Axel Miller et D'Ieteren: la raison du divorce

Axel Miller avec Francis Deprez (à gauche) et Arnaud Laviolette (à droite) ©Photo News

Le conseil d'administration de D’Ieteren et Axel Miller ont décidé de mettre fin à leur collaboration. Ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur la stratégie d'investissements future de la société.

D’Ieteren et Axel Miller ont décidé de mettre fin à leur collaboration, a annoncé le groupe ce matin. Par conséquent, Axel Miller quitte son poste de CEO et d’administrateur-délégué de D’Ieteren ainsi que les autres fonctions qu’il occupe au sein du groupe et de ses filiales.

Dans l’immédiat, la gestion journalière du groupe continuera à être assurée par les autres membres du comité exécutif, Arnaud Laviolette et Francis Deprez, en attendant la nomination d’un nouveau CEO.

Côté marchés, l'annonce a surpris la communauté d'analystes qui suivent la valeur. C'est "Axel Miller qui a construit autour de lui une équipe de direction ces dernières années, dans le contexte de la transformation de D'Ieteren en une société d'investissement", y rappelle-t-on.

L'annonce est "perturbante", car au niveau opérationnel, tous les signaux étaient au vert chez D'Ieteren. Les trois activités de la société se portent bien (Belron, D'Ieteren Auto et Moleskine). Il nous revient même que l'ambiance de travail était plutôt bonne au sein des filiales du groupe alors que D'Ieteren table à nouveau sur une croissance à deux chiffres cette année.

"La stratégie du groupe ne change pas, cela a été clairement communiqué. Le fait d'avoir un actionnaire familial garantit une certaine stabilité", tempère à ce titre, Denis Gorteman, CEO de D'Ieteren Auto. La filiale a notamment investi énormément dans de nouveaux services de mobilités, une stratégie dans l'air du temps qui continuera dans le futur, assure Gorteman.

La où ça bloque, c'est clairement au top niveau, là où doivent se décider les investissements futurs que doit réaliser le groupe. Avec la vente d'Avis Europe en 2011 pour 1,1 milliard de dollars et la vente de 40% de Belron (maison mère de Carglass) à la société d’investissement Clayton, Dubilier & Rice (CD&R) début 2018 pour 1,3 milliard d'euros, ce ne sont pas les fonds qui manquent à la rue du Mail à Ixelles. 

©Photo News

Mis à part le rachat de taille modeste de Moleskine, aucune acquisition n'a été actée depuis. Il nous revient qu'Axel Miller poussait pour une stratégie d'investissement depuis deux-trois ans, mais que le conseil d'administration ne voulait pas le suivre dans ses choix. "Il y a une vraie divergence entre le conseil d'administration et le CEO sur la taille de l'acquisition", nous confie-t-on. 

Rappelons que sous Axel Miller, il y a eu aussi un passage de témoin générationnel. Roland D'Ieteren, l'homme qui avait embauché Axel Miller a laissé la place à son fils Nicolas en janvier 2017.

"Aujourd’hui, le conseil d'administration de D’Ieteren et Axel Miller ont constaté que leurs visions sur les développements futurs du groupe et sur le style de leadership ont cessé de coïncider et, pour ces raisons, ont décidé de ne pas poursuivre leur collaboration" précise D’Ieteren dans un communiqué.

L'action D'Ieteren reculait de 2,2% en début de séance à 36,05 euros.

Axel Miller a rejoint le conseil d’administration D’Ieteren en mai 2010 en qualité d’administrateur indépendant et a été nommé CEO et administrateur-délégué en mai 2013. L'homme est surtout connu du grand public pour son époque à la tête de Dexia. Il était CEO au moment de la débâcle financière du groupe

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