D'Ieteren bondit en Bourse après ses résultats

©D'Ieteren

D’Ieteren bat le consensus au premier semestre grâce aux activités de Belron aux Etats-Unis. La société va racheter pour 150 millions euros de ses propres actions.

Les analystes étaient unanimes, c’est Belron qui porterait les résultats du premier semestre de D’Ieteren . Ils n’avaient pas tort. Avec 178,9 millions euros de résultat consolidé part du groupe avant impôts, D’Ieteren bat le consensus des analystes au premier semestre qui tablait sur 166,2 millions d’euros. La filiale de remplacement et de réparation de vitres automobiles a vu ses ventes augmenter de 5,1% au premier semestre et son résultat ajusté avant impôts part du groupe de 88,8%, grâce à l’excellente forme de sa filiale américaine Safelite qui a d’ailleurs annoncé la semaine passée qu’elle rachetait le numéro 2 du secteur aux Etats-Unis TruRoad, "le seul concurrent structuré du secteur", explique le CFO Arnaud Laviolette.

Dans le même temps, le marché automobile se contracte de plus de 7%. C’est un peu plus que prévu et même si D’Ieteren Auto améliore quelque peu sa part de marché à 22,04%, cela ne compense pas la baisse du marché. Le résultat ajusté part du groupe dans l’auto s’est affiché en baisse de 7,2% pour un chiffre d’affaires en baisse de 3,1%. Le groupe est notamment impacté par un mix des ventes moins intéressant. Porsche, par exemple, souffre de la fin de subventions sur certaines hybrides. Audi maintient sa part de marché, mais ceci après qu’elle ait significativement baissé les dernières années.

Le tout nouveau CEO Francis Deprez, qui prend le relais d’Axel Miller, estime que dans tous les marchés où la dynamique était compliquée, le groupe a bien résisté. Moleskine, qui a repris des couleurs au deuxième trimestre (+ 9,3% des ventes), reste en retrait sur le semestre (-2,2%), même si la donne devrait changer avec des ventes en hausse dans la deuxième partie de l’année, assure Arnaud Laviolette.

Rachat d’actions propres

D’Ieteren reste assis sur un bon milliard de cash et continue de chercher des acquisitions potentielles. Le nouveau CEO n’en dira pas beaucoup plus sur ce domaine que son prédécesseur. Il a toutefois rappelé que le groupe avait un attachement pour les activités industrielles.

En attendant, D’Ieteren se lance dans un nouveau programme de rachat d’actions propres de 150 millions d’euros. Il débutera en ce mois de septembre pour une période estimée de 12 à 18 mois. "Je pense que le marché attendait cette mesure", estime le CFO Arnaud Laviolette.

5 questions à Francis Deprez et Arnaud Laviolette, CEO et CFO de D'Ieteren

Vous augmentez les prévisions de profits avant taxes de Belron, mais pas du groupe D’Ieteren. Les choses sont plus difficiles que prévu dans l’auto?

Francis Deprez: On a augmenté la guidance après le premier trimestre, parce que Belron connaissait une belle année. Les 30% d’augmentation prévus sont désormais devenus 70% chez Belron car nous avons une meilleure visibilité.

Arnaud Laviolette: Dans l’auto, 2018 avait été très fort au premier semestre. On avait anticipé une baisse du marché, mais elle a été plus forte que prévu. Dans certaines marques comme Porsche, c’était plus difficile d’avoir les bonnes motorisations.

Une marque comme Audi, qui a toujours amené des belles marges, ne progresse pas après avoir déjà souffert les années précédentes. Ce n’est pas une satisfaction.

A.L.: Non, mais on n’a pas toujours les bonnes motorisations ou les bons modèles pour répondre au marché. Les années précédentes, BMW et Mercedes ont été très agressives. On dépend beaucoup de ce que l’usine nous livre. Je ne me fais pas de soucis pour l’avenir, car VW a annoncé un line up dans les véhicules électriques impressionnant.

D’Ieteren Auto investit beaucoup via Lab Box dans les nouvelles formes de mobilité, pourtant, il n’y a pas une ligne chiffrée sur cette activité dans votre bilan. Quand sera-ce le cas?

A.L: On ne va pas aussi loin dans la segmentation. On ne donne pas non plus la rentabilité d’Audi, par exemple. Ce que je peux vous dire, c’est que Lab Box coûte de l’argent. On est dans des proportions qui ne sont pas négligeables. Mais c’est un choix conscient et stratégique.

F.D.: Dans le long terme, cela nous donne beaucoup d’apprentissage et de tests. Le budget mobilité pose encore beaucoup de questions pratiques pour l’organiser. On essaye d’avoir une solution pour y répondre.

Pourquoi avez-vous décidé de filialiser votre activité historique d’importation et de distribution de véhicules Volkswagen D’Ieteren Auto?

F.D: Ce n’est pas un but en soi, mais plutôt une volonté d’organiser au mieux les activités. Légalement, le corporate était complément lié à l’opérationnel de D’Ieteren Auto. Pour l’instant, le bilan de l’auto, c’est le bilan du groupe y compris le milliard de cash. Ce n’est pas très logique en soi. Ça va leur permettre aussi de bien créer les conditions de succès pour chaque métier.

A.L: Aujourd’hui, s’il y a un problème au niveau de l’auto, ce sont les poches profondes du niveau corporate qui renflouent. Cela nous permet aussi d’avoir plus d’opportunités stratégiques. Ils peuvent faire des acquisitions avec leur propre bilan par exemple.

Peut-on imaginer un coup à la Belron dans quelques années avec une partie de D’Ieteren Auto qui irait chez un partenaire?

A.L: Ce n’est pas du tout dans les cartes. Maintenant, s’il y a un partenariat stratégique qui a du sens, pourquoi pas, mais ce n’est pas du tout prévu.

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