Audi Brussels revoit sa prévision de production de 20% à la baisse

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L’usine de Forest a des soucis au niveau de l’approvisionnement de pièces, notamment pour batteries. Selon nos informations, le programme de production a baissé de 10.500 unités par rapport au début de l’année.

La presse allemande avait déjà récemment pointé des problèmes de production à l’usine d’Audi à Forest. Il nous revient de sources internes qu’en ce début d’année, l’usine bruxelloise a revu plusieurs fois à la baisse son programme de production pour cette année. Initialement, les prévisions de production étaient de 55.830 e-tron en 2019. Après plusieurs diminutions, les prévisions de production ont été revues à 45.242 unités, soit une baisse de 10.588 unités. Dans cette baisse et toujours selon ce document, l’e-tron Sportback, qui devait être produite à 3.800 unités en fin d’année, est reportée à 2020.

Premier essai de l'Audi e-tron "Made in Brussels" 100% électrique

Il est néanmoins important de préciser que ces programmes de production ont vocation à être revus tous les mois en fonction tant de critères de production que de succès commercial des véhicules. On pourrait imaginer que certaines informations stratégiques n’y soient pas mentionnées non plus.

Le programme de production a en tout cas dû être revu précisément parce que les niveaux de production accusaient du retard. Audi, de son côté, "ne commente jamais les chiffres de production ou des plannings de production pour un nouveau modèle qui est en phase de lancement. Tout le reste n’est que spéculations que nous ne confirmons pas", nous revient-il de l’usine.

Manque de pièces de batteries

Apparemment, l’usine n’a pas grand-chose à se reprocher. Au niveau de la production en tant que telle, les choses se passeraient même plutôt bien et les capacités journalières se rapprochent des niveaux escomptés. Selon le dernier programme de production (9 avril) que L’Echo a pu consulter, l’usine doit actuellement produire 160 e-tron par jour et arriver à une production quasi optimale de 293 voitures par jour d’ici fin septembre. Un chiffre qui ne tient pas compte des préséries (entre 4 et 10 selon les jours).

10.588
Selon le programme de production daté du 9 avril dernier, les volumes avant expédition seront de 45.242 unités, soit 10.588 de moins que dans le programme initial en début d’année.

Le problème se situe encore et toujours au niveau de l’approvisionnement en pièces, principalement au niveau de la batterie. "Il y a énormément de problèmes avec LG qui fournit les cellules de batteries", entend-on en interne. Avec l’essentiel des constructeurs qui s’empressent sur le segment des voitures électriques, les fournisseurs de cellules de batteries, exclusivement asiatiques, font jouer les enchères. Le groupe Volkswagen, en pleine cure d’austérité suite au coût du dieselgate, doit rivaliser entre autres avec BMW et Mercedes-Benz pour accéder à ces pièces. Des discussions seraient en cours avec Samsung pour d’autres types de batteries. Il y a aussi eu des retards sur les moteurs électriques au moment de la grève à l’usine de Györ, en Hongrie. Là aussi, cela s’est traduit par un manque de pièces.

Production 4 jours sur 5

À l’usine, plus personne n’est pour l’instant au chômage. La production tourne sur 6 heures au lieu de 8 pour pouvoir suivre au niveau des pièces disponibles. Mais l’idée est de repasser à 4 jours de production par semaine au lieu de 5 d’ici quelques semaines et d’avoir un jour de chômage le vendredi.

"Mon délai de livraison vient d’être allongé de deux mois."

Ces capacités moindres pour l’e-tron pourraient évidemment avoir des implications au niveau commercial. Il a été indiqué au personnel que les commandes sont en hausse de 15% en Europe. "Mon délai de livraison vient d’être allongé de deux mois", se plaint ainsi un client. Chez Audi Belgique, on estime qu’il n’y a rien d’anormal à voir les délais s’allonger. "A l’heure actuelle, les délais sont de 6 à 7 mois, rien d’exceptionnel pour un nouveau modèle", explique Sofie Luyckx, porte-parole d’Audi en Belgique. Au salon en janvier, Audi expliquait aux clients que les délais étaient de 4 à 5 mois. Ceux-ci dépendent certes de la production, mais aussi du succès commercial d’un véhicule avec un prix de départ à 80.000 euros.

Les capacités de batterie, un problème aussi chez Tesla

Arriver à obtenir suffisamment de batteries est un problème pour toute l’industrie automobile. Même Tesla n’est pas épargnée. Son patron, Elon Musk, a d’ailleurs jeté un pavé dans la marre ce week-end sur Twitter. Il affirme que la capacité de production de Panasonic a depuis le mois de juillet limité celle du Model 3 de Tesla.

Il ajoute que l’usine du Nevada enregistre actuellement une production de 24 GWh, là où elle pourrait atteindre les 35 GWh. Résultat: Tesla ne dispose pas de suffisamment de batteries pour sa production. "Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser d’autres producteurs de batteries."

Alors que le quotidien japonais Nikkei Asian Review indiquait la semaine dernière que Panasonic et Tesla avaient tiré un trait sur leur projet d’investissement dans le segment des batteries, Musk affirme aujourd’hui ne vouloir investir que si Panasonic augmente sa production.

Les deux enseignes s’étaient lancées en 2014 dans la construction d’une giga-usine Tesla au Nevada. Coût de l’opération: 4,5 milliards de dollars avec comme objectif de ne plus devoir importer les cellules d’Asie. Mais aujourd’hui, Musk sème le trouble dans les esprits.

En attendant, l’Europe attend toujours sa première usine de batteries pour avoir du sourcing local dans un marché trusté par des acteurs japonais, chinois et coréens.

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