de 'Jolly July'", abonde Deprez.

"Sur une année, vous voyez une centaine de dossiers passer. Pour certains, vous allez plus en profondeur; pour d'autres moins. Je suis relativement stoïque par rapport à ça. Les statistiques sont contre vous. Beaucoup de gens veulent investir et il y a peu d’opportunité. Nous n’avons jamais voulu nous fixer de date. Car la pression sur le timing amène de mauvaises décisions."

"Les statistiques sont contre vous. Beaucoup de gens veulent investir et il y a peu d’opportunité."
Francis Deprez

On lui fait remarquer que le niveau de prix actuel joue plutôt en la défaveur d'un groupe comme D'Ieteren. Certaines discussions ont en effet tourné court à cause de prix excessifs, d'autres parce que des candidats étaient prêts à mettre plus sur la table.

Trouver la perle rare était compliqué. Surtout que le cahier des charges est précis à la rue du Mail. La quinzaine de personnes qui s'occupe de ce volet "investissements" cherche avant tout des investissements de long terme, dans des sociétés qui ont un positionnement unique leur permettant d'être ou de devenir leader de leur domaine.

Ceci pousse peut-être d'ailleurs naturellement vers des familles d'entrepreneurs. Dans le dossier TVH Parts, c'est clairement deux familles qui se sont tapé dans la main les Thermote et les D'Ieteren pour s'associer vers un avenir à 50 ou 100 ans comme le dit Francis Deprez. "Le fait que ce soit de famille à famille aide, car ils peuvent se regarder dans les yeux", dit-il.

Chez Belron, les Lubner, la famille du CEO actuel Gary Lubner, sont actifs dans la société depuis un siècle.

Mandat de diversification

N'appelez plus le groupe "D'Ieteren" qui est la marque de la division Auto, mais D'Ieteren Group, le nouveau nom officiel du holding familial. "Nous sommes une société d’investissements contrôlée par une famille. Notre but est de devenir une famille d’entreprises. La stratégie n'a pas changé avec TVH Parts", dit Deprez.

"Avoir beaucoup d'investissements aurait peut-être du sens pour diversifier le risque, mais il serait plus difficile d'avoir assez d'énergie humaine et de focus pour les accompagner dans leur développement."
Francis Deprez

Comprenez que le groupe D'Ieteren a encore faim d'investissements et a encore les moyens pour de nouvelles cibles. "On n'ira pas vers 15 entreprises. Nous voulons être dans des entreprises auxquelles nous pouvons offrir un  engagement et un soutien à long terme. Avoir beaucoup d'investissements aurait peut-être du sens pour diversifier le risque, mais il serait plus difficile d'avoir assez d'énergie humaine et de focus pour les accompagner dans leur développement."

Les recherches d'acquisition se focalisent sur quatres domaines d'activités ou "visvijvers" comme les appellent Francis Deprez.

Il y a évidemment l’automobile et la mobilité. Il y a aussi les "business services". C'est dans cette catégorie que Deprez place Belron et TVH Parts comme il s'agit d'une "offre de services B2B2C ou B2B". "C’est un domaine dans lequel nous nous sentons très à l’aise. C’est décentralisé avec beaucoup de pays. Si vous avez des concepts qui fonctionnent vous pouvez les faire monter en puissance et les déployer dans d’autres zones géographiques."

Mais le groupe D'Ieteren regarde aussi vers l'industrie, un secteur où on l'attend moins. Enfin, et Moleskine en est un exemple, D'Ieteren regarde vers le 'lifestyle and services'. "Nous pensons que la valeur d’une marque est importante."

Avec la diversification au cœur de la stratégie de D'Ieteren Group, tout ne fonctionne pas toujours non plus. Il a fallu revoir la copie pour Moleskine, par exemple, qui a "voulu faire trop de choses en même temps". Le timing de la vente de 40% de Belron en 2017 suscite des commentaires mitigés, car Belron ne s'est jamais mieux porté qu'aujourd'hui. Mais pour Francis Deprez, c'est justement cette vente qui a "mis en place cette nouvelle dynamique".

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