Nissan plombe le bénéfice de Renault

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Chute des volumes, effondrement des bénéfices et révision à la baisse de l'objectif de ventes pour l'année, le constructeur français Renault a été rattrapé au premier semestre par la crise automobile et les difficultés de son partenaire Nissan.

Le groupe Renault a publié vendredi un bénéfice net divisé par deux, à 970 millions d'euros à l'issue du premier semestre. C'est moitié moins que celui du grand rival PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall).

Renault a été fortement pénalisé par Nissan , dont le bénéfice net s'est effondré de 95% d'avril à juin. En grande difficulté, l'allié japonais, dont Renault détient 43%, a annoncé jeudi 12.500 suppressions d'emplois. Sa contribution aux résultats du groupe au losange est devenue négative sur six mois, représentant un coût de 21 millions d'euros, alors qu'il était traditionnellement un gros contributeur aux profits de Renault.

970
millions d'euros
Renault a publié un bénéfice net divisé par deux, à 970 millions d'euros au premier semestre

L'an dernier, sur la même période, la participation dans Nissan, avec qui les relations se sont considérablement dégradées depuis l'arrestation de l'ancien patron Carlos Ghosn au Japon en novembre, avait rapporté 805 millions d'euros.

Exit la fusion avec Fiat

Cependant, Thierry Bolloré a réaffirmé la priorité donnée à cette alliance. "Nous allons aider Nissan et faire tout ce qui est possible pour soutenir son redressement, c'est notre première priorité", a-t-il dit, lors d'une conférence avec des analystes. Il a affirmé que le projet de fusion avec Fiat Chrysler (FCA) avorté au printemps n'était plus d'actualité: "Nous ne parlons pas à FCA."

"Nous allons aider Nissan et faire tout ce qui est possible pour soutenir son redressement, c'est notre première priorité"
Thierry Bolloré
Directeur général de Renault


Le groupe français, très exposé aux marchés internationaux avec la moitié de ses ventes hors d'Europe, est également rattrapé par la crise du secteur automobile. Au premier semestre, le chiffre d'affaires s'est ainsi contracté de 6,4% à 28,05 milliards d'euros. La baisse est cependant en phase avec la moyenne des concurrents. "Nous avons maintenu nos parts de marché mondiales sans aucun lancement de produit majeur sur les six derniers mois", a souligné M. Bolloré.

Marge confirmée

Renault (avec les marques Alpine, Dacia, Lada et Samsung Motors) avait déjà annoncé une baisse de 6,7% de ses volumes sur la première moitié de l'année, à 1,94 million de véhicules.

En 2018, le chiffre d'affaires de Renault avait reculé de 2,3% à 57,4 milliards d'euros. Il visait pour 2019 une hausse à taux de change et périmètre constants. Mais "compte tenu de la dégradation de la demande", il estime désormais qu'il sera "proche de l'an dernier". Le groupe table sur un recul du marché mondial (-3%) en 2019 deux fois plus prononcé que ce qui était prévu en février.

La marge opérationnelle, indicateur très suivi car représentatif de la rentabilité de l'activité, a chuté de 13,6% à 1,65 milliard d'euros, représentant 5,9% des ventes, soit 0,5 point de moins que l'an dernier sur la même période et près de 3 points de moins que PSA (8,7%).

Mais Renault confirme son objectif d'une marge de l'ordre de 6% cette année et l'ambition de dépasser 7% d'ici à 2022.

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