Audi, BMW, Mercedes-Benz, Jaguar... Le virage marketing de la Formula E

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La saison 5 de Formula E, la F1 électrique, débute ce week-end en Arabie Saoudite. De nombreux constructeurs rejoignent la discipline. Dès 2019, se sera au tour de Porsche de se jeter dans l’arène. La discipline est devenue un hub important du développement de la technologique électrique. Son image est aussi un outil marketing important pour les marques qui veulent écouler leurs bolides électriques.

Dire que la Formula E a réussi son pari est un euphémisme. Alors que débute la saison 5 de la Formule 1 électrique, la discipline est devenue plus attractive que jamais. Environnement et Tesla oblige, tous les constructeurs automobiles se lancent à corps perdu dans le véhicule électrique. Quoi de plus naturel donc que de se s’impliquer dans la compétition électrique. Le sport automobile retrouve ici son statut de laboratoire des grands constructeurs.

Jugez plutôt. Mercedes-Benz, Audi, BMW, Renault, Nissan, Jaguar ou DS sont autant de marques automobiles qui ont tenté l’aventure Formula E. Notre compatriote Stoffel Vandoorne vient de quitter la Formule 1 et McLaren pour prendre le départ lors de la prochaine saison de Formula E. Les hostilités débutent ce samedi en Arabie Saoudite pour son premier ePrix sur le coup de 13h, heure belge.

En signant avec l’écurie HWA racelab, Vandoorne rejoint la galaxie Mercedes-Benz qui travaille désormais avec HWA. Officiellement l’arrivée de Mercedes-Benz dans la discipline est pour 2019-2020. Le plateau est de plus en plus relevé avec l’arrivée d’une onzième équipe et d’un nouveau constructeur, BMW cette saison, avant celles de Porsche et Mercedes lors de la saison 2019-2020. Aux côtés de l’écurie française e.dams, pionnière dans la discipline, Nissan remplace par ailleurs Renault, membre du même groupe.

Stoffel Vandoorne rejoint notre compatriote et vétéran de la discipline, Jérôme Dambrosio, qui concourt cette année pour l’équipe Mahindra Racing. Quatre anciens champions du monde, les Brésiliens Nelson Piquet Jr. (Jaguar) et Lucas Di Grassi (Audi Sport Abt), le Suisse Sébastien Buemi (Nissan e.dams) et le Français Jean-Eric Vergne, sont également tous de la partie.

Moment de vérité

"La saison 5 est le moment de vérité", a indiqué le patron de la discipline, Alejandro Agag. Le projet est désormais à long terme. "Nous ne pouvons pas échouer. Nous avons de nouveaux fabricants, de nouveaux sponsors. C’est génial, mais cela signifie aussi plus de responsabilité", a témoigné Agag à Reuters.

Preuve que la Formula E est devenue un laboratoire technologique, cette année signe aussi l’arrivée de la deuxième génération de voitures. Le châssis est développé par l’entreprise française Spark détenue à 25% par les Liégeois de Sodaphi. Par contre, c’est McLaren qui s’occupe désormais de la batterie.

Les constructeurs implémentent eux leurs propres moteurs et trains de transmission. De quoi faire une vraie différence et confirmer le statut de laboratoire technologique pour la mobilité électrique de la discipline.

On se souvient que, lors des premières saisons, tous les coureurs roulaient avec la même voiture qu’ils échangeaient en milieu de course. À partir de cette saison, la voiture ne devra plus être échangée et devra tenir durant les 45 minutes de course.

La discipline se veut jeune et moderne et rompt plusieurs codes de la course automobile classique. Les pilotes devront désormais utiliser deux modes moteur différents en course, l’un standard de 200 kW et le second plus performant de 225 kW. Trois pourront pousser leur unité de puissance jusqu’à 250 kW grâce au vote des fans, le fameux "fanboost". À l’heure d’écrire ces lignes notre compatriote Stoffel Vandoorne comptait 38% des votes des fans, loin devant le Brésilien Felipe Massa et ses 12%.

L’auteur du meilleur tour en course ne sera plus récompensé, le point bonus allant plutôt à celui qui se sera classé dans le top 5 en utilisant le moins d’énergie.

C’est tout le positionnement marketing de la Formula E qui se veut un "sport automobile durable", bien loin de l’image qui colle à la peau du sport auto en général. C’est peut-être aussi pour cela que davantage de constructeurs automobiles sont aujourd’hui impliqués en Formula E qu’en Formule 1. Conséquence du diesel gate, Porsche a par exemple abandonné le championnat d’endurance pour rejoindre la Formula E en 2019-2020. Tout un symbole quand on sait que l’écurie allemande avait remporté les trois dernières éditions des 24 heures du Mans.

La Formule électrique devient donc un outil marketing important pour convaincre des clients potentiels d’acheter des véhicules électriques. Pour une marque comme Porsche qui compte, avec sa Taycan, proposer la meilleure voiture électrique sportive du marché, la discipline est presque devenue un passage obligé.

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