Davantage d'Alliance pour sauver Renault-Nissan

Jean-Dominique Senard, président de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. ©AFP

La moitié des véhicules produits par Renault-Nissan-Mitsubishi seront communs d'ici 2025. Une manière de diminuer les coûts pour les entreprises qui vont annoncer de vastes plans de restructuration cette semaine.

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi souffre. C’était déjà le cas avant la crise du coronavirus, c’est désormais encore plus vrai: Renault, Nissan et Mitsubishi luttent pour leur survie. Chaque entité est en train de couper dans ses coûts pour faire face.

C’est dans ce contexte que l’Alliance a dévoilé une nouvelle stratégie ce mercredi matin. Le changement est drastique et l’Alliance va de plus en plus ressembler à un vrai groupe automobile intégré. Déjà très avancée sur la partie achats de pièces, c'est au niveau opérationnel qu'elle entend désormais se renforcer.

Manifestation à Barcelone, où l'usine Nissan est menacée de fermeture – une usine qui représente "25.000 familles". ©AFP

Ainsi, pour chaque produit ou technologie, une des trois entreprises prend le lead et les autres suivront. Pour la conduite autonome, par exemple, c’est Nissan qui prendra la tête des opérations. Dans le même ordre d'idées, Renault s’occupera du développement d’Android ou de la propulsion électrique. Mitsubishi garde la main sur sa force historique: l’hybride rechargeable sur secteur pour les segments C et D. "Chaque technologie sera développée par des leaders qui seront aidés des autres entreprises", a expliqué Jean-Dominique Senard, le président de l’Alliance. "Chaque membre de l’Alliance pourra renforcer ses atouts et les compléter avec ceux des autres membres", ajoute-t-il.

Le président promet également 20% d’efficience en plus, en supprimant les doublons au sein des entreprises. Sur certains modèles les coûts de R&D seront diminués de 40%.

Cette approche "leader-follower" vaudra aussi pour les voitures. Comme cela se voit beaucoup dans les véhicules utilitaires, les voitures passagers d’un même segment seront basées sur un socle commun, que ce soit chez Renault, Nissan ou Mitsubishi. Ensuite, on se différenciera avec la forme de la carrosserie, l'intérieur... afin que le client ne voit pas la ressemblance.

Cette stratégie est une tendance de fond dans l'industrie alors que partager des socles communs permet de réduire grandement les coûts de développements et de production. Voire même plus: cela permet une flexibilité utile sur les lignes de production, en fonction de la demande.

"Chaque membre de l’Alliance pourra renforcer ses atouts et les compléter avec ceux des autres membres."
Jean-Dominique Senard
Président de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

50% des modèles de l'Alliance seront développés et produits sous le système "leader-follower" d'ici à 2025. "Le renouvellement du segment des C-SUV après 2025 sera mené par Nissan (Renault Kadjar, Nissan Qashqai), tandis que le futur renouvellement du segment des B-SUV (Renault Captur, Nissan Juke) en Europe sera mené par Renault", communique ainsi l’Alliance. Concrètement, des modèles Renault s'inviteront sur les lignes de Nissan et vice-versa

Un autre exemple: fini les variantes distinctes pour les voitures du segment B en Amérique latine où les plateformes des véhicules passeront de 4 à 1. 

Dans la répartition géographique, Nissan deviendra le référent en Chine, Amérique du Nord et Japon. Renault le sera pour l'Europe, la Russie, l'Amérique du Sud et l'Afrique du Nord. Mitsubishi Motors sera leader pour les pays d'Asie du Sud-Est et l'Océanie.

L’Alliance a donc fait savoir que la course au volume était révolue. Le focus sera sur "l’efficience et la compétitivité plutôt que sur les volumes".

Ces annonces interviennent alors que Nissan et Renault doivent dévoiler respectivement jeudi et vendredi des plans d'économie sévères incluant des fermetures de sites et des suppressions de postes

Pour Nissan, il s'agirait de couper de 20.000 personnes les effectifs. Selon Le Figaro, Renault prévoit de son côté la suppression de 5000 emplois en France en privilégiant le non-remplacement des départs à la pension dans son plan d'économies de 2 milliards d'euros. 

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