D'Ieteren entend licencier 123 travailleurs

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211 pertes d'emplois étaient annoncées début juin chez D'Ieteren. Avec des transferts en interne et le recours aux prépensions, ce nombre de licenciements secs doit baisser à 123.

Le couperet est tombé ce vendredi matin chez D'Ieteren Auto. L'importateur exclusif du groupe Volkswagen en Belgique entend se séparer de 123 collaborateurs. Un nombre arrêté à l'issue de la phase d'information et de consultation dans le cadre de la loi Renault, qui est à présent close.

En juin dernier, D'Ieteren avait annoncé la suppression de 211 postes, sur les quelque 1.700 emplois que compte l'entreprise. La saignée devrait donc être moins violente que présumée, la société proposant le recours au régime de chômage avec complément d'entreprise (RCA) pour les employés âgés de plus de 59 ans, tandis que 21 postes vacants au sein de l'organisation ont été ouverts en interne.

182
millions €
D'Ieteren entend investir 182 millions d'euros dans ses activités d'ici 2025.

Les syndicats font cependant la soupe à la grimace. "Nous parlons bien de 123 licenciements secs. Une soixantaine de collègues devraient pouvoir bénéficier de la prépension", précise Jean-Paul Sellekaerts, permanent FGTB. "Nous sommes amers, alors que D'Ieteren dort sur un trésor de guerre d'un peu moins d'un milliard et demi d'euros", fait-il valoir.

Marché en métamorphose

Cette coupe claire s'effectue dans le cadre d'un important plan de transformation, qui va voir la marque investir la bagatelle de 182 millions d'euros d'ici 2025 "pour la mise en adéquation des métiers et des services offerts avec les attentes des clients, notamment en matière de digitalisation, et leurs nouveaux besoins de mobilité".

L'entreprise, membre du club des Hénokiens, a entamé une réflexion sur l'avenir de son secteur et estime que l'automobile va se transformer au cours des prochaines années. Elle table ainsi sur une baisse de la vente des véhicules neufs au profit des voitures d'occasion et de formes de mobilité douce. Une réflexion qui l'avait déjà amené à faire l'acquisition de Zipcar au début 2019 pour lancer l'enseigne de voitures partagées Poppy.

"Je pense que le Covid n'est qu'un prétexte pour mener ce plan à bien."
Jean-Paul Sellekaerts
Permanent FGTB

La pandémie et les changements en termes de déplacement qui en découlent auraient accéléré le mouvement. Alors que l'enseigne misait sur une baisse progressive du marché de la voiture neuve en Belgique vers l'horizon des 490.000 véhicules neufs par an, celui-ci a déjà chuté sous la barre des 440.000 unités.

Réduction de la voilure

"Je pense que le Covid n'est qu'un prétexte pour mener ce plan à bien", dénonce Jean-Paul Sellekaerts. "Beaucoup de choses se voient justifiées par la pandémie, mais il me semble qu'il est un peu tôt pour tirer des conclusions sur les perspectives des trois ou quatre prochaines années et se séparer de plus d'une centaine de personnes de cette manière." Le syndicaliste remet également en question les acquisitions "catastrophes nées" que constituent, selon lui, l'acquisition de Moleskine et le lancement de Poppy, faits au détriment de l'activité historique du groupe.

Le groupe envisage aussi de cesser l’activité des contact centers à Kortenberg. Une réduction de l'effectif au niveau logistique est aussi sur la table afin de répondre à la baisse des livraisons. Enfin, il cherche à se désengager des activités d’importation des produits Yamaha via une reprise.

La phase d'information et de consultation étant parvenue à terme, la direction et les syndicats sont actuellement dans la phase II de négociation. Une nouvelle réunion de concertation doit ainsi prendre place la semaine prochaine. "Ce n'est pas encore terminé", prévient Jean-Paul Sellekaerts.

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