interview

Les gros projets de Porsche

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Oliver Blume, CEO de Porsche, fait le point sur la stratégie de la marque. "C’est une année très excitante."

Fin du diesel, virage vers l’électrique et nouvelle 911, Porsche fonce vers le futur en cette année 2019. Une année pleine de défis pour le CEO de Porsche Oliver Blume et ses équipes. Cela veut-il dire que tout le monde travaille 12 heures par jour chez Porsche pour le moment? "Peut-être plus, mais ne le répétez pas au Conseil du travail", sourit le patron alors qu’il nous reçoit pour une interview exclusive en marge du salon de Genève.

2019, ce n’est pas une année comme les autres pour Porsche, non?
C’est une année très excitante. Tous ces lancements de produits sont un grand défi pour notre organisation et une grosse opportunité pour notre marque. Le lancement de la 911 coupé et de la cabrio souligne notre stratégie du côté des véhicules essence. On a aussi des lancements importants dans les hybrides cette année, y compris quelques surprises pour les fans de sport automobile. À la fin de l’année, nous aurons la Taycan, la première Porsche électrique, ce qui donne une bonne forme à notre portefeuille de produits.

Nous sommes pour le libre-échange. Dans le monde actuel, il n’y a pas d’alternative.

Quelle sera l’allocation pour la Belgique de la Porsche électrique?
Nous commencerons d’abord à livrer à travers l’Europe. Nous sommes très contents du niveau de préréservation. Nous en avons 20.000 à l’heure actuelle.

Presque une année complète de production donc?
Nous avions calculé 20.000 unités par an. Maintenant, on pense augmenter la capacité. On a des solutions techniques et d’organisation pour y arriver.

Plus haut comment, 30.000?
On ne donne pas de chiffres. Nous sommes contents du retour des clients sur la voiture.

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Porsche produit essentiellement en Allemagne et exclusivement en Europe, comment allez-vous gérer le Brexit d’une part et la crise commerciale avec les Etats-Unis de l’autre?
Nous sommes pour le libre-échange. Dans le monde actuel, il n’y a pas d’alternative. Mais nous ne pouvons pas influencer les idées dans différents pays. Le Brexit, c’est sérieux pour nous car la Grande-Bretagne est un marché très important pour nous. On calcule les effets des différents scénarios. On a déjà dit à nos clients que les prix pourraient être affectés.

Vous pourriez vendre moins de voitures en cas de hard Brexit?
Nous ne sommes pas aussi sensibles au prix que des marques de volume.Le secret est de trouver le bon point entre le pricing et ce que nous offrons. Ce sera la même chose aux Etats-Unis. On y calcule aussi les différents scénarios. Mais notre base client est importante dans les deux pays, c’est un avantage.

Nous prenons l’entière responsabilité de nos voitures diesel vendues dans le passé, mais le futur de Porsche sera sans diesel.

Vous préparez-vous avec des plus gros stocks de voitures et de pièces pour le Brexit?
Non, car Porsche fait surtout des voitures sur mesure. C’est très important. On n’ouvre pas nos stocks comme des producteurs de volumes, on doit trouver des solutions au niveau des prix, des incitants, etc.

La Taycan peut-elle devenir la voiture la plus importante du groupe en volumes?
Je ne pense pas. La Macan, c’est 100.000 voitures par an et la Cayenne, ce sera 70.000. On ne prend pas cette direction pour la Taycan.

Est-ce que Porsche pourrait produire dans d’autres parties du monde?
C’est faisable, mais nous ne voulons pas le faire aujourd’hui. Nous avons cette position très stable dans le segment du luxe, parce que nos voitures sont développées, dessinées et produites en Allemagne. C’est un argument très fort pour nos clients américains et chinois. Si c’est possible, on va éviter de produire ailleurs. Il faut aussi du volume pour produire à l’étranger.

Justement, comment vont les affaires en Chine pour Porsche?
La Chine est devenue notre premier marché en volumes depuis 3 ans. La technologie y va vite et y est très importante. Nos clients y sont beaucoup plus jeunes.

On a aussi des lancements importants dans les hybrides cette année, y compris quelques surprises pour les fans de sport automobile.

Comment anticipez-vous 2019?
Nos calculs veulent que l’on aura une année encore meilleure grâce à notre portefeuille de nouveaux produits.

Même en cas de "hard Brexit" Porsche connaîtra de la croissance en Europe?
Oui, je pense. La Grande-Bretagne est importante, mais on va compenser.

Quelle importance a le marché belge dans tout ça?
Il est important. On y a une faculté importante pour les voitures de sport. Nous y avons un importateur avec beaucoup de potentiel (D’Ieteren, NDLR). C’est l’un des marchés qui est particulièrement adapté aux produits Porsche, comme nos véhicules deux portes, 911 et 718.

Porsche vend de plus en plus de l’expérience et plus seulement des voitures, cela va aller grandissant?
Nous n’avons pas de succès avec les centres d’expérience à travers le monde. Nous en avons six à l’heure actuelle. Nous avons annoncé que nous en lancerons un nouveau en Allemagne. Les gens aiment pousser les voitures à leurs limites, ce qui n’est pas possible sur les routes normales. Allez sur circuit avec une voiture de course est très attirant pour la clientèle et c’est un succès.

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Porsche est encore sous la menace d’une amende suite au diesel gate. Où en êtes-vous dans ce dossier?
Le plus important pour nous, c’était de retirer le diesel de notre portefeuille l’année passée pour nous concentrer sur l’essence, l’hybride et l’électrique. Le diesel n’a jamais représenté plus de 15% de nos ventes. Mais pour être clair, nous prenons l’entière responsabilité de nos voitures diesel vendues dans le passé, mais le futur de Porsche sera sans diesel.

Cela a été une mauvaise décision de choisir le diesel chez Porsche dans le passé?
Le diesel est une bonne solution pour certains segments, mais cela doit être raccord avec la marque. Pendant un temps, c’était OK, mais plus aujourd’hui. Nous avons beaucoup parlé avec nos dealers. Le résultat est que l’on peut compenser le volume diesel avec d’autres technologies. On a par exemple le Plug-in Hybrid pour la Cayenne ou le 4 cylindres pour la Macan qui peuvent compenser.

La Chine est devenue notre premier marché en volumes depuis 3 ans. La technologie y va vite et y est très importante. Nos clients y sont beaucoup plus jeunes.

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