Le premier méga-procès de clients de Volkswagen s'ouvre en Allemagne

©Julian Stratenschulte/dpa

Le premier grand procès de consommateurs s'ouvre contre Volkswagen ce lundi en Allemagne, regroupant des centaines de milliers de clients qui demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées, quatre ans après l'éclatement du dieselgate.

C'est un méga-procès qui s'ouvre ce lundi en Allemagne. Il regroupe des centaines de milliers de clients demandant réparation au géant Volkswagen pour leurs voitures diesel truquées, quatre ans après l’éclatement du dieselgate.

Près de 450.000 personnes se sont inscrites pour cette requête groupée, la première de ce type en Allemagne, selon une procédure adoptée dans la foulée du dieselgate. L’association de consommateurs VZBV fait office de requérant unique et accuse le groupe automobile d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité. 11 millions de véhicules étaient concernés. Le scandale, qui remonte à 2015, a coûté au groupe plus de 30 milliards d'euros en frais juridiques, amendes et dédommagements, déboursés pour l'essentiel aux Etats-Unis.

Le scandale du diesel appartient à l'histoire du groupe au même titre que la coccinelle et la Golf.
Ralf Brandstätter
Responsable de la marque VW

Concrètement, les juges devront trancher une cinquantaine de points, mais la question principale sera de déterminer si Volkswagen a "causé un préjudice" et agi "de manière contraire à l’éthique""Encore aujourd'hui, des centaines de milliers de véhicules sont utilisés" sur les routes, insiste Martina de Lind van Wijngaarden, avocate de l'entreprise. Même s'il s'avérait défavorable à Volkswagen, le jugement n'entraînera pas directement un remboursement: chaque consommateur enregistré devra ensuite faire valoir ses droits individuellement.

L'examen de cette requête collective devrait durer au moins jusqu'en 2023 en raison d'un appel possible devant la Cour fédérale, selon Volkswagen. Les procédures individuelles peuvent encore prendre plus d'un an par la suite. Pour écourter la procédure, la VZBV est "ouverte" à un accord à l'amiable. Mais, "dans ce cas, Volkswagen devrait malgré tout payer une somme significative", a expliqué Klaus Müller, directeur de la VZBV.

VW a misé gros pour sortir du scandale

Le constructeur estime qu'un tel accord est "peu imaginable" en raison de l'hétérogénéité des situations: une partie des dossiers seraient des doublons ou concernent des clients résidant à l'étranger ou ayant acheté leur voiture après la révélation de l'affaire. Une deuxième audience est prévue le 18 novembre. En parallèle de la procédure groupée, 61.000 requêtes individuelles ont été déposées en Allemagne, dont une partie a abouti à des accords extrajudiciaires.

Ralf Brandstätter, responsable de la marque VW. ©Reuters

Pour Volkswagen, le scandale du diesel "appartient à l'histoire du groupe" au même titre que "la coccinelle et la Golf", reconnaît Ralf Brandstätter, responsable de la marque VW. Mais il assure que le groupe a "profondément changé": le constructeur mise 30 milliards d'euros sur sa nouvelle gamme électrique pour "regagner l'estime de la société".

Au-delà du front judiciaire, le scandale a accéléré le déclin du diesel et les voitures diesel risquent d'être bannies de plusieurs villes allemandes en raison de leur niveau de pollution en oxydes d'azote (NOx).

Pour rappel, des actions collectives pour les mêmes motifs ont été intentées contre Volkswagen dans plusieurs pays européens, dont la Belgique.

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