La Belgique en pointe dans les tests de voitures autonomes

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Notre pays fait partie des 5 premiers européens à se lancer dans une harmonisation pour la voiture autonome et connectée. Certaines avancées sont d’ores et déjà testées.

On avait déjà pu s’en apercevoir lors des tests de conduite en convoi de camions, la Belgique est très ouverte et proactive en ce qui concerne les voitures autonomes et connectées. Ceci est désormais confirmé par la feuille de route des acteurs privés du secteur. Les associations des secteurs télécoms et automobile ont en effet accordé leurs violons au sein de l’Eata, l’Alliance européenne des télécoms et de l’automobile.

"L’idée du projet est de coordonner les initiatives déjà en place dans différents pays sur une échelle européenne", détaille Alessandro Gropelli, directeur de la communication chez Etno, l’association européenne des opérateurs réseaux dans les télécommunications. Des tests de voitures autonomes, de fonctionnalités semi-autonomes, et connectés ont déjà eu lieu dans plusieurs pays européens. Le problème, c’est que les réglementations et les cadres techniques ne sont pas toujours les mêmes entre les pays et rendent donc les tests transfrontaliers plus compliqués.

Les camions en convoi où seul le premier chauffeur conduit et les autres suivent ont déjà été testés sur nos routes. ©Photo News

Des trucks roulant en convois, avec un camion de tête qui pilote l’entièreté du convoi de camions, ont, malgré ces problèmes, déjà traversé des frontières y compris celle de la Belgique vers les Pays-Bas

Concrètement, la feuille de route concerne déjà le test de nombreuses fonctionnalités autonomes et/ou connectées dès 2017, comme le "Highway chauffeur", sorte de pilote automatique que l’on peut enclencher sur l’autoroute et que beaucoup de constructeurs automobiles, qu’ils soient allemands, français ou autres ont déjà testé avec succès. L’occasion également de tester plusieurs avancées en matière de réseaux télécoms, parties intégrantes de la voiture connectée.

Dès 2018, des tests plus avancés, de conduite automatisée capables de passer les frontières, et de fonctions comme le valet de parking automatique qui va garer et ramener votre voiture pour vous, seront également mis en pratique.

La Belgique pionnière

Neuf opérateurs téléphoniques, 13 groupes automobiles et cinq pays font déjà partie du projet. À côté de la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et l’Espagne sont aussi de l’aventure.

La Commission européenne a bon espoir de pouvoir ajouter d’autres pays rapidement à la liste des pays collaborant en matière de véhicules connectés et autonomes. "La Belgique a toujours été à l’avant-garde en matière de télécoms, on le voit avec l’investissement de Proximus dans le ‘Fiber-to-the-Home’ et il semble que ce soit aussi le cas dans la conduite autonome", dit Alessandro Gropelli.

"Les données sont anonymes, on doit pouvoir les utiliser."
Alessandro Gropelli
dircom d’Etno

Crainte de la législation

Mais les secteurs des télécoms et de l’automobile craignent que la législation européenne soit un frein au développement de la voiture autonome et connectée. Ce qui est notamment crucial pour eux est de pouvoir utiliser les données générées par ces voitures. "Les services innovants et l’analyse de données seront les moteurs de la connectivité automobile et de l’automatisation. Par conséquent, l’UE devrait éviter une réglementation excessive de la vie privée et assurer la circulation efficace des données", plaide-t-on au sein de l’Eata. Les données sont déjà anonymes il n’y a pas besoin de sécuriser une deuxième fois, estiment Alessandro Gropelli et les associations sectorielles.

Cette feuille de route de l’Eata arrive en plein Mobile World Congress de Barcelone et ce n’est pas un hasard. Les smartphones et les voitures n’ont jamais été aussi proches alors que de plus en plus de valorisation devrait se faire à l’avenir des applications et services intégrés aux voitures. Une connectivité, non sans rappeler les smartphones où une bonne partie de la monétisation est générée par les services additionnels au sein des téléphones portables. "Avant 2015, on ne travaillait pas ensemble de manière extensive", se rappelle Alessandro Gropelli de chez Etno.

La majorité des constructeurs travaille d’arrache-pied sur ces nouveaux services de voitures autonomes et connectées. Pas une semaine ne passe sans qu’une annonce dans le domaine ne soit communiquée. Rien que cette semaine, Renault-Nissan a indiqué travailler avec Transdev pour "développer ensemble un système de flotte de véhicules autonomes".

Dans le même temps, la marque Peugeot a dévoilé son concept car Instinct, un véhicule autonome et connecté aux objets que la marque française a dévoilé en plein Mobile Congress. La preuve s’il en fallait que télécoms et automobile soient deux mondes qui ne cessent de se rapprocher les uns des autres.

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