D'Ieteren réalise un très beau doublé mais…

©Christophe Ketels

L’action D’Ieteren s’est envolée de 14% ce matin après la publication de résultats supérieurs aux attentes grâce à Belron et l’annonce d’un programme de rachat d’actions propres. On ne peut s’empêcher de penser à quoi ces résultats auraient pu ressembler si D’Ieteren n’avait pas vendu un bloc de 40% en Belron fin 2017.

Ce fut un démarrage sur les chapeaux de roue ce matin pour l’action D’Ieteren à la Bourse de Bruxelles. Elle a bondi de 14,4% pour toucher un plus haut en séance de 48,35 euros, ce qui porte sa performance totale depuis le début de l’année à 47%. Mais comme le pointent des analystes, la décote par rapport à la valeur d’actif net restait encore très élevée, autour de 40%, ce mercredi.

Le marché a donc salué, à sa façon, les chiffres semestriels publiés mercredi soir. Non, seulement, le résultat consolidé ajusté avant impôts considéré par le groupe comme son indicateur clé a grimpé de 25% à 178,9 millions d’euros, mais il s’est en plus révélé supérieur de 10% au consensus des analystes.

Prévision relevée pour Belron, mais pas pour le groupe

C’est principalement la performance de Belron (Carglass) qui a suscité l’admiration avec un bond de 89% du résultat ajusté à 104,8 millions alors que celui de la branche auto s’est contracté de 7,2%. Du coup, les prévisions annuelles du spécialiste des pare-brise ont été revues à la hausse, la progression attendue passant de 30% à 70%. Celles du groupe restent inchangées avec comme objectif de dépasser de 25% au moins le résultat de l’an dernier.

Ce qui constitue une surprise dans le chef de Nathalie Debruyne de Degroof Petercam. "Cela reflète, sans doute, les coûts corporate plus élevés au premier semestre, les résultats stables dans l’automobile et la croissance plus faible anticipée pour Moleskine."

Rachat d'actions

Un autre sujet de satisfaction ce jeudi matin fut l’annonce du lancement d’un programme de rachats d’actions propres d’une valeur de 150 millions d’euros, les titres acquis devant être ensuite annulés. "Au cours actuel (avant l’envolée de ce matin, NDLR), cela pourrait représenter 6% du nombre d’actions existantes", a calculé Cédric Duinslaeger de KBC Securities ("acheter"; 50 euros) qui a qualifié les résultats semestriels d’absolument formidables. "Nous pensons que cela aura aussi un effet positif sur la décote de D’Ieteren."


Pour Nathalie Debruyne, ce programme de rachat d’actions est une preuve de la confiance de D’Ieteren vis-à-vis de la future génération de cash principalement chez Belron dont les bénéfices devraient continuer à croître sur le moyen terme. Elle rappelle que le groupe cherche activement a réinvestir sa montagne de cash qui atteint un milliard d’euros, un exercice difficile, mais qui constituera un catalyseur pour le cours de l’action.

L’analyste a relevé son objectif de cours à 53 euros contre 51,4 euros avant et conseille toujours un achat de la valeur. Même topo chez Kepler Cheuvreux qui est passé de 52 euros à 55 euros.

Un bon choix?

Petite observation personnelle. Au vu des brillants résultats de Belron, détenu à hauteur de 54% par D’Ieteren, on ne peut s’empêcher de se demander si la cession d’un bloc de 40% fin 2017 fut un choix stratégique judicieux. Il s’agissait, pour mémoire, de libérer des fonds afin de diversifier les activités exclusivement centrées sur l’automobile.

Si l’on considère les difficultés rencontrées pour trouver des cibles de choix - ce qui a apparemment coûté son poste au précédent CEO - et les performances décevantes affichées par l’investissement dans Moleskine, le doute est permis. Et il est aujourd’hui inutile de se faire du mal en calculant le manque à gagner de ces 40%...

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