D'Ieteren attend encore une croissance à deux chiffres, l'action bondit

©Emy Elleboog

Après une belle année 2018, D'Ieteren pense encore connaître une croissance à deux chiffres en 2019. Ces perspectives ravissent les investisseurs.

C’est tout sourire que les managers de D’Ieteren ont reçu les journalistes ce jeudi pour leurs résultats annuels. Axel Miller et ses équipes ont dépassé leur guidance annuelle pour 2018. Le résultat consolidé avant impôts s’est affiché en progression de 15,8% à 226,1 millions d’euros. C’est d’autant mieux que "chaque activité contribue à cette croissance", indique Axel Miller, le CEO. "Les stratégies se développent avec succès. Les résultats sont solides et sains. Nous pensons que l’on pourra encore délivrer une croissance à deux chiffres pour les profits du groupe cette année", enchaîne-t-il.

  • Ce vendredi matin, le titre s'affichait en nette hausse sur Euronext Bruxelles, suite à cette annonce.
"En tant qu'anciens banquiers, nous observons qu'il y a beaucoup d'actifs risqués sur les marchés pour le moment."
Axel Miller
CEO de D'Ieteren

Depuis la vente de 40% de Belron (Carglass) à CD&R en février, D’Ieteren est assis sur un bon milliard d’euros que la firme ne compte pas dépenser à la va-vite. "Nous étudions des centaines de dossiers, mais nous sommes dans un marché vendeur. Il y a énormément de liquidités dans le monde. Les capacités d’investir avec des rendements attractifs s’amenuisent. Nous voyons des classes d’actif assez risquées sur les marchés. Les valorisations sont très élevées. Mon CFO et moi, en tant qu’anciens banquiers, voyons les risques. La situation nous fait penser à 2005, 2006. On peut se permettre d’attendre. Nous sommes une société de plus de 200 ans et on connait le prix du temps", détaille Axel Miller.

On aime le tangible donc chez D’Ieteren. Ça tombe bien, les parts de marché nettes de D’Ieteren Auto sont en hausse, même si les livraisons de D’Ieteren à son réseau se sont affichées en baisse de 2,7% en 2018. Il faut dire qu’Audi a connu une année difficile avec une gamme moins forte que celle des concurrents. "Les réseaux ont souffert du WLTP. Certaines versions n’étaient pas homologuées donc certaines ventes n’ont pas eu lieu. Les délais de livraison ont été rallongés. Pas mal de voitures sont arrivées vraiment à la fin de l’année et ne se voient donc pas dans les chiffres 2018", détaillent de concert Axel Miller et son CFO Arnaud Laviolette.

Malgré ces complications, D’Ieteren Auto se porte bien. Des marques compensent les difficultés comme Seat qui profite de ses nouveaux SUV. D’un point de vue général, le mix produit vendu par D’Ieteren Auto est plus élevé et la maîtrise des coûts étaient au rendez-vous, de quoi augmenter le résultat ajusté avant impôts de D’Ieteren Auto de 18,7% en 2018.

Malgré une année attendue en légère baisse pour le marché auto belge, "on va augmenter notre part de marché aussi en 2019, car l’actualité modèles est bonne par rapport à la concurrence", précise Axel Miller.

Belron protégé de la Chine

Belron aussi se porte bien, merci pour elle. La société qui chapeaute Carglass a vu son résultat ajusté en progression de 10,3%. Il serait même de plus de 20% sur base comparable sans la distribution de dividendes aux actionnaires qui ont généré des coûts financiers suite aux refinancements de la société.

"Pour Belron, nous anticipons une croissance encore à deux chiffres en 2019 du résultat avant impôts, malgré une progression des ventes qui devrait être à un chiffre", indique Francis Deprez, membre du comité exécutif de D’Ieteren.

©Photo News

Belron est l’activité la plus internationale du groupe. Face au Brexit, Belron a donc augmenté ses stocks en Angleterre. La société a également négocié des prix garantis taxes comprises avec ses fournisseurs, quelle que soit l’issue du Brexit. "Évidemment, on n’est pas à l’abri si les routes sont congestionnées", ajoute Laviolette.

D’une manière générale, Belron est une organisation avec pas mal de coûts locaux pour un business local, si ce n’est la fourniture de verre. Aux États-Unis, Belron achète à une entreprise chinoise, mais possède un avantage concurrentiel, car celle-ci a construit une usine sur le sol américain à Dayton (Ohio), si bien que l’approvisionnement est local.

Enfin, Moleskine aussi est dans le vert avec des ventes en hausse de 14,8% à taux de change constant grâce notamment à une croissance très forte du B2B en Asie. "Les perspectives de Moleskine sont bonnes pour 2019 avec une croissance à deux chiffres à la fois en chiffre d’affaires et en résultats ", insiste Laviolette.

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