Arrêté au Japon, Carlos Ghosn est mis à l'écart par Nissan et Mitsubishi

©AFP

Le patron de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, a été arrêté au Japon. Il est suspecté d'avoir sous-évalué sa propre rémunération dans des rapports financiers. Nissan confirme que Ghosn a dissimulé des revenus au fisc et va proposer son départ.

Il est l'un des plus grands patrons d'industrie au monde... Carlos Ghosn, PDG de Renault et président de Nissan, a été arrêté par le parquet de Tokyo pour violation présumée de la réglementation japonaise sur les instruments financiers et la Bourse, rapporte le site internet du journal nippon Asahi. Selon le journal, Carlos Ghosn, qui est également le PDG de Renault, est suspecté d'avoir sous-évalué sa propre rémunération dans des rapports financiers. Il a accepté de collaborer avec la justice. 

8,8
millions EUR
En tant que PDG de Nissan, Ghosn avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017 quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d'euros au cours de l'époque). Il gagne en outre plus de 7 millions d'euros par an au titre de PDG de Renault, qu'il dirige depuis 2009 (il en était directeur général depuis 2005), des revenus qui ont souvent fait grincer des dents.

Le Franco-Libano-Brésilien de 64 ans a érigé en à peine deux décennies un empire automobile, en cumulant des fonctions comme aucun autre dirigeant d'entreprises de cette taille ne l'avait fait avant lui. Mais Carlos Ghosn "a pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel", a asséné Nissan, selon les résultats d'une enquête menée sur la base du rapport d'un lanceur d'alerte. "En outre, de nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles", ajoute le groupe, qui va proposer au conseil d'administration de le "démettre de son poste rapidement". Les informations ont été transmises au parquet de Tokyo.

De nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles.
Nissan

Le conseil d'administration de Nissan se prononcera ce jeudi sur le limogeage de son président Carlos Ghosn. Du côté de Mitsubishi Motors, on veut aussi démettre Ghosn de la présidence du conseil d'administration. Une enquête interne est ouverte. Mais à en croire le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, "l'alliance entre les trois entités", Renault, Nissan et Mitsubishi Motors, "ne sera pas affectée par cet événement".

"Consolider l'alliance Renault/Nissan, c'est la préoccupation de la France" 

Sur les marchés, l'action Renault  a fait les frais de l'arrestation du patron du constructeur auto. Elle a perdu 8,43% dans ce qui constitue sa pire séance depuis le 24 juin 2016.  

Emmanuel Macron a assuré lundi que l'Etat français serait "extrêmement vigilant" concernant "la stabilité" du constructeur automobile Renault et l'avenir de son alliance avec Nissan. Bruno Le Maire, le ministre français des Finances s'est aussi voulu rassurant en expliquant que l'Etat français mettrait tout en oeuvre pour assurer la stabilité de Renault, dont il est actionnaire à hauteur de 15%. "Je recevrai prochainement les principaux administrateurs de l'entreprise Renault pour examiner avec eux toutes les décisions que le conseil de Renault pourrait être amené à prendre dans les jours ou dans les semaines qui viennent", a encore déclaré le ministre Le Maire.  

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