Dans le rouge, Renault n'exclut pas des fermetures d'usines

Le groupe Renault termine une année 2019 en perte et ne se montre guère optimiste pour 2020. Il réduit même son dividende.

Le recul des performances de Nissan pèse sur le groupe Renault. Ce dernier est en perte pour son exercice 2019, une première depuis 2009. La CEO ad interim ajoute que des fermetures d'usines ne sont pas exclues.

Renault  est dans le rouge pour son exercice 2019. Il enregistre une perte nette de 141 millions d'euros, une première depuis 2009.

Le constructeur automobile français attribue ce résultat à la baisse de l'activité, la chute de la contribution du partenaire japonais Nissan et une charge fiscale en France.

Le résultat d'exploitation recule de 30% à 2,11 milliards d'euros, manquant l'estimation moyenne des analystes de 2,65 milliards d'euros. La marge opérationnelle chute de près d'un milliard d'euros à 2,66 milliards. Le chiffre d'affaires s'est replié de 3,3% à 55,5 milliards d'euros.

Le groupe avait déjà revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires et de profit pour 2019 en octobre dernier. À l'époque, il affirmait que l'affaiblissement des économies pesait sur les ventes de voitures sur les marchés clés tandis que des règles plus strictes en matière d'émissions faisaient grimper les coûts.

Croissance freinée chez Nissan

Aujourd'hui, la détérioration des performances de Nissan se traduit par une contribution aux résultats du groupe en recul à 242 millions d'euros en 2019, contre 1,51 milliard d'euros l'année précédente. Jeudi, Nissan (détenu à 43% par Renault) a revu à la baisse ses perspectives après une chute de ses profits sur neuf mois.

"La visibilité pour 2020 reste limitée par la volatilité attendue des marchés, notamment en Europe en raison de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy, NDLR) et par les possibles impacts du coronavirus."
Clotilde Delbos
CEO ad intérim de Renault

Pour 2020, Renault ne s'attend pas à un redressement. Dans un marché mondial en recul, le groupe au losange anticipe une nouvelle baisse de sa rentabilité opérationnelle, selon un communiqué. Celle-ci devrait se situer entre 3% et 4% des ventes, après 4,8% en 2019 et 6,3% en 2018.

Le groupe affirme même que la fermeture d'usines n'est pas exclue dans le cadre d'un programme d'économies de deux milliards d'euros sur trois ans. "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien", déclare Clotilde Delbos, la CEO ad intérim de Renault.

Elle reconnait que Renault et Nissan ont des capacités excédentaires de production. Elle promet des annonces en mai sur comment le groupe peut améliorer ses performances via des mesures communes aux deux marques.

Réglementation européenne et coronavirus

1,10
Renault annonce, au titre de 2019, une baisse de son dividende de plus de deux tiers à 1,10 euro.

"La visibilité pour 2020 reste limitée par la volatilité attendue des marchés, notamment en Europe en raison de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy, NDLR) et par les possibles impacts du coronavirus", explique Clotilde Delbos.

De plus, à côté des défis du groupe s'ajoute l'impact du coronavirus. Même si Renault vend relativement peu de voitures en Chine, il exploite une usine en partenariat avec Dongfeng Motor Co. à Wuhan, la ville à l'épicentre de l'épidémie. Néanmoins, l'influence éventuelle du coronavirus n'est pas prise en compte dans les prévisions 2020.

Dividende réduit

Cette contre performance ne sera pas sans effet sur l'actionnaire. Renault annonce, au titre de 2019, une baisse de son dividende de plus de deux tiers à 1,10 euro.

L'action du constructeur français, elle, a chuté de près de moitié en un an. Elle frôle son plus bas niveau depuis dix ans, signe de la défiance des investisseurs.

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