"Une puissance de feu de 1,6 milliard pour D'Ieteren"

Axel Miller, CEO de D'Ieteren. ©Photo News

Avec le dividende extraordinaire de 450 millions d'euros que va lui payer sa filiale Belron et après la cession d'une participation significative dans celle-ci, D'Ieteren disposera d'un trésor de guerre qui pourrait tourner autour de 1,6 milliard d'euros pour saisir de nouvelles opportunités.

Quand on sait que deux anciens banquiers siègent à des postes clés au sein de son comité de direction comme Axel Miller, le CEO (ex-Dexia) et Arnaud Laviolette, le directeur financier (ex-ING) une telle opération n’étonne plus.

Elle n’en reste pas moins originale et a été saluée ce matin par le marché le titre s’adjugeant 5%. En endettant davantage sa filiale à 95% Belron mieux connue par sa marque-phare Carglass, D’Ieteren fait remonter, du même coup, dans ses caisses un dividende (réellement) extraordinaire 

Voici en quelques mots les détails techniques de cette opération :

• Belron va lancer une émission pour des investisseurs institutionnels de nouveaux emprunts à terme fixe pour un montant total de 1,3 milliard d’euros.

• Le produit de cette opération sera principalement utilisé pour refinancer des emprunts privés américains émis par Belron, rembourser les prêts d’actionnaire existants, payer un dividende extraordinaire de 450 millions euros et couvrir les frais et coûts de transaction liés au refinancement.

• Suite à cette opération, le multiple dette nette financière moyenne/Ebitda de Belron devrait passer de 2,56 fin juin 2017 à 4,25.

Il ne faut pas perdre de vue que cette émission intervient dans le cadre de la volonté de D’Ieteren de trouver un partenaire minoritaire pour Belron. Aux dernières nouvelles, trois candidats se pressaient déjà au portillon pour racheter 40% du capital: CVC, CD&R et KKR.

D’Ieteren ne fait qu’anticiper et extrait déjà du cash sur la cession à venir d’une large participation minoritaire de Belron à un partenaire financier.
David Vagman
KBC Securities

Outre l’intérêt, tout simple, de refinancer de la dette plus chère, ce montage permet d’anticiper le résultat de cette vente. "Vu la génération signification de cash dans le chef de Belron, D’Ieteren a indiqué à plusieurs reprises que sa filiale pourrait supporter davantage de dettes écrit David Vagman  analyste chez KBC Securities. "D’Ieteren ne fait qu’anticiper là-dessus et extrait déjà du cash sur la cession à venir d’une large participation minoritaire à un partenaire financier".

L’analyste signale, si besoin en était, que pour les actionnaires de D’Ieteren cela n’a aucun impact sur la valeur d’entreprise de Belron et donc sur celle de D’Ieteren. Il reste à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 47 euros.

"Ce deal crée de la puissance de feu supplémentaire pour D’Ieteren" note, pour sa part, Stefaan Genoe de Degroof Petercam. D’après ses estimations si l’on tient compte, entre autres, du dividende extraordinaire de 450 millions d’euros et d’une valeur d’entreprise de 3 milliards d’euros de Belron telle que le veut la rumeur (2,15 milliards hors dettes) on arrive à un montant de 1,6 milliard d’euros pour de nouvelles opportunités de croissance (acquisitions). Il maintient son avis à "conserver" avec un objectif de cours de 40 euros.

Sur les 5 analystes qui suivent la valeur (source: Bloomberg), un la recommande à l’achat, trois conseillent de la conserver et un de la vendre. L’objectif de cours moyen est de 42,2 euros avec un plus haut à 47 euros (KBC) et un plus bas à 40 euros (Kepler Cheuvreux).

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