L'heure de vérité pour la voiture électrique belge Ecar

©ecar

Le projet de voitures électriques belges à 3 roues Ecar a pris du retard. La société a besoin de capitaux frais pour finir ses prototypes et son dossier d’industrialisation. Il faudra aussi des fonds de roulement pour la production.

C’est un projet qui avait fait beaucoup parler de lui en 2017 au salon de l’auto. Des entrepreneurs wallons y présentaient l’Ecar 333, une voiture électrique à trois roues appelée à être produite en Belgique. Près de trois ans plus tard, le projet est plus compliqué qu’initialement prévu.

L’entrepreneur Xavier Van der Stappen expliquait en 2017 vouloir signer 50 bons de commandes et arriver à une production de 500 véhicules en 2020. Mais pour l’instant, aucune voiture de série n’a encore été produite. "Je suis toujours optimiste, sinon ça fait longtemps que j’aurais mis la clé sous le paillasson, mais c’est frustrant de voir que les choses ne peuvent pas aller aussi vite que l’on espérait. Mais on ne peut pas lancer la production avant d’avoir bouclé le financement", nous explique le patron d’Ecar, Xavier Van der Stappen.

400.000€
La société estime avoir besoin de 400.000 euros pour notamment finaliser ses prototypes et son dossier d’industrialisation des procédés de production.

Du côté politique, on est évidemment conscient des difficultés que traverse l’entreprise. Interpellé sur la situation par le député cdH Julien Matagne au Parlement mardi passé, le ministre de l’Économie Willy Borsus (MR) le reconnaît. "Malheureusement, en 2019, Ecar est arrivée au bout de son financement par la Région wallonne et, à ce stade, n’a pas encore pu terminer le prototype de son véhicule. Par ailleurs, le partenaire JD’C Innovation s’est retiré du partenariat avec une déclaration de non-exploitation. De plus, le produit Ecar reposait visiblement sur l’hypothèse, l’augure de la commande de véhicules utilitaires évoqués par le gouvernement précédent, laquelle n’a cependant jamais pu être matérialisée."

"Homologué à 80%"

Xavier Van der Stappen nous explique que son prototype est homologué à 80%. Comme il ne s’agit pas d’une voiture à proprement parler, il ne doit pas effectuer de crash test. Châssis, sécurité intérieure et extérieure du véhicule, ceintures de sécurité, etc. la plupart des éléments du véhicule seraient déjà homologués. "Il nous reste un test d’électromagnétique à réaliser", dit l’entrepreneur. Il préférait vendre des voitures en direct notamment aux autorités locales. Car vendre à des particuliers induit beaucoup de frais, qu’ils soient commerciaux ou d’après-vente. Il se demande donc quelle sera la politique wallonne en matière de remplacement de ses véhicules thermiques.

©Saskia Vanderstichele

Willy Borsus a lui rappelé qu’ "Ecar a bénéficié à deux reprises, en 2015 et en 2017, d’aides à la recherche et à l’innovation: en 2015, un projet en coopération avec JD’C innovation à hauteur de 481 000 euros a été financé; en 2017, Ecar a obtenu un complément de l’ordre de 270 000 euros par avenant budgétaire pour terminer la mise au point du prototype."

Chez Ecar, on rappelle que l’argent wallon consistait en une avance remboursable et que les cinq investisseurs ont également mis 700.000 euros. Selon le député Julien Matagne, il manque 400.000 euros pour finir le projet. "Aujourd’hui, pour que ce véhicule puisse entrer sur les chaînes de production, notre entrepreneur wallon a encore besoin de 400.000 euros. Une fois les moyens débloqués – si possible, par les autorités publiques –, le lancement du véhicule pourrait s’opérer très rapidement, c’est la promesse que nous fait cet entrepreneur." Ces 400.000 euro serviront notamment à la finalisation des prototypes et du dossier d’industrialisation. Depuis 2018, Ecar s’est installée chez Carwall, à Sombreffe, société qui fabrique des cabines pour engins de génie civil et aide au procédé d’industrialisation d’Ecar.

Reste maintenant à voir quelle suite aura cette aventure. Xavier Van der Stappen rappelle que sa société a été très économe et n’est pas du tout en situation de faillite. Il va revoir les responsables à la Région wallonne dans les prochaines semaines pour y voir plus clair dans leur stratégie, "pas nécessairement pour demander de l’argent". Van der Stappen a besoin d’un fonds de roulement d’un million d’euros pour passer en production. Chez Ecar, on se laisse jusqu’à février pour décider ce qu’on va faire. En attendant, la société a développé son propre châssis et sa propre carrosserie. Deux développements qu’elle pense pouvoir vendre sous licence à l’international, ce qui peut se faire indépendamment de la production.

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