reportage

D'Ieteren à la recherche d'un deal à un milliard

©BELGA

Le groupe automobile continue de passer en revue les dossiers d’acquisition, mais les prix sont élevés. Il privilégiera une grosse opération.

Le groupe automobile D’Ieteren dispose d’un trésor de guerre d’un milliard d’euros, qu’il veut investir dans une nouvelle activité. Nicolas D’Ieteren, le président du conseil d’administration l’a répété jeudi lors de l’assemblée générale des actionnaires. A un petit porteur qui voulait en savoir plus sur le type d’investissement recherché, Arnaud Laviolette, qui partage la direction opérationnelle du groupe avec Francis Deprez depuis le départ d’Axel Miller le 8 avril dernier, a répondu avoir une équipe dédiée à cette mission. "On est sur le terrain, a-t-il développé, on regarde les dossiers. Sur le marché, il y a peu de vendeurs et beaucoup d’acheteurs. Ce sont donc les vendeurs qui dictent leurs conditions. Les actifs sont chers."

D’Ieteren privilégiera un seul investissement, a-t-il précisé. "Nous voulons de la taille." Pas question de "saucissonner" le milliard entre un nombre "x" de projets. Quant au mode de paiement du futur deal, "on ne fera pas appel aux actionnaires et on ne paiera pas en actions".

Les moyens de ses ambitions

Les fonds propres consolidés du groupe atteignent 2,7 milliards d’euros, alors que sa capitalisation boursière tourne autour des 2 milliards. D’Ieteren a les moyens de payer en cash. "Nous serons flexibles et agiles, a poursuivi Laviolette. Nous pourrions prendre une participation minoritaire avec un chemin tracé vers un contrôle ultérieur, nous pourrions aussi nous associer avec des partenaires, familles ou investisseurs financiers. Les conditions de financement sont toujours relativement bon marché; on pourrait donc également financer l’opération par de la dette. Autrement dit, on peut envisager une taille de transaction significative."

Nous sommes des entrepreneurs, on croit en l’avenir, on ne dépense pas notre argent n’importe comment.
Nicolas D’Ieteren
président du conseil

"Nous recherchons une activité qui soit une plateforme de croissance, avec une empreinte géographique large", a-t-il indiqué à l’intention d’un actionnaire soucieux de géographie. "Ce pourrait être par exemple un champion européen, qui voudrait se développer en Asie ou en Amérique du Nord."

A un porteur qui s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles le groupe a abaissé sa part dans le groupe de vitrages automobiles Belron à 54%, Nicolas D’Ieteren a expliqué que celui-ci devenait trop important dans le portefeuille. "On a été content d’accueillir un nouveau partenaire dans Belron pour y initier des changements. Les résultats s’en font déjà sentir chez Belron aujourd’hui."

"Relais de croissance"

"Nous sommes une société familiale, a-t-il conclu. Nous sommes des entrepreneurs, on croit en l’avenir, on ne dépense pas notre argent n’importe comment. On va l’investir dans quelque chose qui sera notre prochain relais de croissance."

L’assemblée a approuvé la distribution d’un dividende d’un euro brut par action (+5%). Réunis ensuite en assemblée extraordinaire, les actionnaires ont aussi approuvé le renouvellement pour cinq ans du capital autorisé (60 millions). A noter que ce point n’a été approuvé que de justesse, avec 75,7% des voix (il fallait 75%).

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