Carlos Ghosn démissionne de la présidence de Renault

©REUTERS

Un conseil d'administration est prévu ce jeudi matin chez Renault. Au programme: la succession de Carlos Ghosn. Le tandem Thierry Bolloré et Jean-Dominique Senard est pressenti.

Ce jeudi est un jour J pour l'avenir de Renault . Un conseil d'administration est prévu ce matin. Au programme: la succession de Carlos Ghosn à la tête du géant automobile.

En marge de cette réunion, et depuis Davos, Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie, indiquait que Ghosn avait démissionné cette nuit de la présidence de Renault:

"Désormais il est temps de mettre en place une nouvelle gouvernance parce que le plus important aujourd'hui, c'est de préparer le futur de Renault et de l'alliance avec Nissan."

Jean-Dominique Senard ©AFP

Pour le remplacer, un tandem composé de Thierry Bolloré et de Jean-Dominique Senard est pressenti. Les deux hommes devraient se partager les fonctions. 

Senard jouit d'une image de patron social. Il a les faveurs du gouvernement français alors que l'État est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre.

Bolloré assurait déjà l'intérim depuis fin novembre. Il représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne.

La succession chez Renault mais aussi...

 D'autres interrogations se posent. Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l'alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n'est "absolument pas en danger". Pourtant, qui va présider cette alliance? La succession s'annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l'entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.

De plus, Renault détient 43% de Nissan. Ce dernier possède 15% de Renault (mais sans droit de vote) et 34% de Mitsubishi. Juridiquement, le pouvoir est bien aux mains de Renault. Néanmoins, Nissan  pèse près de deux fois plus que Renault en Bourse. D'où de la rancoeur dans les rangs japonais.

Soupçonné notamment d'avoir omis de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2015 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan, Carlos Ghosn est dans une prison de Tokyo.depuis novembre. Son procès, lors duquel il risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.

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