Les résultats de D'Ieteren ravissent le marché

Recalibrer les pare-brise après une réparation est un business juteux pour Belron. ©carglass

"L'agilité, la flexibilité et les transformations accélérées" ont permis à D'Ieteren (et Berlon surtout) d'augmenter son profit dans une année de ventes en baisse. Ces chiffres dopaient le cours de l'action.

Depuis octobre, le cours de l'action D'Ieteren n'en finit plus de grimper. D'un plus bas à 43,05 euros, l'action s'échangeait ce lundi à près de 80 euros, un record. Les avis des analystes sur la valeur étaient positifs. La lecture des chiffres 2020 de la société basée à Ixelles confirme une belle résilience face à la pandémie. "En 2020, le profit est en hausse 11,2% (332,7 millions d’euros de profits avant taxes) alors que le chiffre d’affaires a diminué de 10,1%", souligne d'entrée Francis Deprez, CEO de D'Ieteren. C'est mieux que le consensus des analystes (301,9 millions d'euros).

1,35
euro
Le dividende de D'Ieteren sera de 1,35 euro cette année contre 1 euro payé l'année passée.

La belle dynamique ne va pas s'arrêter là selon le management qui prévoit qu'en 2021, ses profits avant impôts vont encore augmenter de 25%. Au passage, le dividende de D'Ieteren sera de 1,35 euro cette année contre 1 euro l'an passé, soit davantage qu'espéré par les analystes (1,10 euro)

D'Ieteren a profité de la crise pour accélérer la transformation de ses business. Belron reste la vache à lait du groupe avec un profit de 365,6 millions d'euros avant impôts. Quand D'Ieteren a décidé de vendre 40% de Belron à CD&R pour 987,7 millions d'euros en 2017 (finalisé début 2018), sa filiale ne réalisait que 62,4 millions d'euros de profits avant impôts.

"Pas une erreur stratégique"

Ces 40% cédés ont représenté sur la période 2018-2020 au moins 250 millions d'euros de parts bénéficiaires avant impôts qui ont échappé au groupe D'Ieteren. Faut-il y voir une grande erreur stratégique? Pas le moins du monde selon Francis Deprez qui estime que c'est justement cette vente qui a mis la dynamique en place chez Belron pour "déclencher cette nouvelle étape".

D'Ieteren possède aujourd'hui 53,75% de Belron. La filiale représente 248,2 millions d'euros de profits avant impôts sur les 332,7 millions de D'Ieteren.

Le plan "Fit for growth" de Belron a été accéléré avec la crise. "Ce que l’on voulait faire en 3 ou 4 ans, nous l’avons fait en un an", se réjouit le CEO. Malgré des lockdowns et des volumes de travail en baisse de 13%, Belron enregistre de la croissance grâce à la recalibration des pare-brise pour les systèmes d'aide à la conduite. Belron a totalisé 1,1 million de recalibrations en 2020, soit 17% des pare-brise traités contre 11% en 2019. La marge opérationnelle de Belron a bondi de 9,8% en 2019 à 15% en 2020.

Fini de développer le savoir-faire de Belron dans d'autres services comme les travaux à domicile ou la carrosserie. Belron va se focaliser sur ce qu'elle fait de mieux, les vitrages, la calibration et la vente de produits additionnels comme des essuie-glaces.

Dans l'automobile (-11,5% des ventes et -20% pour les profits avant taxes), l'importateur des marques du groupe VW en Belgique limite la casse d'une année dramatique pour le secteur (-21,5%) en augmentant sa part de marché de 22,7% à 23,6%. 2020 a été une année de restructuration chez D'Ieteren Auto qui s'est séparé de 211 personnes (40 millions d'euros de charges). L'absence de salon ne devrait pas trop se sentir en 2021, selon Deprez qui se "dit très très content du salon digital".

"Avec la crise, les proies ne sont pas devenues moins chères."
Francis Deprez
CEO de D'Ieteren

Moleskine (-37,6% de ventes) est l'activité la plus impactée par la pandémie avec des magasins Moleskine et des clients fermés à travers le monde en 2020 et des cadeaux d'entreprise en berne. "On va se concentrer sur les produits vedettes de Moleskine. Nous nous attendons à des ventes en hausse de 20% cette année", pointe le CFO Arnaud Laviolette. Un nouveau site de vente en ligne sera lancé à l'été.

D'Ieteren a 1,45 milliard de cash. La société tablait sur des opportunités d'acquisition avec la crise, mais "les proies ne sont pas devenues moins chères", regrette Deprez.

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