interview

Peter Schwarzenbauer, membre du comité de direction de BMW: "Chaque Mini électrique rapportera de l'argent"

©BMW/Max Earey

Mini était l’une des seules marques absentes du Salon de Genève. Peter Schwarzenbauer, membre du comité de direction de BMW, était pourtant bien du voyage.

Il faut dire qu’au sein du comité de direction de BMW, Schwarzenbauer est, en plus d’être en charge de Mini, également responsable de BMW Motorrad, de l’innovation digitale, des services de mobilité partagés du groupe ou encore de Rolls Royce.Cette dernière marque à elle seule justifie le déplacement de l’homme au salon européen du luxe qu’est Genève. "Avec Pékin, ce sont les deux shows les plus importants pour Rolls Royce, pointe Schwarzenbauer. Officiellement, on ne vend pas de voitures ici. Mais nous avons beaucoup de clients qui viennent ici."

Rolls Royce est un cas à part. Le volume, c’est chez Mini qu’il le trouve. La marque britannique a lancé son premier véhicule hybride rechargeable l’année passée et a fait mouche. Entretien.

©Bloomberg

Nous voyons beaucoup de Mini Countryman hybrides dans les rues. La voiture dépasse-t-elle vos attentes?
Ça va bien mieux que prévu. La Countryman hybride rechargeable a été un grand soutien pour atteindre notre objectif du groupe, à savoir atteindre plus de 100.000 véhicules électrifiés l’année dernière. On n’y serait pas arrivé sans elle.

Vous allez vendre de plus en plus de Mini électrifiées?
L’électrification correspond parfaitement à la marque Mini. En plus des hybrides rechargeables, nous irons vers la première Mini électrique à la fin 2019. Ce qui amènera un push supplémentaire dans cette direction. Mini étant une marque urbaine, je suis assez optimiste.

"Je suis très content des performances de mes marques en Belgique."
Peter Schwarzenbauer
en charge de Mini, Rolls Royce et BMW Motorrad

Est-ce que fin 2019 est assez tôt? La compétition arrive avec plusieurs modèles…
Le timing est toujours un grand point d’interrogation. Certains vont dire que la BMW i3 est arrivée trop tôt, d’autres vont dire que l’on arrive trop tard. Si vous regardez l’évolution du marché automobile, vers 2019/2020, nous verrons un point de basculement pour l’électrique, car nous aurons davantage d’offre sur le marché. À mes yeux, l’offre crée la demande. La mobilité électrique va alors décoller. Pour moi, la Mini électrique arrive donc au bon moment.

On entend beaucoup que l’on ne gagne pas d’argent avec les voitures électriques. Comment comptez-vous changer cela pour Mini?
Je peux vous garantir que l’on va gagner de l’argent sur chaque Mini électrique. Ce ne sera pas un problème. Mini est une marque urbaine et on va voir de plus en plus d’environnements zéro émissions. C’est logique d’aller pas à pas vers l’électrique.

Pas à pas? Votre concurrent de Stuttgart a annoncé l’année passée que Smart allait devenir 100% électrique, c’est une voie que pourrait prendre Mini dans un avenir prévisible?
Tout dépend de votre définition d’avenir prévisible. Souvent, quand les gens parlent du futur, ils parlent de deux ou trois ans. Ça n’arrivera pas pour Mini dans les 2 à 3 ans. À long terme, par contre, c’est envisageable, mais ça va dépendre de la vitesse de décollage de la voiture électrique.

©BMW/Max Earey

Est-ce que ce serait pour vous une bonne idée de s’associer avec la compétition dans le carsharing (Car2go etc.)?
Je pense que tout ce domaine de la mobilité ne veut pas dire vendre des voitures, mais avoir des voitures à l’utilisation. C’est quelque chose de nouveau pour nous. On essaye pas mal de choses avec DriveNow en Europe, ReachNow aux Etats-Unis et plus récemment en Chine. Nous apprenons beaucoup. Je pense que dans ce domaine de la mobilité à la demande, il serait irresponsable de ne pas discuter avec les autres constructeurs automobiles et les sociétés de mobilité. On parle aussi à des compagnies comme Didi, Uber Lyft, etc.

Ce qu’on entend beaucoup aussi, c’est que la voiture partagée à la DriveNow est un outil marketing pour BMW.
On ne le fait pas pour le plaisir. Si vous ne pouvez pas en faire un business, la mobilité à la demande n’arrivera pas. D’une manière générale, avec DriveNow, nous gagnons aussi de l’argent. Il y a encore un potentiel énorme, car la plupart des gens ne connaissent pas encore le concept.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content