Bosch mise sur les camions à hydrogène

©Sebastian Gollnow/dpa

Le sous-traitant automobile mise sur l’hydrogène comme technologie d’avenir pour les véhicules lourds.

À Feuerbach près de Stuttgart, l’un des plus anciens sites du groupe avec 13.500 salariés, Bosch vient de présenter son nouveau module de pile à combustion pour poids lourds. L’agrégat n’occupe pas plus de place qu’un moteur diesel et par rapport à un camion électrique de Tesla, il présente l’avantage de ne pas avoir besoin d’une batterie de 8 tonnes, fait le plein en quelques minutes et a une autonomie de 700 km (contre 350 à 450 km pour les poids lourds équipés de batteries rechargeables). Les "stacks" au cœur du processus des piles à combustion sont développés depuis avril avec l’entreprise suédoise Powercell. L’Allemand Bosch détiendra seul la licence de fabrication.

Un premier client pour les poids lourds est le projet H2 de Nikola aux Etats-Unis. Les premières livraisons à la start-up sont prévues pour 2022. Un client, dont le nom n’a pas été communiqué, a également été trouvé pour les voitures individuelles, selon le fournisseur. Une chose est sûre, ce ne sera pas Volkswagen. Le constructeur allemand mise sur la seule technologie des batteries électriques rechargeables.

Les piles à combustible représenteront 13% de la flotte de poids lourds d’ici 2030.
Jürgen Gerhardt
Responsable du projet

Comme les véhicules électriques, les poids lourds équipés de piles à combustion n’émettent aucune émission de CO2 si l’hydrogène est obtenu à partir d’énergies renouvelables. "Nous estimons que les piles à combustion représenteront 13% de la flotte de poids lourds d’ici 2030", explique le responsable du projet Jürgen Gerhardt. Le patron de Bosch, Volkmar Denner, estime que d’ici 2030, jusqu’à 20% des véhicules électriques pourraient fonctionner à l’hydrogène.

À court terme, le principal handicap au développement des véhicules à hydrogène est le faible maillage du réseau des stations de ravitaillement. En Allemagne, on compte moins de 100 stations à l’heure actuelle mais le gouvernement a pour objectif d’atteindre 400 unités d’ici 2023.

Autre point négatif, le prix des poids lourds à hydrogène est élevé, trois fois plus chers qu’un modèle à moteur diesel. Mais Bosch rappelle qu’avec le développement de la technique, les coûts de production vont reculer, et que le renchérissement du prix de la tonne de CO2 rendra la technologie plus compétitive.

Bosch a vu stagner son chiffre d’affaires en 2019 à 77,9 milliards d’euros, avec un recul du résultat avant impôts de 5,3 à 3 milliards d’euros. Le groupe a annoncé la suppression de 6.800 emplois à travers le monde.

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