Nissan rédige un plan d'urgence pour rompre avec Renault

La scission entre Renault et Nissan qui est en réflexion est le dernier signe tangible de la tension entre les deux groupes automobiles. ©AFP

Après la fuite de Carlos Ghosn, Nissan accélère sa réflexion en vue de couper tous les liens avec son partenaire français.

L'Alliance Nissan-Renault va-t-elle voler en éclats? D'après certaines sources, restées discrètes sur leur identité, le haut management de Nissan aurait accéléré la planification d'un "plan catastrophe" qui passerait par une éventuelle scission totale avec Renault. Selon le Financial Times, qui cite ces sources, il serait question d'une scission tant au niveau de la conception et de la production que du conseil de Nissan.

L'étude du pour et du contre d'une séparation était sur la table de Nissan depuis l'an dernier. Le coup d'accélérateur dans cette réflexion serait dû à l'évasion rocambolesque de Carlos Ghosn, l'ex-patron de l'Alliance arrêté au Japon pour malversations financières et désormais exilé au Liban.

On ne sait pas dans quelle mesure une telle séparation est possible. Renault est le plus grand actionnaire de Nissan et le Français fait pression pour reconstruire les liens au sein de l'Alliance.

Un tel divorce forcerait les deux constructeurs à très vite trouver des partenaires pour faire face à la chute des ventes et aux coûts croissants dans un secteur automobile en pleine mutation vers l'électrique.

Divorcé à l'heure de la consolidation

Après quelque deux décennies de collaboration sous la houlette de Carlos Ghosn, cette scission en réflexion est le dernier signe tangible de la tension entre les deux groupes automobiles. Aucune des tentatives pour apaiser ces tensions ne semble avoir abouti. Pour l'exécutif de Nissan, Renault est désormais davantage un frein au développement qu'une aide. Depuis la chute de Carlos Ghosn, les cours de l'action des deux groupes ont chuté, les plaçant dans le rang des pires performances boursières du secteur automobile mondial.  

Un tel divorce forcerait les deux constructeurs à très vite trouver des partenaires pour faire face à la chute des ventes et aux coûts croissants dans un secteur automobile en pleine mutation vers l'électrique. Il les forcerait aussi à redevenir de plus petits acteurs, alors que la consolidation fait rage dans le secteur; Renault a notamment dû renoncer à fusionner avec Fiat Chrysler qui s'est allié à PSA.

Des projets communs?

Ces discussions d'une scission potentielle ont donc lieu à un mauvais moment pour les deux enseignes. Ajoutez à cela le fait que Jean-Dominique Senard, président du conseil d'administration de Renault, doit présenter, dans les semaines qui viennent, plusieurs projets communs à l'Alliance. Objectif: prouver que les acteurs de l'Alliance peuvent et savent travailler ensemble.

Mettre fin à l'Alliance sera douloureux.

À l'heure de reprendre les rênes à Carlos Ghosn, Senard avait aussi émis des doutes sur la viabilité de cette alliance. Il avait repris confiance avec l'arrivée du nouveau management nippon. Il avait parlé d'une collaboration proche avec Makoto Uchida, le nouveau directeur général de Nissan, en vue de développer de nouveaux projets.

Quoi qu'il en soit, Le FT conclut que mettre fin à l'Alliance sera douloureux: le département achat est totalement intégré et un nouvel utilitaire sportif électrique est actuellement co-développé avec Renault via une plateforme commune.

Personne n'a souhaité faire de commentaire que ce soit chez Renault ou Nissan. 

Renault assigné en justice | Carlos Ghosn réclame une indemnité retraite

L’ancien patron de Renault, Carlos Ghosn, qui a fui le Japon où il est poursuivi pour malversations, a saisi la justice française pour réclamer à son ancien employeur le paiement de son indemnité de départ en retraite. Un porte-parole de Renault a confirmé que le constructeur automobile avait "reçu fin décembre une assignation aux prud’hommes". Une audience est prévue fin février.

Selon Le Figaro, le litige porte sur le versement d’une indemnité de départ en retraite de 249.999,99 euros. Cette somme ne lui a pas été versée par Renault au motif que Carlos Ghosn aurait démissionné de l’entreprise fin janvier 2019, alors qu’il était encore en prison au Japon. Mais l’ancien patron, actuellement au Liban, assure avoir quitté l’entreprise sans démissionner, afin justement de faire valoir ses droits à la retraite, alors qu’il était de fait empêché de diriger le groupe.

Ventes 2019 en légère progression pour Avtovaz 

Le numéro un de l'automobile russe Avtovaz, contrôlé par Renault, annonce une hausse de ses ventes de 1% en 2019 dans un contexte morose et dit prévoir une année 2020 de nouveau délicate.

Le fabricant des Lada a vendu en Russie 362.356 véhicules l'an passé, environ 2.000 de plus que l'année précédente, a indiqué le directeur des ventes et du marketing d'Avtovaz, Olivier Mornet, cité par les agences de presse russes. Il a souligné que le marché automobile russe dans son ensemble avait reculé de 2% en 2019 et dit s'attendre à une nouvelle chute des ventes de véhicules neufs en 2020. 

Après plusieurs années de pertes et au prix de lourdes mesures d'économie, Avtovaz avait enregistré en 2018 un bénéfice net de 5,86 milliards de roubles (environ 86 millions d'euros au taux actuel), son premier depuis 2012. Le groupe détenu par l'Alliance Renault-Nissan, qui a sorti plusieurs nouveaux modèles, a par ailleurs renforcé son statut de numéro un du marché russe, où il pèse environ 20% des ventes.

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