Qui pour succéder à Carlos Ghosn à la tête de Renault?

©Reuters

L'homme fort du groupe Renault devrait être conforté par ses actionnaires au poste de PDG du groupe pour quatre années supplémentaires. Or, Carlos Ghosn affirme déjà sa volonté ne pas aller au terme de son mandat. Outre sa succession se pose aussi l'avenir de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Prolongé à la tête du groupe Renault par le conseil d'administration en février dernier, Carlos Ghosn doit désormais être confirmé dans son rôle de CEO pour quatre années supplémentaires par les actionnaires. Pourtant, l'homme fort du géant automobile français affirme d'ores et déjà qu'il ne restera pas à son poste jusqu'au terme de son mandat en 2022.

"Vous pouvez imaginer qu'avant 2022, je cesserai d'être CEO de Renault", déclare-t-il au Financial Times. Il pourrait à ce moment-là ne conserver que la présidence non exécutive du groupe au losange.

La prolongation de Carlos Ghosn à la tête du groupe avait fait l'objet d'intenses discussions au début de l'année. Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie, avait en effet conditionné son soutien au PDG à une baisse de sa rémunération jugée "trop élevée". Actionnaire du groupe, l'État entendait ainsi ne "pas être spectateur, mais acteur". La diminution proposée était de 30%.

Sa succession est aussi au coeur des débats, surtout du point de vue de l'alliance avec Nissan et Mitsubishi. L'État français souhaitent en effet consolider le trio franco-japonais une fois que Carlos Ghosn partira à la retraite.

Les choses semblent se préparer:

Au Japon, Ghosn a abandonné l'an dernier la direction opérationnelle de Nissan à un CEO. Il s'est ainsi recentré sur la présidence de Mitsubishi.
En France, il avait promis en janvier de faire de même chez Renault. Resté président et directeur général, le groupe lui a choisi un numéro deux.

Mais la question devrait occuper longuement la séance de questions-réponses de l'assemblée.

"La nomination de Thierry Bolloré comme directeur général adjoint, et non directeur général délégué, ne répond pas à la question importante de la séparation des pouvoirs de direction chez Renault, alors que cela a été mis en place chez Nissan en 2017", souligne la société de gestion de portefeuille Phitrust en prévision de l'AG du jour.

Ghosn et Renault: 13 ans d'histoire 

Carlos Ghosn, âgé de 64 ans, est directeur général de Renault depuis 2005. Quatre ans plus tard, il devient PDG.

En février dernier, une source gouvernementale indique donc que l'État français souhaite un accord sur une feuille de route pour préparer sa succession et consolider la future alliance. Cet accord, il le veut avant le rendez-vous annuel de la Porte-Maillot de ce jour.

Sauf contre-indication annoncée à l'AG, Carlos Ghosn affirme avancer lentement sur la question. Il parle de complexité et de sensibilité du sujet tant à Paris qu'à Tokyo.

Interrogé fin mai sur une éventuelle fusion entre Renault et Nissan, il répondait: "Je ne pense pas que cela va être réglé en un an, je ne pense pas que c'est un sujet pour le court terme, mais c'est quelque chose sur lequel nous devons apporter une solution."

L'État devrait donc valider ce jeudi le renouvellement du mandat de Carlos Ghosn. En revanche, selon des sources, les représentants de l'État ont informé le conseil d'administration qu'ils s'opposeront à la rémunération du PDG pour 2017. Selon ces sources, les retours préliminaires des investisseurs suggèrent une majorité sur le fil du rasoir. Un porte-parole de Renault a refusé de faire un commentaire.

Assemblée générale sous haute tension donc.

À 12h, le titre gagnait 1,04% à 84,48 euros alors que l'indice CAC 40 reculait de 0,19%.

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