La Wallonie veut produire 50.000 voitures électriques par an

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La Sogepa va injecter 150 millions dans la filiale européenne du constructeur automobile chinois Thunder Power. Cet accord doit sceller l’arrivée d’une usine de montage de voitures électriques sur l’ancien site de Caterpillar à Gosselies.

Les investisseurs chinois se pressent en Wallonie cette semaine… Après la visite de Jack Ma, le patron du géant de l’e-commerce chinois, reçu en grande pompe par le Premier ministre Charles Michel (MR) à Bruxelles mardi pour confirmer un "gros investissement" dans un hub logistique mondial à Liège, les émissaires chinois de Thunder Power négocient dans la plus grande discrétion depuis le début de semaine les dernières lignes du contrat qui permettra à la Wallonie d’accueillir une ligne de production de voitures électriques sur l’ancien site de Caterpillar à Gosselies.

650 emplois en 2020

Déjà évoqué depuis quelques mois, le dossier Thunder Power a franchi une étape cruciale ces derniers jours. Entre les rencontres organisées entre des émissaires chinois et le ministre régional de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) lundi et la relecture de certains détails du contrat ces dernières heures, le conseil d’administration de la Sogepa a approuvé mercredi de participer à hauteur de 150 millions d’euros dans le financement de la création de Thunder Power Belgium et l’implantation d’une usine de véhicules électriques sur le site de Caterpillar.

Le SUV de Thunder Power présenté cette année au salon de Francfort ©BELGAIMAGE

"Cette décision ambitieuse de notre conseil d’administration va nous permettre de poursuivre et finaliser les négociations en cours avec Thunder Power afin d’aboutir à la constitution de la filiale Thunder Power Belgium. Dans ce cadre, nous allons proposer une offre liante à Thunder Power pour le 15 juillet au plus tard", explique Renaud Witmeur, président du comité de direction.

Initié dans le cadre de la reconversion du site de 100 hectares situé à l’entrée nord de Charleroi et à quelques kilomètres de l’aéroport de Gosselies, le dossier de Thunder Power se définit par de nombreux acteurs du dossier "comme un formidable projet entrepreneurial".

Capté par les scouts de la Région wallonne et les experts de la cellule de reconversion Catch de Charleroi il y a plusieurs mois, le fabricant chinois cherchait à installer une usine de fabrication de voitures en Europe dans le cadre de son expansion mondiale.

Basé à Hong-Kong, Thunder Power n’est d’ailleurs pas un véritable inconnu en Europe. Il a déjà un centre de recherche et développement en Italie, à Milan. En Chine, outre le site de Guangzhou, il a aussi une usine d’assemblage de batteries à Taïwan.

Des responsables wallons se sont déjà rendus dans les usines chinoises de Thunder Power. ©Document

Candidat privilégié depuis le départ brutal de Caterpillar, le site de Gosselies devrait ainsi accueillir un centre de recherche et de développement, un studio de design, un centre administratif et marketing ainsi qu’une ligne de production et d’assemblage.

D’après les informations qui circulent, les premières voitures sortiront des lignes de montage de Gosselies en 2020. "On parle de 2.000 voitures par an et la création de 650 postes", confirme le cabinet du ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet.

Le projet chinois est cependant plus ambitieux et les prévisions optimistes évoquent une production annuelle de 50.000 voitures électriques par an en vitesse de croisière après 2025. "Il s’agit d’une réelle opportunité d’inscrire la Wallonie dans une industrie d’avenir. Le caractère structurant d’une telle activité pour l’écosystème wallon et le potentiel de création d’emplois à terme sont importants, Thunder Power envisageant de faire appel à un réseau de sous-traitants locaux de plus de 200 entreprises", insiste le ministre Jeholet.

Actionnaire à 5%

L’accord financier qui se dessine entre la Sogepa et les chinois de Thunder Power s’inscrit "dans le cadre de la levée de fonds de 600 millions de dollars à destination du projet en Chine et en Europe", souligne la Sogepa qui précise que 300 millions d’euros concernent le développement du projet européen entre 2018 et 2020. à côté d’autres investisseurs, les 150 millions de la Wallonie seront exclusivement réservés au développement européen et seront débloqués en plusieurs phases.

Cette mise de fonds de 150 millions fera de la Région wallonne un actionnaire important de la filiale Thunder Power Belgium avec un siège au sein du conseil d’administration.

Les choses devraient cependant évoluer après deux années au moment où la maison mère organisera une mise en Bourse de l’ensemble de ses activités. Valorisée à 3 milliards, Thunder Power a ainsi expliqué aux émissaires wallons qu’elle envisageait "de faire une IPO sur une place boursière majeure dans les deux ans", précise une source. Si une telle opération pourrait diluer la participation des Wallons, la Sogepa estime qu’elle possédera toujours 5% de l’ensemble après la mise en Bourse du capital de Thunder Power.

Le cabinet du ministre Jeholet insiste, lui, pour dire que chacune de ces phases sera "conditionnée par des objectifs à atteindre et afin d’assurer qu’à chaque euro investi par la Région en Belgique, un euro soit investi par Thunder Power en parallèle. Thunder Power apporterait ensuite seul le montant complémentaire de 105 millions d’euros".

Option d’achat sur le foncier

Concernant le terrain de 100 hectares, véritable trésor de guerre des Carolos obtenu après le départ de Caterpillar, il fait l’objet d’une convention annexe.

D’après nos informations, l’activité de Thunder Power devrait occuper les trois quarts du site et, comme le confirme une source au sein de la Sogepa, "une option d’achat sera consentie et applicable quand on sera certain que le projet sera un succès". La Région wallonne a néanmoins prévu de se protéger en incluant un droit pour racheter le foncier "s’il devait y avoir un échec ultérieur".

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