interview

D'Ieteren a la parade pour rassurer sur la valeur des diesels

©Dieter Telemans

Alors qu’acheter un véhicule diesel pose beaucoup de questions aux clients, le patron de D’Ieteren Auto, Denis Gorteman, défend la technologie et rappelle qu’il existe des possibilités de financement avec des garanties de valeur résiduelle.

Aujourd’hui, est-ce qu’il est dangereux pour un consommateur d’acheter un véhicule diesel? Risque-t-il de perdre de la valeur de revente sur son véhicule?
Si on parle du portefeuille, un véhicule diesel consomme toujours 15% de moins qu’un véhicule essence. Même à prix de carburant équivalent. La valeur de revente n’est pas encore significativement impactée à la baisse. J’ose espérer qu’il va y avoir un retour à la raison. J’ai des collègues qui font 40.000 kilomètres par an, ils ne vont pas les faire en essence ou en véhicule électrique. Le diesel reste le plus adapté.

On en vendait donc trop, des diesels?
Aujourd’hui, le diesel, suivant le type de voiture, reste très adapté pour les rouleurs qui font grosso modo 30.000 kilomètres par an. Et on se situe dans des voitures comme des Golf ou au-delà. C’est vrai que l’on a vendu trop de petites citadines diesel. Si on prend nos ventes de Passat, la proportion de diesel n’a pas bougé.

©Dieter Telemans

Le secteur automobile nous promet que les dernières générations de diesel n’émettent pas plus de particules fines que l’essence, que leur niveau de NOx n’est plus un problème, tout en consommant moins. Pourquoi un consommateur devrait-il avoir confiance dans le secteur, alors que le diesel a été vendu comme une super-technologie il y a 15 ans, qui s’est finalement avérée très nocive pour la santé?
Le secteur a connu un séisme en 2015. Il ne faut pas se mentir. Chacun a dû regarder dans son assiette. Aujourd’hui, le groupe Volkswagen, avant de sortir une homologation, y regarde plutôt deux fois qu’une. D’abord parce qu’il y va de l’image de marque et ensuite parce que cette crise lui a coûté beaucoup d’argent et qu’il n’est pas question que cela lui arrive deux fois.

Il y a une prise de conscience. Mais au-delà de la tricherie, le secteur n’a pas menti.

"On tape un peu trop sur le secteur automobile et on en oublie d’autres comme celui des chauffages."
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Ce que vous me dites, c’est que l’on ne savait pas à l’époque qu’un diesel Euro 0 ou Euro 1 était très mauvais pour la santé?
Vous savez, la conscience de l’environnement est très différente en 2018 de ce qu’elle était dans les années 70. On n’équipait pas les moteurs de filtres à particules et autres à l’époque. Personne ne regardait la consommation des véhicules non plus. Aujourd’hui, les préoccupations ont changé, mais ce n’est pas propre au secteur de l’automobile. Si on prend le chauffage, les chaudières vendues aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles qui équipent la plupart de nos maisons. On tape beaucoup sur le secteur automobile, un peu trop même, mais en termes de rejets de CO2 et de polluants, le chauffage joue aussi son rôle.

Je trouve d’ailleurs que dans le secteur automobile, il y a aujourd’hui une course peut-être un peu trop rapide pour avoir la voiture la plus propre.

Pourquoi trop rapide?
Je ne crois pas à une mobilité 100% électrique demain. On a aujourd’hui des véhicules au CNG (gaz naturel, NDLR) adaptés à beaucoup de besoins. L’essence l’est aussi. Le diesel, particulièrement pour les camions, reste tout de même la meilleure solution, et ensuite l’électrique n’est pas la panacée non plus, car il faut s’occuper des batteries.

"Il y a aussi le private lease, qui est un peu moins populaire en Belgique, car le Belge aime rester propriétaire de sa voiture."
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Qu’est-ce que vous pensez de Mercedes, qui vient de sortir un hybride diesel? C’est une motorisation qui a du sens?
Ils ont suivi ce qu’Audi fait avec son Q7. Audi a gagné les 24h du Mans en hybride TDI. Ça fait plein de sens de pouvoir aller sur l’autoroute avec le moteur diesel et ensuite de rouler à l’électrique en ville. Mais il faut effectivement avoir des batteries qui permettent de faire les 40 à 50 kilomètres nécessaires dans la ville.

Aujourd’hui, si un client passe la porte de vos concessions pour acheter un diesel, est-ce que vous pouvez lui donner une certaine garantie sur la valeur de revente?
Il y a des formes de garantie. Nous offrons l’Autocredit aux clients particuliers. C’est une forme de financement, où nous garantissons une valeur de reprise après 3, 4 ou 5 ans. Si après 3 ans, il a envie de changer de voiture, on s’est engagés sur une valeur de revente (le contrat prévoit aussi de pouvoir rendre la voiture au prix fixé sans en racheter une autre, NDLR). Il y a aussi le private lease, qui est un peu moins populaire en Belgique, car le Belge aime rester propriétaire de sa voiture.

50% des financements aujourd’hui sont faits avec de l’Autocrédit.

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