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C'est la guerre entre Fiat et Buga, gros concessionnaire anversois

©rv

Le groupe anversois attaque la marque italienne en justice, lui reprochant de ne pas avoir reçu l’aide financière à laquelle il avait droit. Cette attaque passe mal chez Fiat, qui pourrait réagir.

L’affaire plaidée ce jeudi en référé devant le tribunal de commerce francophone de Bruxelles est délicate. Buga, le plus gros concessionnaire Fiat de la région anversoise attaque Fiat Belgique en justice. Il estime ne pas avoir reçu une aide financière à laquelle il prétend avoir contractuellement droit. Affaire délicate, car les deux partenaires sont toujours en affaires. Le constructeur automobile, qui goûte peu la chose, réclame des indemnités pour procédure téméraire et vexatoire.

Divorce dramatique

Buga peut être considéré comme le principal concessionnaire Fiat d’Anvers. Avec un chiffre d’affaires de plus de 40 millions d’euros par an et 2.100 ventes réalisées l’an dernier, c’est un partenaire qui compte. Et ça, Fiat le sait.

Or, le concessionnaire, défendu par Patrick Kileste et Cécile Staudt, a décidé de monter au front contre le constructeur afin de lui réclamer une aide annuelle de 500.000 euros. La matière est sensible. En général, les constructeurs rémunèrent les concessionnaires par le biais d’une marge négociée entre les parties. Mais, exceptionnellement, il arrive qu’une aide ponctuelle soit accordée.

Dans le cas présent, il semble que les deux partenaires ont scellé l’idée d’une aide ponctuelle de près de 500.000 par an. Cette aide, comme l’a confirmé Didier Putzeys, l’avocat de Fiat, a été versée en 2015 et en 2016. Pour 2017 et les années suivantes, Fiat avait proposé une enveloppe globale reprenant une marge brute sur les ventes et l’aide en question. Buga, qui ne voulait pas voir l’aide ponctuelle englobée dans sa marge a refusé de signer cet accord. Après plusieurs mois de discussions, la direction générale de Fiat Belgique a décidé de mettre un terme à tous les accords et l’aide ponctuelle n’a plus été versée.

"Divorcer serait dramatique pour tout le monde. Mon client veut rester avec Fiat", a plaidé Me Kileste, qui a tenté de diminuer l’impact ressenti par Fiat d’une action en justice. L’idée de Buga est d’obtenir une décision de justice temporaire afin de reprendre le fil des discussions avec le constructeur transalpin. "Nous allons devoir acter des comptes annuels en actant l’absence d’un support de près de 500.000 euros par an", a regretté Patrick Kileste, qui estime que les aides promises sont dues.

L’aide de Turin

"Dire qu’on laisse tomber Buga n’est pas correct. Nous les aidons depuis des années. En 2015, nous avons envoyé une armée de conseillers, notamment de Turin, pour les aider à se restructurer", a entamé Didier Putzeys, avant d’ajouter que si Fiat accordait de l’aide à tous les distributeurs, il y a longtemps que le constructeur ne vendrait plus de voiture.

Pour l’avocat de Fiat, la cause est claire: il n’y a pas d’accord contraignant à propos de cette aide ponctuelle. Fiat assure que les parties sont toujours en discussion et le constructeur goûte peu de se retrouver ainsi au tribunal. "On veut instrumentaliser votre siège en réclamant une créance incontestable qui ne l’est pas", a conclu Didier Putzeys.

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