"C'est un complot, un coup de poignard dans le dos", le message vidéo de Ghosn

©AFP

Dans une vidéo diffusée ce jour, Carlos Ghosn clame son innocence et se défend. Il parle de "complot", de "trahison".

Une vidéo de Carlos Ghosn a été diffusée ce matin par les avocats japonais de l'ex-homme fort de Renault-Nissan. La vidéo a été enregistrée juste avant sa nouvelle arrestation de Ghosn la semaine dernière.

Il porte une veste noire et une chemise blanche. Ses mains sont croisées devant lui. Le visage amaigri, il regarde la caméra en face et parle d'une manière saccadée. Ses cheveux semblent plus gris qu'avant son arrestation l'an dernier.

"Je suis innocent, voilà mon premier message. Ce n'est pas nouveau, vous l'avez déjà entendu de moi: je suis innocent de toutes les accusations portées contre moi."

Dans ce document, Carlos Ghosn se défend et attaque les accusations de malversations. Il accuse aussi les dirigeants de Nissan de "trahison"; parlant d'agissements dans leurs propres intérêts et d'égoïsme.

Carlos Ghosn's Video Message

"Ce n'est pas une histoire de cupidité, de dictature d'un homme. C'est une histoire de complot, de conspiration, de trahison", déclare l'ancien PDG de Renault-Nissan dans ce message. Les noms des responsables désignés par Ghosn ont été coupés au montage, sur demande de ses avocats.

"Il s'agit d'un complot. Il ne s'agit pas de cupidité ou de dictature, mais d'un complot, c'est un complot, c'est d'un coup de poignard dans le dos."

Dans la vidéo, Carlos Ghosn fait aussi part de ses craintes quant à un déclin des performances de Nissan et du manque de vision pour l'alliance Renault-Nissan.

"Il s'agit d'un complot. Il ne s'agit pas de cupidité ou de dictature, mais d'un complot, c'est un complot, c'est d'un coup de poignard dans le dos."
Carlos Ghosn

"On craignait que la prochaine étape de l'alliance en termes de convergence et d'orientation vers une fusion ne menace, d'une certaine manière, certaines personnes, voire à terme, l'autonomie de Nissan."

La vidéo a été présentée lors d'une conférence de presse de ses avocats. L'expression "toutes ces accusations" porte sur les motifs pour lesquels il est déjà inculpé et non sur les raisons pour lesquelles il a de nouveau été arrêté (détournement de fonds via Oman), car il ignorait auparavant quelles seraient les nouvelles accusations exploitées par les procureurs, a précisé son avocat principal, Junichiro Hironaka. Il annonce par ailleurs son intention de déposer mercredi un recours devant la Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client.

Junichiro Hironaka, l'avocat de Carlos Ghosn ©EPA

"Il est clair que M. Ghosn ne peut pas détruire de preuves ni s'enfuir, c'est pour cela qu'il avait été libéré sous caution (le 6 mars), donc on ne peut pas dire que cela a changé et l'arrêter sous ce prétexte. Si la procédure via la Cour suprême n'aboutit pas, nous déposerons un recours contre une éventuelle nouvelle extension de sa garde à vue", au moment de l'échéance de la période en cours, soit le 14 avril.

La France a pour sa part appelé le Japon à respecter la présomption d'innocence et les droits de Carlos Ghosn.

Quatre inculpations

L'interpellation surprise le 19 novembre de Carlos Ghosn à Tokyo a précipité la fin de carrière de celui qui pilotait la plus importante alliance automobile mondiale, Renault, Nissan et Mitsubishi Motors.

Libéré début mars sous caution moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros), le patron naguère tout-puissant a été de nouveau arrêté jeudi dernier à son domicile de Tokyo.

Le Franco-Libano-Brésilien, âgé de 65 ans, se trouve depuis au centre de détention de Kosuge (nord de la capitale), où il avait déjà passé plus de 100 jours.

Cette fois, le parquet le soupçonne d'avoir transféré des fonds de Nissan à une société "de facto contrôlée par lui", via un distributeur de véhicules du constructeur japonais à l'étranger. Il s'agit du sultanat d'Oman, selon une source proche du dossier.

Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations:
• deux pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières
• une pour abus de confiance

Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008.

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