Le Belge est toujours plus friand du haut de gamme automobile

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BMW, Mercedes et Audi représentent plus d’une immatriculation sur cinq.

Année après année, une tendance se dessine sur le marché automobile belge:le premium n’en finit plus de progresser. Ensemble, les marques Mercedes-Benz, BMW et Audi ont écoulé 112.918 véhicules positionnés haut de gamme en 2017, soit plus d’une immatriculation sur cinq en Belgique.

Des chiffres qui ne tiennent pas compte des Volvo, Jaguar, Alfa Romeo, DS, Mini, Land Rover, Tesla, Lexus et des marques de grand luxe qui viennent gonfler le marché des voitures haut et très haut de gamme de près de 50.000 unités sur l’année. Au total, les voitures premium ou de luxe représentent 29% du marché.

L’année automobile en général ne se termine pas comme elle a commencé. Le mois de décembre a été compliqué avec des immatriculations auto en baisse de 16,26%, soit 5.451 voitures de moins qu’en décembre 2016. Résultat, la progression du secteur est légèrement revue à la baisse avec un marché en hausse de 1,3% sur l’année.

À la Febiac, la fédération belge de l’automobile et du cycle, on ne veut néanmoins pas bouder son plaisir. Certes, décembre a été un mois en repli, mais 2017 dans son ensemble est un bon cru. C’est tout bonnement la troisième meilleure année de l’histoire de l’automobile belge.

Il faut dire que traditionnellement, le mois de décembre est relativement modeste dans les immatriculations annuelles. Cette année, il ne représente qu’un peu plus de 5% des immatriculations annuelles.

Artificiellement plus jeune

Un phénomène bien connu veut que des clients attendent 2018 pour immatriculer un véhicule neuf pour lui "faire gagner un an", ce qui est intéressant pour la valeur du véhicule. On sait également que le salon de janvier arrive et que de nombreux clients temporisent donc en fin d’année.

Chez Mercedes qui affiche -28% en décembre malgré une très bonne année dans son ensemble, on remarque que janvier 2017 a été en progression de 30%, alors que le mois de décembre 2016 avait été en contraction de 16% également. Une analyse qui pourrait laisser entendre que de plus en plus de véhicules sont immatriculés en janvier plutôt qu’en décembre.

À la Febiac, on estime en tout cas que la tendance positive devrait continuer en 2018. "Il nous revient de nos membres que 2018 devrait être à nouveau une bonne année stable voire en progression", nous explique Christophe Dubon, PR à la Febiac.

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Destins divers

"Nous avons diminué le nombre d’immatriculations tactiques."
Jean-Paul Renaux
Directeur Benelux de Renault

Renault a enregistré un net recul de ses immatriculations en décembre (-35,24%). "Nous avons diminué le nombre d’immatriculations tactiques", nous expliquait à ce titre il y a deux bonnes semaines Jean-Paul Renaux, le patron de Renault Benelux. Il s’agit de ces "fausses immatriculations" radiées dans le mois suivant par le réseau ou l’importateur. Une pratique qui a tendance à fausser les chiffres et que Renault utilisait pas mal par le passé.

Sur l’année, Renault perd 4.922 immatriculations. Une contraction de 8,81% qui n’empêche pas la marque de rester numéro un en Belgique. Comme d’habitude, Renault se dispute la première place avec Volkswagen qui a vu ses ventes se contracter de 4,83% qui reste donc bon deuxième.

Derrière les deux premières places, l’histoire est intéressante. BMW continue son incroyable ascension et remporte facilement la troisième place du classement général toutes marques confondues. "Les voitures de société y sont pour beaucoup, mais les particuliers aussi. Les Belges aiment les marques premium", explique Christophe Weerts, directeur communication de BMW.

Sur l’année, le constructeur bavarois a dépassé les 42.000 immatriculations en Belgique et totalise 7,72% de parts de marché. "Il y a 20 ans, personne ne nous croyait quand on disait que BMW allait faire plus de 5% de parts de marché", explique Christophe Weerts, directeur communication chez BMW Belux. "Notre gamme s’est élargie. Aujourd’hui, nous allons concurrencer les Opel Zafira, les Citroën Picasso, les Ford C-Max et consorts."

Sur l’année, le constructeur premium a dépassé les 42.000 immatriculations en Belgique et totalise 7,46% de parts de marché. Son rival Mercedes-Benz compte environ 5.000 voitures de retard. Mercedes-Benz enregistre néanmoins une superbe année avec la meilleure progression du top 10 belge avec 11,41% d’augmentation net, malgré un mois de décembre difficile.

"La nouvelle Classe A sera présentée en février à Amsterdam. Les véhicules compacts sont importants pour le volume."
Helen Van Nuffelen
Responsable de la communication Mercedes Benelux

Chez Mercedes, on pense que l’année prochaine sera encore une année de progression grâce à l’arrivée de nouveaux modèles. La responsable de la communication Benelux, Helen Van Nuffelen, pointe ainsi l’arrivée de la nouvelle CLS qui sera présentée en "première européenne" au salon de Bruxelles en janvier en plus du facelift de la Classe C. "La nouvelle Classe A sera présentée en février à Amsterdam. Les véhicules compacts sont importants pour le volume", dit-elle.

Mercedes pointe sixième au classement des marques en Belgique et n’est distancé que d’une centaine de véhicules par Opel en cinquième position. Elle devance Audi qui sort d’une année stable. "Nous avons toujours l’objectif de devenir premiers dans le segment premium en 2020", ajoute la porte-parole de Mercedes.

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Parmi les généralistes, les marques du groupe PSA connaissent des fortunes diverses. Peugeot a dépassé Opel pour atteindre la quatrième marche du podium. Peugeot enregistre 11,36% de progression. La marque est arrivée avec de bons modèles au bon moment, notamment dans le design SUV. 3008 et 5008 ainsi que le relifting de la 2008 sont des modèles à succès. Opel, malgré de nombreuses nouveautés cette année, voit ses ventes se contracter de 2,38%. Citroën perd 1,3% de ventes malgré l’arrivée importante de sa nouvelle C3.

Dans le top 20, c’est la marque Seat du groupe Volkswagen qui enregistre la meilleure progression annuelle (14,77%). Ici aussi l’effet SUV est important avec l’arrivée de la Seat Ateca. Notons également la performance intéressante de Fiat (+ 11,55%) et de Nissan (+ 11,23%).

Au final, c’est en tout cas plutôt confiantes que les marques abordent le traditionnel salon de l’auto de janvier à Bruxelles. "Les 30 premières marques du pays seront présentes, ce qui est un très bon indicateur", dit encore Christophe Dubon.

Le Véhicule utilitaire en plein boom

C’est le marché qui n’arrête pas de progresser. Le véhicule utilitaire léger a progressé de 12,08% en 2017. Le marché est d’abord boosté par l’e-commerce, réalisé essentiellement grâce à des vans.

Ceux-ci sont également de plus en plus utilisés pour le transport de personnes dans les hôtels ou lors d’événements par exemple. Aussi, de plus en plus en plus de villes mettent en place des restrictions d’accès aux camions, ce qui aurait tendance à promouvoir le véhicule utilitaire.

Les vans sont d’ailleurs la grande composante absente des classements habituels du marché automobile belge. Les marques qui se distinguent dans le van voient pourtant leur performance globale progresser. Ceux-ci permettant même à certaines marques en difficulté de mieux résister.

76.397 vans ont été immatriculés en Belgique en 2017, soit un véhicule sur huit"Nous avons dépassé pour la première fois les 10.000 vans en 2017, c’est un record", s’enthousiasme Helen Van Nuffelen, la directrice communication de Mercedes-Benz Benelux. Classe V, Sprinter, Vito ou encore le moins connu Citan sont des véhicules qui aident la marque dans ce marché. Un marché dans lequel ses concurrents haut de gamme ne sont pas présents, mais qui fait le bonheur des Opel, Citroën, Ford et consorts.

 

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