L'effet des tests sur les voitures de société reste modeste, pour l'instant

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Les augmentations de taxes des voitures de société liées aux nouveaux tests automobiles ne vont pas exploser, mais le secteur va faire face à de nombreux casse-tête dans les mois qui viennent.

C’est le grand chamboulement qui s’annonce dans la taxation des voitures de société. Dès le 1er septembre, tous les véhicules neufs devront afficher les nouvelles données de CO2 basées sur un nouveau test, le WLTP (Worldwide Harmonized Light véhicules Test Procedures). De ce résultat, un autre score de CO2 par kilomètre sera calculé, un "NEDC corrélé" ou NEDC 2.0 comme on l’appelle aussi. Il s’agit d’un score découlant du WLTP visant à pouvoir comparer les véhicules au test NEDC (New European Driving Cycle) précédent.

Depuis septembre dernier, tous les nouveaux modèles homologués en Europe doivent afficher ce score WLTP.

Depuis septembre dernier, tous les nouveaux modèles homologués en Europe doivent afficher ce score WLTP. À partir de septembre prochain, toutes les nouvelles ventes de voitures neuves immatriculées pour la première fois (avec une tolérance équivalente à 10% des ventes pour les stocks pendant un an) devront également afficher un score homologué WLTP et un score NEDC corrélé.

Comme les associations sectorielles automobiles le communiquaient vendredi passé, le législateur belge a choisi ce score NEDC 2.0 pour la taxation belge jusqu’au moins la fin 2020. Si l’effet est évidemment bien moindre que si le nouveau score WLTP était appliqué, il y aura néanmoins une légère adaptation des taxes payées par les nouveaux acquéreurs de voitures de société immatriculées dès septembre.

Certains jouent la transparence

Selon la Febiac, la Fédération belge de l’industrie automobile et du cycle, la différence ne sera qu’en moyenne de 5 à 10 grammes de CO2 par kilomètres. Ce qui n’aura un impact que de quelques dizaines d’euros en avantage de toute nature par mois. BMW et Volvo ont voulu jouer la transparence et ont déjà publié les scores NEDC corrélés de tous leurs véhicules. En coulisses, plusieurs sources s’attendent à ce que les autres marques aient des scores WLTP et NEDC bien plus mauvais que ceux de ces 2 marques.

Chez BMW, une X1 diesel qui affichait de 104 à 109 g/km affichera désormais selon ses versions, de 114 à 118 grammes en NEDC 2.0.

Chez BMW, une X1 diesel qui affichait de 104 à 109 g/km affichera désormais selon ses versions, de 114 à 118 grammes en NEDC 2.0. Une X1 essence (sDrive18i) passe de la même manière de 121-124 g/km à 132-133 g/km. La X1 est la cinquième voiture de société la plus vendue en 2018 avec 2.484 immatriculations rien que dans ce segment.

Les différences en termes de taxation d’ici 2021 restent donc modestes comme le montre notre graphique ci-contre avec les exemples Volvo. " Toutes nos voitures, mis à part la XC90 T8 restent déductibles pour les sociétés au même niveau qu’auparavant", insiste d’ailleurs René Aerts, en charge de la communication chez Volvo Belux.

Si Volvo n’a pas de prise directe sur les choix de taxation du gouvernement que ce soit en septembre ou en 2021, on s’y est dit que jouer la transparence était peut-être la meilleure option face à des clients fleet qui ne veulent "pas s’engager tant qu’ils ne savent pas sur quel pied danser et qui choisissaient souvent de prolonger leur contrat actuel en attendant", dit René Aerts.

La Febiac voit déjà toute une série de chiffres arriver chez elle pour les pré-immatriculations et elle a calculé cette augmentation moyenne de 5 à 10 grammes de cette manière. Pourtant, certaines voitures affichent déjà des différences de 30 grammes en NEDC corrélé. Mais à l’inverse, on a des surprises. "Certains véhicules affichent des résultats plus bas en NEDC 2.0 qu’en NEDC", explique Joost Kaesemans, directeur communications à la Febiac.

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Casse-tête WLTP

Chez les constructeurs automobiles, les centres de recherche travaillent d’arrache-pied. Le nouveau test WLTP redistribue les cartes, certains modèles vont avoir des bons résultats, d’autres beaucoup moins. Pour chaque modèle ou motorisation avec des mauvais résultats se poseront donc des questions essentielles.

"Dans le WLTP, il faut tester beaucoup plus. La procédure est bien plus complexe."
Joost Kaesemans
Directeur communications à la Febiac

Cela vaudra-t-il la peine de réinvestir dans de l’ingénierie pour améliorer leurs scores ? Vaut-il mieux laisser tomber le véhicule ou une motorisation au regard de ses mauvais résultats? Aujourd’hui, les marques font homologuer leurs voitures dans leur version la plus basique en WLTP. Ensuite, pour obtenir le NEDC 2.0 on applique un facteur correcteur du package pneus et obtient de cette manière le test NEDC 2.0.

Le reste sera pour plus tard. Les tests NEDC ne tiennent pas compte des options et laissaient énormément de marges de manœuvre lors des tests en laboratoires. Avec le WLTP, tout devra être calculé. Chaque voiture aura son score de grammes par kilomètres en fonction de son équipement. "Les marques sont en train d’analyser les packs d’options qu’ils proposent. Un business pack n’est pas le même en France qu’en Allemagne ou en Belgique. Cette analyse par type d’équipement, de pack est d’une très grande complexité", tranche Kaesemans. Comprenez donc que les marques pourraient être tentées de rationaliser au maximum les options et les packs options qu’elles proposent.

Dans les centres d’homologation, c’est en tout cas la file. Chaque équipement devant être traduit en nombre de grammes par kilomètres dans le système WLTP. Volkswagen a communiqué il y a quelques jours que la production de 250.000 de ses voitures au second semestre 2018 serait retardée en raison des tests laboratoires rendus nécessaires par la nouvelle procédure de test.

À cela vient se rajouter un autre casse-tête. L’effet sur la taxation est très différent d’un pays à l’autre. En Allemagne, le CO2 n’intervient pas dans le calcul de la taxation, si bien que ces nouvelles procédures sont moins un problème commercial pour les marques.

Chez nous, la donne est fort différente. "Dans le marché fleet, le nombre de voitures vendues dépend presque à 100% de la conjoncture économique. Par contre, le choix des modèles, de la motorisation ou du carburant dépendra de la fiscalité", explique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen Belgique. VW place trois voitures dans le top 15 des voitures vendues aux sociétés sur les 5 premiers mois de l’année. Des modèles allant de la Golf à la Tiguan jusqu’à la Passat.

Dès septembre, pour toutes les marques, il faudra en tout cas expliquer et réexpliquer aux clients la différence entre les deux scores NEDC 2.0 et WLTP. Et surtout, répondre que la visibilité fiscale s’arrête à fin 2020, c’est certes mieux que la situation précédente, mais cela reste un frein à l’achat.

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